“La bohème”
by Giacomo Puccini libretto (French ⇄ Italian)
For easier side-by-side reading, turn your phone horizontally.
| Personnages | Personaggi |
| Rodolfo, poète (ténor) Mimì, couturière (soprano) Marcello, peintre (baryton) Schaunard, musicien (baryton) Colline, philosophe (basse) Musetta, chanteuse (soprano) Benoît, propriétaire (basse) Alcindoro, conseiller d'Etat (basse) Parpignol, vendeur de jouets (ténor) Un sergent des douanes (basse) Étudiants, ouvrières, vendeurs de rue, soldats, serveurs, enfants L'action se déroule à Paris en 1830 et 1831. | Mimì (una ricamatrice) — soprano Musetta (una cantante) — soprano Rodolfo (poeta) — tenore Marcello (pittore) — baritono Schaunard (musicista) — baritono Colline (filosofo) — basso Benoît (il padrone di casa) — basso Parpignol (venditore ambulante) — tenore Alcindoro (consigliere di stato) — basso Sergente dei doganieri — basso Doganiere — basso Studenti, sartine, borghesi, bottegai e bottegaie, venditori ambulanti, soldati, camerieri, ragazzi e ragazze. Epoca: 1830 circa. Luogo: Parigi. |
| PREMIER ACTE | ATTO PRIMO |
| La mansarde (Une grande fenêtre par laquelle on découvre une étendue de toits couverts de neige. À droite, une cheminée. Une table, un lit, quatre chaises, un chevalet de peintre sur lequel est posée une toile esquissée : des livres épars, des monceaux de papier. Rodolfo, songeur, regarde par la fenêtre. Marcello travaille à son tableau « Le passage de la Mer Rouge », les mains engourdies de froid. Il les réchauffe en soufflant dessus de temps en temps.) | In soffitta (Ampia finestra dalla quale si scorge una distesa di tetti coperti di neve. A destra un camino. Una tavola, un letto, quattro sedie, un cavalletto da pittore con una tela sbozzata: libri sparsi, molti fasci di carte. Rodolfo guarda meditabondo fuori della finestra. Marcello lavora al suo quadro "Il passaggio del Mar Rosso", colle mani intirizzite dal freddo e che egli riscalda alitandovi su di quando in quando.) |
| MARCELLO Cette Mer Rouge m'amollit et me glace, comme si elle me coulait dessus goutte à goutte. Pour me venger, je noie un pharaon ! (à Rodolfo) Que fais-tu ? RODOLFO Dans le ciel gris, je regarde fumer Paris par ses mille cheminées... et je pense à cette vieille fainéante de cheminée trompeuse qui vit dans l'oisiveté, comme un grand seigneur. | Marcello Questo Mar Rosso mi ammollisce e assidera come se addosso mi piovesse in stille. Per vendicarmi affogo un Faraon. (a Rodolfo) Che fai? Rodolfo Nei cieli bigi guardo fumar dai mille comignoli Parigi, e penso a quel poltrone d'un vecchio caminetto ingannatore che vive in ozio come un gran signor. |
| MARCELLO Voici bien longtemps qu'elle n'a pas reçu les rentes qui lui sont dues. RODOLFO Ces forêts idiotes, que font-elles donc sous la neige ? MARCELLO Rodolfo, laisse-moi te confier une pensée profonde : il fait un froid de loup ! RODOLFO Quant à moi, Marcello, je ne te cache pas que je ne crois pas à la sueur de notre front. MARCELLO J'ai les doigts gelés, comme s'ils trempaient encore dans cette grande glacière qu'est le cœur de Musetta. (Il pousse un gros soupir et cesse de peindre.) RODOLFO L'amour est une cheminée qui gaspille trop... MARCELLO Et trop vite ! RODOLFO Où l'homme est le fagot ! | Marcello Le sue rendite oneste da un pezzo non riceve. Rodolfo Quelle sciocche foreste che fan sotto la neve? Marcello Rodolfo, io voglio dirti un mio pensier profondo: ho un freddo cane. Rodolfo Ed io, Marcel, non ti nascondo che non credo al sudor della fronte. Marcello Ho ghiacciate le dita quasi ancora le tenessi immollate giù in quella gran ghiacciaia che è il cuore di Musetta. (Lascia sfuggire un lungo sospirone, e tralascia di dipingere.) Rodolfo L'amore è un caminetto che sciupa troppo... Marcello E in fretta! Rodolfo Dove l'uomo è fascina. |
