“La bohème”
by Giacomo Puccini libretto (French ⇄ German)
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| Personnages | Personen |
| Rodolfo, poète (ténor) Mimì, couturière (soprano) Marcello, peintre (baryton) Schaunard, musicien (baryton) Colline, philosophe (basse) Musetta, chanteuse (soprano) Benoît, propriétaire (basse) Alcindoro, conseiller d'Etat (basse) Parpignol, vendeur de jouets (ténor) Un sergent des douanes (basse) Étudiants, ouvrières, vendeurs de rue, soldats, serveurs, enfants L'action se déroule à Paris en 1830 et 1831. | Rodolfo, ein Poet (Tenor) Marcello, ein Maler (Bariton) Schaunard, ein Musiker (Bariton) Colline, ein Philosoph (Bass) Mimì, eine Midinette (Sopran) Musetta, eine Kokotte (Sopran) Monsieur Benoît, Hausherr (Bass) Alcindoro, Begleiter Musettes, ein Staatsrat (Bass) Parpignol, Spielzeugverkäufer (Tenor) Sergeant bei der Zollwache (Bass) Studenten, Näherinnen, Bürger, Verkäuferinnen, Strassenhändler, Soldaten, Kellner, Kinder (Chor) Die Oper spielt in Paris um das Jahr 1830. |
| PREMIER ACTE | ERSTER AKT |
| La mansarde (Une grande fenêtre par laquelle on découvre une étendue de toits couverts de neige. À droite, une cheminée. Une table, un lit, quatre chaises, un chevalet de peintre sur lequel est posée une toile esquissée : des livres épars, des monceaux de papier. Rodolfo, songeur, regarde par la fenêtre. Marcello travaille à son tableau « Le passage de la Mer Rouge », les mains engourdies de froid. Il les réchauffe en soufflant dessus de temps en temps.) | In der Mansarde (Durch ein großes Dachfenster übersieht man eine Menge von Dächern, alles im Schnee. Rechts im Zimmer ein Kaminofen. Ein Tisch, vier Stühle, eine Staffelei und ein Bett. Bücher und Papiere liegen verstreut umher. Marcello arbeitet an seinem Bilde „Der Durchgang durchs Rote Meer": er friert an den Händen, die er pustend durch seinen Atem zu erwärmen sucht.) |
| MARCELLO Cette Mer Rouge m'amollit et me glace, comme si elle me coulait dessus goutte à goutte. Pour me venger, je noie un pharaon ! (à Rodolfo) Que fais-tu ? RODOLFO Dans le ciel gris, je regarde fumer Paris par ses mille cheminées... et je pense à cette vieille fainéante de cheminée trompeuse qui vit dans l'oisiveté, comme un grand seigneur. | MARCELLO Naß macht dies Rote Meer und steif des Malers Hand. Wie herbstkalter Regen rächend mein Leid, ersäuf' ich Pharao! (zu Rodolfo) Was machst du? RODOLFO Ich starr' zum Himmel, seh, wie aus tausend Essen Paris den schwarzen Rauch qualmt! Der Ofen verhöhnt uns, treibt Müßiggang wie große Herren. |
| MARCELLO Voici bien longtemps qu'elle n'a pas reçu les rentes qui lui sont dues. RODOLFO Ces forêts idiotes, que font-elles donc sous la neige ? MARCELLO Rodolfo, laisse-moi te confier une pensée profonde : il fait un froid de loup ! RODOLFO Quant à moi, Marcello, je ne te cache pas que je ne crois pas à la sueur de notre front. MARCELLO J'ai les doigts gelés, comme s'ils trempaient encore dans cette grande glacière qu'est le cœur de Musetta. (Il pousse un gros soupir et cesse de peindre.) RODOLFO L'amour est une cheminée qui gaspille trop... MARCELLO Et trop vite ! RODOLFO Où l'homme est le fagot ! | MARCELLO Die ihm nötige Miete, scheint's, zahlt man ihm nicht gern! RODOLFO Ja, der alberne Wald steckt im Schnee samt allem Brennholz. MARCELLO Hör', Rodolfo, laß mich dir eine große Wahrheit sagen: Es ist hundekalt hier. RODOLFO Und ich, Marcello, will dir's nicht hehlen, daß mir Schweißtropfen jämmerlich fehlen. MARCELLO Mir erfrieren die Finger fast, als wenn sie auf Eis gelegen, suchend Musettens Herzchen, das so eiskalt wie verwegen. (Er seufzt und hört auf zu malen.) RODOLFO Die Lieb' ist ein Kamin, der viel Heizung aufzehrt. MARCELLO Unbändig! RODOLFO Wo das Scheitholz der Mann ... |