| MARCELLO Et la femme le chenet... RODOLFO L'un brûle en un clin d'œil... MARCELLO Et l'autre reste à le regarder ! RODOLFO En attendant, on gèle ici ! MARCELLO Et on meurt d'inanition ! RODOLFO Il nous faudrait du feu... MARCELLO (saisissant une chaise) Attends...sacrifions la chaise ! (Rodolfo l'arrête d'un geste énergique. Tout d'un coup il pousse un cri de joie.) RODOLFO Euréka ! MARCELLO Tu as trouvé ? RODOLFO Oui ! Aiguise tes méninges ! Que l'idée s'envole en fumée ! MARCELLO (montrant son tableau) On brûle la Mer Rouge ? | Marcello E la donna è l'alare... Rodolfo L'uno brucia in un soffio... Marcello E l'altro sta a guardare! Rodolfo Ma intanto qui si gela! Marcello E si muore d'inedia! Rodolfo Fuoco ci vuole... Marcello (afferrando una sedia) Aspetta...sacrifichiam la sedia! (Rodolfo impedisce l'atto di Marcello. Ad un tratto dà un grido di gioia.) Rodolfo Eureka! Marcello Trovasti? Rodolfo Sì. Aguzza l'ingegno. L'idea vampi in fiamma. Marcello (additando il suo quadro) Bruciamo il Mar Rosso? |
| RODOLFO Non. La toile peinte pue. Mon drame, que mon drame ardent nous réchauffe ! MARCELLO Tu veux le lire, peut-être ? Tu me glaces. RODOLFO Non, que le papier se désagrège en cendres et que le génie remonte vers les cieux. C'est une perte cruelle pour le siècle... Rome est en danger... MARCELLO Brave cœur, va ! RODOLFO Voilà le premier acte. MARCELLO Donne. RODOLFO Déchire. MARCELLO Allume. (Rodolfo met le feu au morceau de manuscrit qu'ils ont jeté dans l'atre ; puis ils approchent des chaises et s'asseoient, se réchauffant voluptueusement.) | Rodolfo No. Puzza la tela dipinta. Il mio dramma... L'ardente mio dramma ci scaldi. Marcello Vuoi leggerlo forse? Mi geli. Rodolfo No, in cener la carta si sfaldi e l'estro rivoli ai suoi cieli. Al secol gran danno minaccia... È Roma in periglio... Marcello Gran cor! Rodolfo A te l'atto primo! Marcello Qua. Rodolfo Straccia. Marcello Accendi. (Rodolfo accende quella parte dello scartafaccio buttato sul focolare. Poi i due amici prendono delle sedie e seggono, riscaldandosi voluttuosamente.) |
| RODOLFO et MARCELLO Quelle sympathique lueur ! (La porte du fond s'ouvre et Colline entre gelé, battant la semelle, et jette sur la table un paquet de livres.) COLLINE Déjà apparaissent les premiers signes de l'Apocalypse. La veille de Noël, on n'accepte plus les gages ! (surpris) Une flambée ? RODOLFO Chut, on donne mon drame... MARCELLO ...Au feu ! COLLINE Je le trouve étincelant. RODOLFO Vif. MARCELLO Mais il ne dure pas. RODOLFO La brièveté, c'est une grande qualité. COLLINE Auteur, à moi ta chaise. | Rodolfo e Marcello Che lieto baglior. (Si apre la porta ed entra Colline, gelato, battendo i piedi. Getta sulla tavola un pacco di libri.) Colline Già dell'Apocalisse appariscono i segni. In giorno di Vigilia non si accettano pegni! (sorpreso) Una fiammata! Rodolfo Zitto, si dà il mio dramma... Marcello ...al fuoco. Colline Lo trovo scintillante. Rodolfo Vivo. Marcello Ma dura poco. Rodolfo La brevità, gran pregio. Colline Autore, a me la sedia. |
| MARCELLO Ces entr'actes me feront mourir. Vite ! RODOLFO Deuxième acte ! MARCELLO Pas un bruit. COLLINE Pensée profonde ! MARCELLO Justesse du ton ! RODOLFO Dans cette flamme bleutée et languissante fume une ardente scène d'amour. COLLINE Une feuille crépite. MARCELLO C'étaient là les baisers ! RODOLFO Et maintenant je veux entendre trois actes d'un seul coup. (Il jette sur le feu le restant du manuscrit.) COLLINE C'est ainsi que s'unifie la conception d'un audacieux. | Marcello Questi intermezzi fan morir d'inedia. Presto! Rodolfo Atto secondo. Marcello Non far sussurro. Colline Pensier profondo! Marcello Giusto color! Rodolfo In quell'azzurro guizzo languente sfuma un'ardente scena d'amor. Colline Scoppietta un foglio. Marcello Là c'eran baci! Rodolfo Tre atti or voglio d'un colpo udir. (Getta al fuoco il resto del manoscritto.) Colline Tal degli audaci l'idea s'integra. |
| TOUS C'est beau de s'éteindre en une joyeuse flamme. (La flamme faiblit.) MARCELLO Oh ! mon Dieu !...la flamme diminue déjà. COLLINE Que ce drame est vain et fragile ! MARCELLO Le voilà qui crépite, se ratatine et meurt ! COLLINE et MARCELLO À bas, l'auteur ! (Entrent deux garçons livreurs, l'un portant de la nourriture, des bouteilles de vin et des cigares, et l'autre un fagot de bois. À ce bruit les trois jeunes gens se retournent et se jettent avec des cris de joie sur les marchandises.) RODOLFO Du bois ! MARCELLO Des cigares ! COLLINE Du bordeaux ! RODOLFO Du bois ! MARCELLO Du bordeaux ! | Tutti Bello in allegra vampa svanir. (La fiamma diminuisce.) Marcello Oh! Dio...già s'abbassa la fiamma. Colline Che vano, che fragile dramma! Marcello Già scricchiola, increspasi, muore. Colline e Marcello Abbasso, abbasso l'autor! (Dalla porta entrano due garzoni, portando l'uno provviste di cibi, bottiglie di vino, sigari, e l'altro un fascio di legna. Al rumore i tre innanzi al camino si volgono e con grida di meraviglia si slanciano sulle provviste.) Rodolfo Legna! Marcello Sigari! Colline Bordò! Rodolfo Legna! Marcello Bordò! |
| TOUS C'est le destin qui nous envoie cet abondant festin ! (Les livreurs repartent. Schaunard entre, l'air triomphant, et jette quelques écus par terre.) SCHAUNARD Pour vous, la Banque de France risque la faillite. COLLINE (ramassant les écus avec Rodolfo et Marcello) Ramassons ! Ramassons ! MARCELLO Ce sont des morceaux de fer-blanc ? SCHAUNARD Serais-tu sourd ?...ou aveugle ? (lui montrant un écu) Qui est cet homme ? RODOLFO Louis-Philippe ! Je m'incline devant mon Roi ! TOUS Louis-Philippe est à nos pieds ! (Schaunard voudrait bien raconter son aventure, mais les autres ne l'écoutent pas. Ils disposent tous les vivres sur la table et mettent le bois dans la cheminée.) | Tutti Le dovizie d'una fiera il destin ci destinò... (I garzoni partono. Schaunard entra con aria di trionfo, gettando alcuni scudi a terra.) Schaunard La Banca di Francia per voi si sbilancia. Colline (raccattando gli scudi insieme agli altri) Raccatta, raccatta! Marcello Son pezzi di latta!... Schaunard Sei sordo?...sei lippo? (mostrando uno scudo) Quest'uomo chi è? Rodolfo Luigi Filippo! M'inchino al mio Re! Tutti Sta Luigi Filippo ai nostri piè! (Schaunard vorrebbe raccontare la sua fortuna, ma gli altri non lo ascoltano. Dispongono ogni cosa sulla tavola e la legna nel camino.) |
| SCHAUNARD Laissez-moi donc vous dire que cet or, ou plutôt cet argent, a son histoire... RODOLFO Réchauffons la cheminée ! COLLINE Elle a tant souffert du froid ! SCHAUNARD Un Anglais...un monsieur... lord ou milord, que sais-je... voulait un musicien... MARCELLO Ouste ! Mettons la table ! SCHAUNARD Moi ? J'y vole ! RODOLFO Où sont les allumettes ? COLLINE Les voilà. MARCELLO Tiens. SCHAUNARD ...Et je me présente. Il m'accepte, je lui demande... | Schaunard Or vi dirò: quest'oro, o meglio, argento ha la sua brava istoria... Rodolfo Riscaldiamo il camino! Colline Tanto freddo ha sofferto! Schaunard Un inglese...un signor...lord o milord che sia, volea un musicista... Marcello Via! Prepariamo la tavola! Schaunard Io? Volo!... Rodolfo L'esca dov'è? Colline Là. Marcello Prendi. Qua. Schaunard ... e mi presento. M'accetta, gli domando... |