| MARCELLO Et la femme le chenet... RODOLFO L'un brûle en un clin d'œil... MARCELLO Et l'autre reste à le regarder ! RODOLFO En attendant, on gèle ici ! MARCELLO Et on meurt d'inanition ! RODOLFO Il nous faudrait du feu... MARCELLO (saisissant une chaise) Attends...sacrifions la chaise ! (Rodolfo l'arrête d'un geste énergique. Tout d'un coup il pousse un cri de joie.) RODOLFO Euréka ! MARCELLO Tu as trouvé ? RODOLFO Oui ! Aiguise tes méninges ! Que l'idée s'envole en fumée ! MARCELLO (montrant son tableau) On brûle la Mer Rouge ? | MARCELLO Und das Weib schürt beständig ... RODOLFO Er verbrennt wie Zunder ... MARCELLO Sie sieht's und wird nur runder ... RODOLFO Indes' wir hier - erfrieren ... MARCELLO Und zu Tode verhungern! RODOLFO Wir brauchen Feuer ... MARCELLO (nimmt einen Stuhl) Paß auf, jetzt opfern wir, was uns teuer! (Rodolfo hindert das Vorhaben Marcellos und bricht plötzlich über einem Gedanken in Freude aus.) RODOLFO Heureka! MARCELLO Du fandst was? RODOLFO Ja! Ein glorreicher Einfall: Wir heizen mit Ideen ... MARCELLO (auf sein Bild zeigend) Du zündest das Meer an? |
| RODOLFO Non. La toile peinte pue. Mon drame, que mon drame ardent nous réchauffe ! MARCELLO Tu veux le lire, peut-être ? Tu me glaces. RODOLFO Non, que le papier se désagrège en cendres et que le génie remonte vers les cieux. C'est une perte cruelle pour le siècle... Rome est en danger... MARCELLO Brave cœur, va ! RODOLFO Voilà le premier acte. MARCELLO Donne. RODOLFO Déchire. MARCELLO Allume. (Rodolfo met le feu au morceau de manuscrit qu'ils ont jeté dans l'atre ; puis ils approchent des chaises et s'asseoient, se réchauffant voluptueusement.) | RODOLFO Nein. Riecht doch bemalte Leinwand! Hier mein Drama! Die glühenden Verse sollst du wirken sehen. MARCELLO Die Verse mir lesen? Mir schaudert. RODOLFO Nein, zu Asche vergeh' das Papier! Die Poesie kehret heimwärts zum Himmelsdom. Den Schaden trägt schwer das Jahrhundert, „Gefahr dräuet Rom ..." MARCELLO Edles Herz! RODOLFO Hier hast du den ersten Akt ... MARCELLO Gib! RODOLFO Zerreiß ihn! MARCELLO Zünd an! (Rodolfo brennt das Manuskript an; dann setzen sich beide zum Kamin, an dessen hochlodernden Flammen sie sich mit Wonne wärmen.) |
| RODOLFO et MARCELLO Quelle sympathique lueur ! (La porte du fond s'ouvre et Colline entre gelé, battant la semelle, et jette sur la table un paquet de livres.) COLLINE Déjà apparaissent les premiers signes de l'Apocalypse. La veille de Noël, on n'accepte plus les gages ! (surpris) Une flambée ? RODOLFO Chut, on donne mon drame... MARCELLO ...Au feu ! COLLINE Je le trouve étincelant. RODOLFO Vif. MARCELLO Mais il ne dure pas. RODOLFO La brièveté, c'est une grande qualité. COLLINE Auteur, à moi ta chaise. | RODOLFO und MARCELLO Welch ein warmer Schein! (Die Türe wird geöffnet. Colline tritt ein, stampft mit den Füßen vor Kälte und wirft ein Paket Bücher auf den Tisch.) COLLINE Zeichen sind schon zu sehen der Apokalypse. Weihnachten ist das Leihhaus zu. (überrascht) Ah! wie schön das flammt! RODOLFO Schweige; man gibt mein Drama ... MARCELLO ... sehr feurig! COLLINE Ich find dein Opus glänzend! RODOLFO Lebhaft! MARCELLO Doch allzu kurz! RODOLFO Kürze ist oft ein Vorzug. COLLINE Gib deinen Stuhl her, Autor! |