| COLLINE Du rôti froid ! MARCELLO Des gâteaux mielleux ! SCHAUNARD ...À quand les leçons ?... Et je me présente, il m'accepte, je lui demande : À quand les leçons ? Il répond : « Commençons !... Vous, regardez !» et il me montre un perroquet au premier étage. Puis il ajoute :« Vous jouez jusqu'à ce que lui meure !» RODOLFO La salle éblouissante resplendit. MARCELLO Les bougies, maintenant ! SCHAUNARD Et il en fut ainsi : je jouai pendant trois longues journées... Puis, j'eus recours aux charmes de ma superbe personne... J'ensorcelai la servante... Je lui servis du persil !... MARCELLO Manger sans nappe ? | Colline Arrosto freddo. Marcello Pasticcio dolce. Schaunard ... A quando le lezioni? Mi presento, m'accetta, gli domando: A quando le lezioni? Risponde: "Incominciam... guardare!" e un pappagallo m'addita al primo piano. Poi soggiunge: "Voi suonare finché quello morire!" Rodolfo Fulgida folgori la sala splendida! Marcello Ora le candele. Schaunard E fu così: suonai tre lunghi dì... Allora usai l'incanto di mia presenza bella... Affascinai l'ancella... Gli propinai prezzemolo... Marcello Mangiar senza tovaglia? |
| RODOLFO Non ! J'ai une idée ! (Il sort un journal de sa poche.) COLLINE et MARCELLO Le Constitutionnel ! RODOLFO Un excellent journal : on mange tout en dévorant un article ! SCHAUNARD ...Jacquot étendit les ailes, Jacquot ouvrit le bec, un petit peu de persil ; et tel Socrate, il mourut ! COLLINE (à Schaunard) Qui ça ?... SCHAUNARD Que le diable vous emporte tous ! Mais que faites-vous donc ? Non ! Ces provisions seront nos réserves pour les sombres et obscurs jours à venir. Dîner à la maison, la veille de Noël ? Alors que le Quartier Latin décore ses rues de saucisses et de friandises ? Lorsqu'une odeur de beignet embaume les vieilles avenues ? Où chantent, joyeuses, les jeunes filles... | Rodolfo No: un'idea! (Prende un giornale dalla tasca.) Marcello e Colline Il Costituzionali Rodolfo Ottima carta... Si mangia e si divora un'appendice! Schaunard Lorito allargò l'ali, Lorito il becco aprì, un poco di prezzemolo; da Socrate morì! Colline (a Schaunard) Chi?... Schaunard Il diavolo vi porti tutti quanti... Ed or che fate? No! queste cibarie sono la salmeria pei dì futuri tenebrosi e oscuri. Pranzare in casa il dì della Vigilia mentre il Quartier Latino le sue vie addobba di salsiccie e leccornie? Quando un olezzo di frittelle imbalsama le vecchie strade? Là le ragazze cantano contente... |
| TOUS La veille de Noël ! SCHAUNARD Et chacune d'elle a son étudiant ! Un peu de religion, messieurs, s'il vous plaît ! On boit à la maison, mais on dîne dehors ! (Ils versent le vin. On frappe à la porte.) BENOÎT (de l'extérieur) Je peux ? MARCELLO Qui est là ? BENOÎT Benoît ! MARCELLO Notre propriétaire ! SCHAUNARD Fermons-lui la porte au nez. COLLINE Il n'y a personne ! SCHAUNARD C'est fermé ! BENOÎT Je voudrais vous dire un mot. | Tutti La vigilia di Natal! Schaunard Ed han per eco ognuna uno studente! Un po' di religione, o miei signori: si beva in casa, ma si pranzi fuor! (Versano il vino. Poi bussano alla porta.) Benoît (di fuori) Si può? Marcello Chi è là? Benoît Benoît. Marcello Il padrone di casa! Schaunard Uscio sul muso. Colline Non c'è nessuno. Schaunard È chiuso. Benoît Una parola. |
| SCHAUNARD (après avoir consulté les autres, est allé ouvrir) Un seul ! (Benoît entre.) BENOÎT (montrant un papier) Loyer ! MARCELLO Holà ! Un siège. RODOLFO Et vite. BENOÎT Ce n'est pas la peine. Je voudrais... SCHAUNARD Asseyez-vous. MARCELLO Vous boirez bien quelque chose ? BENOÎT Merci. RODOLFO et COLLINE À votre santé ! SCHAUNARD Buvez. (Benoît pose son verre et se tourne vers Marcello, lui montrant son papier.) | Schaunard (dopo essersi consultato cogli altri, va ad aprire) Sola! (Benoît entra.) Benoît (mostrando una carta) Affitto. Marcello Olà! Date una sedia. Rodolfo Presto. Benoît Non occorre. Vorrei... Schaunard Segga. Marcello Vuol bere? Benoît Grazie. Rodolfo e Colline Tocchiamo. Schaunard Beva. (Benoît, posando il bicchiere, mostra la carta a Marcello.) |
| BENOÎT Voici le dernier terme... MARCELLO J'en suis ravi. BENOÎT Et par conséquent... SCHAUNARD Encore une goutte ? BENOÎT Merci ! LES QUATRE AMIS À votre santé ! BENOÎT (reprenant sa conversation avec Marcello) Je m'adresse à vous parce que le trimestre passé vous m'avez promis... MARCELLO J'ai promis et je tiens parole. (Il indique à Benoît les écus restés sur la table.) RODOLFO (bas à Marcello) Que fais-tu ? SCHAUNARD Tu es fou ? | Benoît Questo è l'ultimo trimestre... Marcello E n'ho piacere... Benoît E quindi... Schaunard Ancora un sorso. Benoît Grazie. I Quattro Tocchiamo. Alla sua salute! Benoît (riprendendo con Marcello) A lei ne vengo perché il trimestre scorso mi promise... Marcello Promisi ed or mantengo. (Indica gli scudi sulla tavola.) Rodolfo (piano a Marcello) Che fai? Schaunard Sei pazzo? |
| MARCELLO (à Benoît, sans faire attention à eux) Vous avez vu ? Maintenant, tenez, restez un instant en notre compagnie. Dites-moi : quel âge avez-vous, mon cher Monsieur Benoît ? BENOÎT Quel âge ? De grâce ! RODOLFO Oh, à peu près notre âge. BENOÎT Plus, beaucoup plus ! (Ils lui remplissent son verre.) COLLINE Il a dit à peu près. MARCELLO L'autre soir, chez Mabille... on vous a pincé en fâcheuse posture. BENOÎT Moi ? MARCELLO L'autre soir, chez Mabille... Osez nier ! BENOÎT C'était un pur hasard. | Marcello (a Benoît, senza guardare gli altri) Ha visto? Or via, resti un momento in nostra compagnia. Dica: quant'anni ha, caro Signor Benoît? Benoît Gli anni...Per carità! Rodolfo Su e giù la nostra età. Benoît Di più, molto di più. (Gli riempiono il bicchiere.) Colline Ha detto su e giù. Marcello L'altra sera al Mabil l'han colto in peccato d'amor. Benoît Io? Marcello Al Mabil l'altra sera l'han colto... Neghi? Benoît Un caso. |
| MARCELLO Une belle femme ! BENOÎT (à moitié gris) Ah ! Très ! SCHAUNARD puis RODOLFO Brigand ! COLLINE Séducteur ! Un chêne !...un canon !... RODOLFO Le bougre a du goût ! MARCELLO La crinière fauve et bouclée. Et lui qui jubilait, plein de sève et d'orgueil ! BENOÎT Je suis vieux, mais robuste. COLLINE, SCHAUNARD, RODOLFO Et lui qui jubilait, plein de sève et d'orgueil ! MARCELLO La vertu féminine ne fit pas long feu. | Marcello Bella donna! Benoît (mezzo brillo) Ah! molto! Schaunard poi Rodolfo Briccone! Colline Seduttore! Una quercia...un cannone! Rodolfo L'uomo ha buon gusto. Marcello Il crin ricciuto e fulvo. Ei gongolava arzillo e pettoruto. Benoît Son vecchio ma robusto. Colline, Schaunard e Rodolfo Ei gongolava arzuto e pettorillo. Marcello A lui cedea la femminil virtù. |