| MARCELLO Ces entr'actes me feront mourir. Vite ! RODOLFO Deuxième acte ! MARCELLO Pas un bruit. COLLINE Pensée profonde ! MARCELLO Justesse du ton ! RODOLFO Dans cette flamme bleutée et languissante fume une ardente scène d'amour. COLLINE Une feuille crépite. MARCELLO C'étaient là les baisers ! RODOLFO Et maintenant je veux entendre trois actes d'un seul coup. (Il jette sur le feu le restant du manuscrit.) COLLINE C'est ainsi que s'unifie la conception d'un audacieux. | MARCELLO Die Intermezzi töten mich durch Dummheit. Vorwärts! RODOLFO Der zweite Akt beginne! MARCELLO Laß doch das Lärmen ... COLLINE Welch tiefe Weisheit ... MARCELLO Edler Geschmack! RODOLFO In diesen bläulich zuckenden Flammen zehrt eine Liebesszene sich auf ... COLLINE Horch, wie es knistert. MARCELLO Das waren Küsse ... RODOLFO Nimm, dritter Akt, zum Parnaß den Lauf. (Er wirft den Rest des Manuskriptes ins Feuer.) COLLINE Nun ist erreicht auch des Dichters Streben. |
| TOUS C'est beau de s'éteindre en une joyeuse flamme. (La flamme faiblit.) MARCELLO Oh ! mon Dieu !...la flamme diminue déjà. COLLINE Que ce drame est vain et fragile ! MARCELLO Le voilà qui crépite, se ratatine et meurt ! COLLINE et MARCELLO À bas, l'auteur ! (Entrent deux garçons livreurs, l'un portant de la nourriture, des bouteilles de vin et des cigares, et l'autre un fagot de bois. À ce bruit les trois jeunes gens se retournent et se jettent avec des cris de joie sur les marchandises.) RODOLFO Du bois ! MARCELLO Des cigares ! COLLINE Du bordeaux ! RODOLFO Du bois ! MARCELLO Du bordeaux ! | ALLE Schön ist's in Flammen heiter vergehen. (Die Flamme nimmt ab.) MARCELLO Schon klein wird der Schein, erlischt ... COLLINE So elend und schwach wie dein Drama! MARCELLO Jetzt flammt es noch einmal auf und stirbt ... COLLINE und MARCELLO Zischt nieder den Autor! (Zwei Kellner treten ein. Der eine trägt Speisen, Weinflaschen, Zigarren, der andere Brennholz. Die drei Freunde drehen sich um, und mit Freudengeschrei nehmen sie den Kellnern alles ab.) RODOLFO Brennholz! MARCELLO Zigarren! COLLINE Bordeaux! RODOLFO Brennholz! MARCELLO Bordeaux! |
| TOUS C'est le destin qui nous envoie cet abondant festin ! (Les livreurs repartent. Schaunard entre, l'air triomphant, et jette quelques écus par terre.) SCHAUNARD Pour vous, la Banque de France risque la faillite. COLLINE (ramassant les écus avec Rodolfo et Marcello) Ramassons ! Ramassons ! MARCELLO Ce sont des morceaux de fer-blanc ? SCHAUNARD Serais-tu sourd ?...ou aveugle ? (lui montrant un écu) Qui est cet homme ? RODOLFO Louis-Philippe ! Je m'incline devant mon Roi ! TOUS Louis-Philippe est à nos pieds ! (Schaunard voudrait bien raconter son aventure, mais les autres ne l'écoutent pas. Ils disposent tous les vivres sur la table et mettent le bois dans la cheminée.) | ALLE DREI Welchen Überfluß des Marktes wirft uns das Schicksal in den Schoß. (Die Kellner treten ab. Schaunard tritt mit triumphierender Miene ein und wirft einige Münzen auf die Erde.) SCHAUNARD Da, euer Bedarf wird die Bank von Frankreich sprengen. COLLINE (hilft Rodolfo und Marcello beim Auflesen der Münzen) Schnell! Sucht die Münzen! MARCELLO Sie sind wohl aus Blech! SCHAUNARD Bist taub du? Und blöde? (zeigt ein silbernes Fünffrankstück) Kennst du das Bild? RODOLFO Louis Philippe ist's. Der König, fürwahr! ALLE Wie, der König von Frankreich zu unseren Füßen? (Schaunard möchte sein Glück erzählen, aber die anderen hören nicht zu. Sie decken den Tisch und heizen den Ofen.) |
| SCHAUNARD Laissez-moi donc vous dire que cet or, ou plutôt cet argent, a son histoire... RODOLFO Réchauffons la cheminée ! COLLINE Elle a tant souffert du froid ! SCHAUNARD Un Anglais...un monsieur... lord ou milord, que sais-je... voulait un musicien... MARCELLO Ouste ! Mettons la table ! SCHAUNARD Moi ? J'y vole ! RODOLFO Où sont les allumettes ? COLLINE Les voilà. MARCELLO Tiens. SCHAUNARD ...Et je me présente. Il m'accepte, je lui demande... | SCHAUNARD Jetzt hört zu; dies Gold hier, nein, dieses Silber hat folgende Geschichte ... RODOLFO Ich sorg' erst für's Feuer. COLLINE Weil die Kälte mich umbringt. SCHAUNARD ... 's war ein englischer Herr, ein Lord, Mylord vielleicht, was weiß ich, 'nen Musiker ... wollt er ... MARCELLO Weg! Denn wir decken den Tisch jetzt ... SCHAUNARD Und ich? Ich eile ... RODOLFO Zündhölzer - wo? COLLINE Dort! MARCELLO Hier! SCHAUNARD ... Ich stell mich vor ... „Bin ich genehm Euch?" frag' ich ... |