| BENOÎT Timide dans ma jeunesse, maintenant je me rattrape ! Vous savez, c'est tellement charmant une petite femme joyeuse...et...un peu... Je ne dis pas une baleine, ni une mappemonde, ni un visage rond comme une pleine lune. Mais, maigre, vraiment maigre, ça non, jamais ! Avec les maigres, on n'a que des soucis et le plus souvent...par-dessus la tête... Et elles ont tout le temps quelque chose qui ne va pas, comme, par exemple... ...ma femme ! (Marcello, feignant l'indignation, se lève, imité par les autres.) MARCELLO Cet homme est marié et son cœur héberge d'obscènes désirs ! LES AUTRES Horreur ! RODOLFO Et il contamine et corrompt notre honnête demeure ! LES AUTRES Dehors ! MARCELLO Que l'on brûle du sucre ! COLLINE Que l'on chasse l'infâme ! | Benoît Timido in gioventù, ora me ne ripago. Si sa, è uno svago qualche donnetta allegra...e...un po'... non dico una balena o un mappamondo o un viso tondo da luna piena, ma magra, proprio magra, no, poi no! Le donne magre son grattacapi e spesso...sopraccapi... e son piene di doglie... per esempio... ...mia moglie! (Marcello, fingendo indignazione, si alza; gli altri lo imitano.) Marcello Quest'uomo ha moglie e sconcie voglie ha nel cor! Gli altri Orror! Rodolfo E ammorba, e appesta la nostra onesta magion. Gli altri Fuor! Marcello Si abbruci dello zucchero! Colline Si discacci il reprobo. |
| SCHAUNARD C'est la morale offensée qui vous repousse ! BENOÎT Mais, écoutez... LES AUTRES Silence ! BENOÎT Messieurs... LES AUTRES Silence ! Partez, monsieur ! Hors d'ici ! Et bien le bonsoir à Votre Seigneurie ! Ah ! Ah ! Ah (Ils poussent Benoît dehors. Marcello referme la porte.) MARCELLO J'ai payé le terme. SCHAUNARD Momus nous attend au Quartier Latin. MARCELLO Vivent ceux qui dépensent ! SCHAUNARD Partageons le butin ! LES AUTRES Partageons ! (Ils se partagent les écus.) | Schaunard È la morale offesa che vi scaccia! Benoît Io di'...io di'... Gli altri Silenzio! Benoît Miei signori... Gli altri Silenzio...via signore... Via di qua! E buona sera a vostra signoria! Ah! Ah! Ah! (Benoît è cacciato fuori. Marcello chiude la porta.) Marcello Ho pagato il trimestre. Schaunard Al Quartiere Latin ci attende Momus. Marcello Viva chi spende! Schaunard Dividiamo il bottin! Gli altri Dividiam! (Dividono gli scudi.) |
| MARCELLO (présentant à Colline un miroir) Là-dessous se cachent des trésors descendus du ciel. Maintenant que tu es riche, sacrifie aux convenances ! Rase ton pelage, espèce d'ours. COLLINE Je vais, pour la première fois, faire la connaissance d'un barbier. Menez-moi donc au ridicule outrage du rasoir. TOUS En route. RODOLFO Je reste pour terminer mon article de fond pour le Castor. MARCELLO Fais vite. RODOLFO Cinq minutes. Je connais mon métier. COLLINE Nous t'attendrons en bas chez le concierge. MARCELLO Si tu tardes, tu entendras un de ces chœurs ! RODOLFO Cinq minutes. | Marcello (presentando uno specchio a Colline) Là ci son beltà scese dal cielo. Or che sei ricco, bada alla decenza! Orso, ravviati il pelo. Colline Farò la conoscenza la prima volta d'un barbitonsore. Guidatemi al ridicolo oltraggio d'un rasoio. Tutti Andiam. Rodolfo Io resto per terminar l'articolo di fondo del Castoro. Marcello Fa presto. Rodolfo Cinque minuti. Conosco il mestier. Colline Ti aspetterem dabbasso dal portier. Marcello Se tardi udrai che coro. Rodolfo Cinque minuti. |
| SCHAUNARD Taille-lui la queue bien courte à ton Castor ! (Rodolfo saisit une chandelle et ouvre la porte ; les autres sortent et descendent l'escalier.) MARCELLO (du dehors) Regardez où vous allez. Tiens-toi à la rampe. RODOLFO (levant la chandelle) Doucement. COLLINE Il fait un noir d'encre ! SCHAUNARD Maudit concierge ! COLLINE Patatras ! RODOLFO Colline, tu es mort ? COLLINE (d'en bas) Pas encore. MARCELLO Viens vite ! (Rodolfo referme la porte, dépose la chandelle sur la table, et se met à écrire. Mais il déchire sa feuille et jette sa plume.) | Schaunard Taglia corta la coda al tuo Castor. (Rodolfo prende un lume ed apre l'uscio. Gli altri escono e scendono la scala.) Marcello (di fuori) Occhio alla scala. Tienti alla ringhiera. Rodolfo (alzando il lume) Adagio. Colline È buio pesto. Schaunard Maledetto portier! Colline Accidenti! Rodolfo Colline, sei morto? Colline (dal basso) Non ancor. Marcello Vien presto. (Rodolfo chiude l'uscio, pone il lume sulla tavola, e si mette a scrivere. Ma straccia il foglio e getta via la penna.) |
| RODOLFO Je ne suis pas inspiré. (On frappe timidement à la porte.) Qui est là ? MIMÌ (du dehors) Excusez-moi. RODOLFO Une femme ! MIMÌ S'il vous plaît, ma chandelle s'est éteinte. RODOLFO (courant ouvrir) Me voici. MIMÌ (sur le pas de la porte, une bougie éteinte et une clef à la main) Pourriez-vous... ? RODOLFO Entrez un instant. MIMÌ Ce n'est pas la peine. RODOLFO Je vous en prie, entrez. (Mimì entre et est prise d'étouffement.) Vous vous trouvez mal ? | Rodolfo Non sono in vena. (Bussano timidamente alla porta.) Chi è là? Mimì (di fuori) Scusi. Rodolfo Una donna! Mimì Di grazia, mi si è spento il lume. Rodolfo (aprendo) Ecco. Mimì (sull'uscio, con un lume spento in mano ed una chiave) Vorrebbe...? Rodolfo S'accomodi un momento. Mimì Non occorre. Rodolfo La prego, entri. (Entrando, Mimì è presa da soffocazione.) Si sente male? |
| MIMÌ Non...ce n'est rien. RODOLFO Elle pâlit ! MIMÌ Je suis à bout de souffle...cet escalier... (Elle s'évanouit et Rodolfo a à peine le temps de la soutenir et de la déposer sur une chaise, tandis que le bougeoir et la clef roulent des mains de Mimì.) RODOLFO Et qu'est-ce que je fais, maintenant ? (Il va chercher de l'eau et bassine les tempes de Mimì.) Voilà ! Comme elle a l'air malade (Mimì revient à elle.) Vous vous sentez mieux ? MIMÌ Oui. RODOLFO Mais il fait si froid ici. Mettez-vous tout près du feu. (Il la fait asseoir près de la cheminée.) Attendez...un peu de vin. MIMÌ Merci. RODOLFO Tenez. | Mimì No...nulla. Rodolfo Impallidisce! Mimì È il respir...quelle scale... (Sviene e Rodolfo è appena a tempo di sorreggerla ed adagiarla su una sedia, mentre dalle mani di Mimì cadono e candeliere e chiave.) Rodolfo Ed ora come faccio? (Va a prendere dell'acqua e ne spruzza il viso di lei.) Così. Che viso d'ammalata! (Mimì rinviene.) Si sente meglio? Mimì Sì. Rodolfo Qui c'è tanto freddo. Segga vicino al fuoco. (La conduce a sedere presso al camino.) Aspetti...un po' di vino. Mimì Grazie. Rodolfo A lei. |
| MIMÌ Rien qu'une goutte. RODOLFO Comme ceci ? MIMÌ Merci. RODOLFO (Comme elle est jolie !) MIMÌ (se levant) Maintenant, si vous vouliez rallumer ma bougie. Le malaise est passé. RODOLFO Vous êtes si pressée ? MIMÌ Oui. (Rodolfo rallume la bougie de Mimì et la lui tend.) Merci. Bonsoir. RODOLFO Bonsoir ! (À peine sortie, Mimì reparaît sur le pas de la porte.) MIMÌ Oh ! quelle étourdie je fais ! La clef de ma chambre ! Où l'ai-je laissée ? | Mimì Poco, poco. Rodolfo Così. Mimì Grazie. Rodolfo (Che bella bambina!) Mimì (alzandosi) Ora permetta che accenda il lume. Tutto è passato. Rodolfo Tanta fretta! Mimì Sì. (Rodolfo accende il lume e glielo dà.) Grazie. Buona sera. Rodolfo Buona sera. (Mimì esce, poi riappare sull'uscio.) Mimì Oh! sventata, sventata! La chiave della stanza dove l'ho lasciata? |