| COLLINE Du rôti froid ! MARCELLO Des gâteaux mielleux ! SCHAUNARD ...À quand les leçons ?... Et je me présente, il m'accepte, je lui demande : À quand les leçons ? Il répond : « Commençons !... Vous, regardez !» et il me montre un perroquet au premier étage. Puis il ajoute :« Vous jouez jusqu'à ce que lui meure !» RODOLFO La salle éblouissante resplendit. MARCELLO Les bougies, maintenant ! SCHAUNARD Et il en fut ainsi : je jouai pendant trois longues journées... Puis, j'eus recours aux charmes de ma superbe personne... J'ensorcelai la servante... Je lui servis du persil !... MARCELLO Manger sans nappe ? | COLLINE Hier kalter Braten ... MARCELLO Ha! Die Pastete! SCHAUNARD ... Ich stell mich vor ... „Bin ich genehm Euch?" frag' ich ... „Wann fangen wir die Stunden an?" Die Antwort: „Gut, schau'n Sie hierher!" ('nen Papagei zeigt er mir im ersten Stock), und er näselt: „Spielen sollen Sie, bis der Vogel krepiert." RODOLFO Lasset den Saal im Licht erstrahlen! MARCELLO Hier sind die Kerzen. SCHAUNARD Und so geschah's! Ich spielt' drei Tage lang ... Dann hab ich klug bestochen durch mein gentiles Wesen die Dienerin des Hauses. Dem Vogel bracht ich Schierling bei, ... MARCELLO Ohn' Tischtuch soll man essen? |
| RODOLFO Non ! J'ai une idée ! (Il sort un journal de sa poche.) COLLINE et MARCELLO Le Constitutionnel ! RODOLFO Un excellent journal : on mange tout en dévorant un article ! SCHAUNARD ...Jacquot étendit les ailes, Jacquot ouvrit le bec, un petit peu de persil ; et tel Socrate, il mourut ! COLLINE (à Schaunard) Qui ça ?... SCHAUNARD Que le diable vous emporte tous ! Mais que faites-vous donc ? Non ! Ces provisions seront nos réserves pour les sombres et obscurs jours à venir. Dîner à la maison, la veille de Noël ? Alors que le Quartier Latin décore ses rues de saucisses et de friandises ? Lorsqu'une odeur de beignet embaume les vieilles avenues ? Où chantent, joyeuses, les jeunes filles... | RODOLFO Ich weiß Rat! (Er zieht eine Zeitung aus der Tasche.) MARCELLO und COLLINE Der Constitutionnel! RODOLFO Bestes Papier ... Man ißt und trinkt vom Feuilleton. SCHAUNARD ... Und weit die Flügel spreizend, den Schnabel sperrt er auf!" Und er beschloß wie Sokrates durch Gift den Lebenslauf. COLLINE (Zu Schaunard) Wer? SCHAUNARD Euch hole zusammen gleich der Teufel ... Was soll das heißen? Nein! Hier diese Speisen dienen erst dann dem Magen, wenn wir in Not sind einst, in schlimmen Tagen! Zu Hause essen? Am heil'gen Weihnachtsabend? Wo das Quartier Latin die Straßen ziert mit Leckereien und Wurst in ganzen Lasten? Während der Duft von frischem Kuchen köstlich und süß die Luft durchzieht, und junge Mädchen glücklich singen ... |
| TOUS La veille de Noël ! SCHAUNARD Et chacune d'elle a son étudiant ! Un peu de religion, messieurs, s'il vous plaît ! On boit à la maison, mais on dîne dehors ! (Ils versent le vin. On frappe à la porte.) BENOÎT (de l'extérieur) Je peux ? MARCELLO Qui est là ? BENOÎT Benoît ! MARCELLO Notre propriétaire ! SCHAUNARD Fermons-lui la porte au nez. COLLINE Il n'y a personne ! SCHAUNARD C'est fermé ! BENOÎT Je voudrais vous dire un mot. | ALLE Es weihnachtet gar sehr! SCHAUNARD Doch als ihr Echo haben sie Studenten! Ein bißchen Religion, o meine Herren! Hier dürft ihr trinken, essen außer Haus! (Sie schenken Wein ein. Es klopft.) BERNARD (draußen) Ist's erlaubt? MARCELLO Wer ist da? BERNARD Bernard - ich! MARCELLO Der Besitzer des Hauses! SCHAUNARD Hand auf den Mund ... COLLINE 's ist niemand hier! SCHAUNARD Verschlossen! BERNARD Bitte, ein Wort nur! |
| SCHAUNARD (après avoir consulté les autres, est allé ouvrir) Un seul ! (Benoît entre.) BENOÎT (montrant un papier) Loyer ! MARCELLO Holà ! Un siège. RODOLFO Et vite. BENOÎT Ce n'est pas la peine. Je voudrais... SCHAUNARD Asseyez-vous. MARCELLO Vous boirez bien quelque chose ? BENOÎT Merci. RODOLFO et COLLINE À votre santé ! SCHAUNARD Buvez. (Benoît pose son verre et se tourne vers Marcello, lui montrant son papier.) | SCHAUNARD (berät sich mit den anderen und öffnet) Eins nur! (Bernard tritt ein.) BERNARD (zeigt ein Papier) Die Miete! MARCELLO Heda! Schnell einen Stuhl her ... RODOLFO Eilt Euch! BERNARD Ganz unmöglich ... Ich möcht nur ... SCHAUNARD Ein Stuhl! MARCELLO Trinken Sie? BERNARD Danke. RODOLFO und COLLINE Sehr zum Wohl! SCHAUNARD Prost! (Bernard hat sein Glas hingesetzt und zeigt Marcello das Papier.) |
| BENOÎT Voici le dernier terme... MARCELLO J'en suis ravi. BENOÎT Et par conséquent... SCHAUNARD Encore une goutte ? BENOÎT Merci ! LES QUATRE AMIS À votre santé ! BENOÎT (reprenant sa conversation avec Marcello) Je m'adresse à vous parce que le trimestre passé vous m'avez promis... MARCELLO J'ai promis et je tiens parole. (Il indique à Benoît les écus restés sur la table.) RODOLFO (bas à Marcello) Que fais-tu ? SCHAUNARD Tu es fou ? | BERNARD ... 's ist der Letzte des Quartals. MARCELLO Ach, das freut mich! BERNARD Und deshalb ... SCHAUNARD Nur einen Schluck noch! BERNARD Danke. ALLE VIER Sehr zum Wohl! Zum Wohle! BERNARD (wieder zu Marcello) Ich komme, weil Sie mir am letzten Zahltag versprochen ... MARCELLO Was ich versprach, das halt ich! (Er zeigt Bernard das auf dem Tisch liegende Geld.) RODOLFO (leise zu Marcello) Was tust du? SCHAUNARD Bist du toll? |
| MARCELLO (à Benoît, sans faire attention à eux) Vous avez vu ? Maintenant, tenez, restez un instant en notre compagnie. Dites-moi : quel âge avez-vous, mon cher Monsieur Benoît ? BENOÎT Quel âge ? De grâce ! RODOLFO Oh, à peu près notre âge. BENOÎT Plus, beaucoup plus ! (Ils lui remplissent son verre.) COLLINE Il a dit à peu près. MARCELLO L'autre soir, chez Mabille... on vous a pincé en fâcheuse posture. BENOÎT Moi ? MARCELLO L'autre soir, chez Mabille... Osez nier ! BENOÎT C'était un pur hasard. | MARCELLO (zu Bernard, ohne die Freunde zu beachten) Das Geld ist da! Doch bleiben Sie noch ein Weilchen in unserer Gesellschaft. Sagen Sie, wie alt sind Sie, lieber Herr Bernard, na? ... BERNARD Wie alt? Du guter Gott! RODOLFO So alt etwa wie wir. BERNARD Viel mehr - Sie raten schlecht. (Sie füllen sein Glas erneut.) COLLINE Er meint nur ungefähr ... MARCELLO Gestern abend bei Mabille fand man ihn beim Liebesspiel ... BERNARD Ich? MARCELLO ... fand man ihn beim Liebesspiel ... Ja, Sie! BERNARD Nur Zufall ... |
| MARCELLO Une belle femme ! BENOÎT (à moitié gris) Ah ! Très ! SCHAUNARD puis RODOLFO Brigand ! COLLINE Séducteur ! Un chêne !...un canon !... RODOLFO Le bougre a du goût ! MARCELLO La crinière fauve et bouclée. Et lui qui jubilait, plein de sève et d'orgueil ! BENOÎT Je suis vieux, mais robuste. COLLINE, SCHAUNARD, RODOLFO Et lui qui jubilait, plein de sève et d'orgueil ! MARCELLO La vertu féminine ne fit pas long feu. | MARCELLO Recht hübsch, das Weibchen! BERNARD (halbbetrunken) Ganz reizend! SCHAUNARD, dann RODOLFO Du Spitzbub'! COLLINE Ha, Verführer! Eine Eiche! 'ne Kanone! RODOLFO Das nenn' Geschmack ich. MARCELLO Gelocket die roten Haare. Ein Bild der Kraft, und stolz der Sieger. BERNARD Bin alt zwar, aber rüstig. COLLINE, SCHAUNARD und RODOLFO Aber zuviel der Liebe, ei, das büßt sich ... MARCELLO Es fiel durch ihn die tugendreichste Frau. |