| RODOLFO Ne restez pas sur le pas de la porte : le courant d'air va souffler votre bougie. (La bougie de Mimì s'éteint.) MIMÌ Ah ! mon Dieu ! Pouvez-vous la rallumer ? (Rodolfo accourt, avec sa chandelle, mais en approchant de la porte, sa bougie s'éteint aussi et la chambre est plongée dans l'obscurité.) RODOLFO Ah ! mon Dieu ! voilà la mienne qui s'éteint aussi. MIMÌ Ah ! Et ma clef ? RODOLFO Il fait un noir d'encre ! MIMÌ Pauvre de moi ! RODOLFO Où peut-elle être ? MIMÌ Votre voisine est bien ennuyeuse... RODOLFO Allons donc ! MIMÌ Votre voisine est bien ennuyeuse... | Rodolfo Non stia sull'uscio: il lume vacilla al vento. (Il lume di Mimì si spegne.) Mimì Oh Dio! Torni ad accenderlo. (Rodolfo accorre colla sua candela, ma avvicinandosi alla porta anche il suo lume si spegne e la camera rimane buia.) Rodolfo Oh Dio! Anche il mio s'è spento. Mimì Ah! E la chiave ove sarà? Rodolfo Buio pesto! Mimì Disgraziata! Rodolfo Ove sarà? Mimì Importuna è la vicina... Rodolfo Ma le pare! Mimì Importuna è la vicina... |
| RODOLFO Que dites-vous, allons donc ! MIMÌ Cherchez !... RODOLFO Je cherche. (Ils tâtent le plancher avec leurs mains en cherchant.) MIMÌ Où peut-elle être ? RODOLFO Ah ! (Il trouve la clef et l'empoche.) MIMÌ Vous l'avez trouvée ? RODOLFO Non. MIMÌ J'avais cru... RODOLFO Je vous assure ! MIMÌ Vous cherchez ? | Rodolfo Cosa dice? ma le pare! Mimì Cerchi. Rodolfo Cerco. (Cercano, tastando il pavimento colle mani.) Mimì Ove sarà? Rodolfo Ah! (Trova la chiave, l'intasca.) Mimì L'ha trovata? Rodolfo No. Mimì Mi parve... Rodolfo In verità! Mimì Cerca? |
| RODOLFO Je cherche ! (Guidé par la voix de Mimì, Rodolfo fait semblant de chercher tout en se rapprochant d'elle. La main de Rodolfo trouve celle de Mimì et la saisit.) MIMÌ (surprise) Ah ! (Ils se redressent, sans que Rodolfo lâche la main de Mimì.) RODOLFO Votre petite main est glacée ! Laissez-moi la réchauffer. À quoi bon chercher ? Dans le noir, nous ne trouverons rien. Mais, heureusement, ce soir la lune luit ; et la lune, ici, est notre voisine. Tenez, mademoiselle, je vais vous dire en deux mots qui je suis, ce que je fais et comment je vis. Voulez-vous ? (Mimì ne répond pas.) Qui je suis ? Je suis un poète. Ce que je fais ? J'écris. Et comment je vis ? Je vis. Dans ma joyeuse pauvreté, je gaspille en grand seigneur les rimes et les hymnes d'amour. Pour ce qui est des rêves, des chimères et des châteaux en Espagne, j'ai une âme de millionnaire. | Rodolfo Cerco. (Guidato dalla voce di Mimì, Rodolfo finge di cercare mentre si avvicina ad essa. Poi colla sua mano incontra quella di Mimì e l'afferra.) Mimì (sorpresa) Ah! (Si alzano. Rodolfo tiene sempre la mano di Mimì.) Rodolfo Che gelida manina! Se la lasci riscaldar. Cercar che giova? Al buio non si trova. Ma per fortuna è una notte di luna, e qui la luna l'abbiamo vicina. Aspetti, signorina, le dirò con due parole chi son, chi son, e che faccio, come vivo. Vuole? (Mimì tace.) Chi son? Chi son? Sono un poeta. Che cosa faccio? Scrivo. E come vivo? Vivo. In povertà mia lieta scialo da gran signore rime ed inni d'amore. Per sogni e per chimere e per castelli in aria l'anima ho milionaria. |
🎼
Continue reading
You’re viewing a preview of this side-by-side translation.
Create a free account to save your place and manage access.
Register freeAlready have an account? Log in
To read the complete side-by-side translation:
Unlock this opera — $3.99 one-time
Full access to all operas — $5/month