| BENOÎT Timide dans ma jeunesse, maintenant je me rattrape ! Vous savez, c'est tellement charmant une petite femme joyeuse...et...un peu... Je ne dis pas une baleine, ni une mappemonde, ni un visage rond comme une pleine lune. Mais, maigre, vraiment maigre, ça non, jamais ! Avec les maigres, on n'a que des soucis et le plus souvent...par-dessus la tête... Et elles ont tout le temps quelque chose qui ne va pas, comme, par exemple... ...ma femme ! (Marcello, feignant l'indignation, se lève, imité par les autres.) MARCELLO Cet homme est marié et son cœur héberge d'obscènes désirs ! LES AUTRES Horreur ! RODOLFO Et il contamine et corrompt notre honnête demeure ! LES AUTRES Dehors ! MARCELLO Que l'on brûle du sucre ! COLLINE Que l'on chasse l'infâme ! | BERNARD Einst war ich schüchtern sehr, nach hol' ich das Versäumte, gesteh', daß von schönen Weibern ich gerne träumte. Jedoch: nicht soll dem Walfisch noch dem Globus sie gleichen, oder dem Vollmond ihr feist' Gesicht ... doch die Magern, grad' die Magern, mag ich nicht. Bös' sind die mageren Frauenzimmer, sie quälen Männer immer ... Darum traue ich keiner, auch zum Beispiel ... ... meiner Frau! (Marcello spielt Entrüstung, die anderen fallen ein.) MARCELLO Der Mann ist beweibt und sucht sünd'gen Zeitvertreib. DIE ANDEREN O Schmach! RODOLFO Es ist ein Graus! Er vergiftet dies ehrbare Haus. DIE ANDEREN Hinaus! MARCELLO Man räuchere aus den frommen Saal. COLLINE Werft den Lump hinaus! |
| SCHAUNARD C'est la morale offensée qui vous repousse ! BENOÎT Mais, écoutez... LES AUTRES Silence ! BENOÎT Messieurs... LES AUTRES Silence ! Partez, monsieur ! Hors d'ici ! Et bien le bonsoir à Votre Seigneurie ! Ah ! Ah ! Ah (Ils poussent Benoît dehors. Marcello referme la porte.) MARCELLO J'ai payé le terme. SCHAUNARD Momus nous attend au Quartier Latin. MARCELLO Vivent ceux qui dépensent ! SCHAUNARD Partageons le butin ! LES AUTRES Partageons ! (Ils se partagent les écus.) | SCHAUNARD Flieht die beleidigte Moral! BERNARD Ich ... ach ... DIE ANDEREN Ruhe! BERNARD Ihr Herren! DIE ANDEREN Still! Sie sind erkannt! Hinaus! Hinaus! Und schönen Gruß an Ihre liebe Frau! Haha! (Bernard verschwindet, Marcello schließt die Tür.) MARCELLO So zahl ich die Miete. SCHAUNARD Zum Quartier Latin! Zu Momus! MARCELLO Hoch dem, der dort zahlt! SCHAUNARD Wir teilen die Beute! DIE ANDEREN Wir teilen! (Sie teilen das Geld untereinander.) |
| MARCELLO (présentant à Colline un miroir) Là-dessous se cachent des trésors descendus du ciel. Maintenant que tu es riche, sacrifie aux convenances ! Rase ton pelage, espèce d'ours. COLLINE Je vais, pour la première fois, faire la connaissance d'un barbier. Menez-moi donc au ridicule outrage du rasoir. TOUS En route. RODOLFO Je reste pour terminer mon article de fond pour le Castor. MARCELLO Fais vite. RODOLFO Cinq minutes. Je connais mon métier. COLLINE Nous t'attendrons en bas chez le concierge. MARCELLO Si tu tardes, tu entendras un de ces chœurs ! RODOLFO Cinq minutes. | MARCELLO (zeigt Colline einen Spiegel) Manche Schöne gibt's, Himmel entsprossen, jetzt, da du endlich reich, such unverdrossen, Bär! Doch streich dir erst den Pelz glatt. COLLINE Ich will zum ersten Male dem Bartscher opfern. Wird mein Aussehen besser, ertrag ich das Gekratze mit dem Messer! ALLE Geh'n wir! RODOLFO Ich bleibe, um noch zuvor zu enden den Artikel für die Zeitung. MARCELLO Doch eil' dich! RODOLFO Fünf Minuten. Ich kenne mein Handwerk. COLLINE Wir warten unten beim Portier. MARCELLO Wenn du zu spät kommst, weh dir! RODOLFO Fünf Minuten. |
| SCHAUNARD Taille-lui la queue bien courte à ton Castor ! (Rodolfo saisit une chandelle et ouvre la porte ; les autres sortent et descendent l'escalier.) MARCELLO (du dehors) Regardez où vous allez. Tiens-toi à la rampe. RODOLFO (levant la chandelle) Doucement. COLLINE Il fait un noir d'encre ! SCHAUNARD Maudit concierge ! COLLINE Patatras ! RODOLFO Colline, tu es mort ? COLLINE (d'en bas) Pas encore. MARCELLO Viens vite ! (Rodolfo referme la porte, dépose la chandelle sur la table, et se met à écrire. Mais il déchire sa feuille et jette sa plume.) | SCHAUNARD Kürz' nur dreist den Artikel für dein Blatt. (Rodolfo nimmt eine Kerze vom Tisch und öffnet die Tür. Die Freunde treten hinaus.) MARCELLO (draußen) Paßt auf, die Treppe, haltet das Geländer! RODOLFO (leuchtet mit erhobenem Licht) Nur langsam! COLLINE Es ist stockdunkel. SCHAUNARD Der Portier sei verflucht. COLLINE Zum Teufel! RODOLFO Colline! Bist du tot? COLLINE (von unten) Nein, noch nicht! MARCELLO Mach' vorwärts! (Rodolfo macht die Tür zu, stellt das Licht auf den Tisch und beginnt zu schreiben. Plötzlich wirft er die Feder weg.) |
| RODOLFO Je ne suis pas inspiré. (On frappe timidement à la porte.) Qui est là ? MIMÌ (du dehors) Excusez-moi. RODOLFO Une femme ! MIMÌ S'il vous plaît, ma chandelle s'est éteinte. RODOLFO (courant ouvrir) Me voici. MIMÌ (sur le pas de la porte, une bougie éteinte et une clef à la main) Pourriez-vous... ? RODOLFO Entrez un instant. MIMÌ Ce n'est pas la peine. RODOLFO Je vous en prie, entrez. (Mimì entre et est prise d'étouffement.) Vous vous trouvez mal ? | RODOLFO Ich bin nicht aufgelegt. (Es klopft leise an die Tür.) Wer klopft? MIMÌ (draußen) Verzeihung. RODOLFO Eine Dame! MIMÌ Ich bitte ... mir erlosch die Kerze ... RODOLFO (die Tür öffnend) Bitte! MIMÌ (erscheint auf der Schwelle und hält einen Leuchter und einen Schlüssel in der Hand) Seien Sie so gut ... RODOLFO Setzen Sie sich doch bitte. MIMÌ 's ist nicht nötig ... RODOLFO Ich bitte, treten Sie ein. (Mimì tritt ein, bekommt aber sogleich einen Erstickungsanfall.) Ist Ihnen schlecht? |
| MIMÌ Non...ce n'est rien. RODOLFO Elle pâlit ! MIMÌ Je suis à bout de souffle...cet escalier... (Elle s'évanouit et Rodolfo a à peine le temps de la soutenir et de la déposer sur une chaise, tandis que le bougeoir et la clef roulent des mains de Mimì.) RODOLFO Et qu'est-ce que je fais, maintenant ? (Il va chercher de l'eau et bassine les tempes de Mimì.) Voilà ! Comme elle a l'air malade (Mimì revient à elle.) Vous vous sentez mieux ? MIMÌ Oui. RODOLFO Mais il fait si froid ici. Mettez-vous tout près du feu. (Il la fait asseoir près de la cheminée.) Attendez...un peu de vin. MIMÌ Merci. RODOLFO Tenez. | MIMÌ Nein, 's ist nichts! RODOLFO Diese Blässe! MIMÌ O, der Atem - diese Treppen ... (Sie fällt in Ohnmacht; Rodolfo fängt sie auf und setzt sie sanft auf einen Stuhl. Leuchter und Schlüssel entfallen ihr.) RODOLFO Und was soll ich nun machen? (Er holt Wasser und spritzt es Mimì ins Gesicht.) So! Wie leidend sind die Züge! (Mimì kommt zu sich.) Ist Ihnen besser? MIMÌ Ja! RODOLFO Hier ist's kalt im Zimmer. Geh'n Sie zum Ofen. (Er hilft ihr in einen Sessel am Ofen.) Ein Einfall! Ein bißchen Wein hilft ... MIMÌ Danke! RODOLFO So, hier. |
| MIMÌ Rien qu'une goutte. RODOLFO Comme ceci ? MIMÌ Merci. RODOLFO (Comme elle est jolie !) MIMÌ (se levant) Maintenant, si vous vouliez rallumer ma bougie. Le malaise est passé. RODOLFO Vous êtes si pressée ? MIMÌ Oui. (Rodolfo rallume la bougie de Mimì et la lui tend.) Merci. Bonsoir. RODOLFO Bonsoir ! (À peine sortie, Mimì reparaît sur le pas de la porte.) MIMÌ Oh ! quelle étourdie je fais ! La clef de ma chambre ! Où l'ai-je laissée ? | MIMÌ Nicht so viel, Herr! RODOLFO Bitte. MIMÌ Danke. RODOLFO (Welch liebliches Mädchen!) MIMÌ (sich erhebend) Bitte, erlauben Sie mir, Licht zu nehmen. Mir ist viel besser! RODOLFO Ist's so eilig? MIMÌ Ja! (Rodolfo zündet das Licht an und überreicht es Mimì.) Danke! Guten Abend! RODOLFO Guten Abend! (Mimì geht zur Tür, kehrt aber noch einmal ins Zimmer zurück.) MIMÌ Ach wie dumm, wie vergeßlich! Den Wohnungsschlüssel hab' ich vergessen. |
| RODOLFO Ne restez pas sur le pas de la porte : le courant d'air va souffler votre bougie. (La bougie de Mimì s'éteint.) MIMÌ Ah ! mon Dieu ! Pouvez-vous la rallumer ? (Rodolfo accourt, avec sa chandelle, mais en approchant de la porte, sa bougie s'éteint aussi et la chambre est plongée dans l'obscurité.) RODOLFO Ah ! mon Dieu ! voilà la mienne qui s'éteint aussi. MIMÌ Ah ! Et ma clef ? RODOLFO Il fait un noir d'encre ! MIMÌ Pauvre de moi ! RODOLFO Où peut-elle être ? MIMÌ Votre voisine est bien ennuyeuse... RODOLFO Allons donc ! MIMÌ Votre voisine est bien ennuyeuse... | RODOLFO Bleiben Sie nicht auf der Schwelle: Die Kerze flackert im Zugwind. (Ihre Kerze verlöscht.) MIMÌ Ach Gott, Herr! Sind sie nochmal so gut? (Rodolfo kommt schnell mit seinem Licht zurTüre, aber der Wind löscht nun auch dieses aus. Das Zimmer ist ganz dunkel.) RODOLFO O Gott! Mein Licht ist nun auch aus. MIMÌ Ach! Und wo ist der Schlüssel? RODOLFO Dichtes Dunkel! MIMÌ Wie! Ich Pechvogel! RODOLFO Wo mag er sein? MIMÌ Ich falle Ihnen zur Last ... RODOLFO Ganz und gar nicht! MIMÌ Ich falle Ihnen zur Last. |
| RODOLFO Que dites-vous, allons donc ! MIMÌ Cherchez !... RODOLFO Je cherche. (Ils tâtent le plancher avec leurs mains en cherchant.) MIMÌ Où peut-elle être ? RODOLFO Ah ! (Il trouve la clef et l'empoche.) MIMÌ Vous l'avez trouvée ? RODOLFO Non. MIMÌ J'avais cru... RODOLFO Je vous assure ! MIMÌ Vous cherchez ? | RODOLFO Aber warum, ganz und gar nicht. MIMÌ Suchen Sie! RODOLFO Ich such'! (Beide suchen auf dem Boden nach dem Schlüssel.) MIMÌ Wo mag er sein? RODOLFO Ha! (Er findet den Schlüssel und steckt ihn ein.) MIMÌ Ah, gefunden? RODOLFO Nein. MIMÌ Ich dachte ... RODOLFO Nein, wirklich nicht! MIMÌ Suchen Sie? |
| RODOLFO Je cherche ! (Guidé par la voix de Mimì, Rodolfo fait semblant de chercher tout en se rapprochant d'elle. La main de Rodolfo trouve celle de Mimì et la saisit.) MIMÌ (surprise) Ah ! (Ils se redressent, sans que Rodolfo lâche la main de Mimì.) RODOLFO Votre petite main est glacée ! Laissez-moi la réchauffer. À quoi bon chercher ? Dans le noir, nous ne trouverons rien. Mais, heureusement, ce soir la lune luit ; et la lune, ici, est notre voisine. Tenez, mademoiselle, je vais vous dire en deux mots qui je suis, ce que je fais et comment je vis. Voulez-vous ? (Mimì ne répond pas.) Qui je suis ? Je suis un poète. Ce que je fais ? J'écris. Et comment je vis ? Je vis. Dans ma joyeuse pauvreté, je gaspille en grand seigneur les rimes et les hymnes d'amour. Pour ce qui est des rêves, des chimères et des châteaux en Espagne, j'ai une âme de millionnaire. | RODOLFO Sicher! (Er stellt sich suchend, trachtet aber nur, ihrer Stimme folgend, sich Mimì zu nähern. Dann erfaßt er ihre Hand und hält sie fest.) MIMÌ (überrascht) Ah! (Sie erheben sich. Rodolfo hält weiter Mimìs Hand in der seinen.) RODOLFO Wie eiskalt ist dies Händchen! Lassen Sie, ich wärme es. Was nutzt das Suchen? Zum Finden ist's zu dunkel, bis erst der Vollmond am Himmel emporsteigt und überstrahlet der Sterne Gefunkel. Erlauben Sie, mein Fräulein, daß ich kurz Bericht Euch gebe, wer ich wohl bin, was ich treibe, und wie ich hier lebe! Erlauben Sie's? (Mimì schweigt.) Wer ich bin? So hören Sie. Bin nur ein Dichter. Und was ich tue? Schreiben! Und wie ich lebe? Nun, ich lebe! In diesen armen Räumen streu' ich als Krösus Verse und manch' Liedchen umher. Und leb' in gold'nen Träumen und bau' mir Luftschlösser, |
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