“La bohème”

by Giacomo Puccini libretto (French ⇄ German)


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PersonnagesPersonen
Rodolfo, poète (ténor)
Mimì, couturière (soprano)
Marcello, peintre (baryton)
Schaunard, musicien (baryton)
Colline, philosophe (basse)
Musetta, chanteuse (soprano)
Benoît, propriétaire (basse)
Alcindoro, conseiller d'Etat (basse)
Parpignol, vendeur de jouets (ténor)
Un sergent des douanes (basse)
Étudiants, ouvrières, vendeurs de rue, soldats, serveurs, enfants


L'action se déroule à Paris en 1830 et 1831.
Rodolfo, ein Poet (Tenor)
Marcello, ein Maler (Bariton)
Schaunard, ein Musiker (Bariton)
Colline, ein Philosoph (Bass)
Mimì, eine Midinette (Sopran)
Musetta, eine Kokotte (Sopran)
Monsieur Benoît, Hausherr (Bass)
Alcindoro, Begleiter Musettes, ein Staatsrat (Bass)
Parpignol, Spielzeugverkäufer (Tenor)
Sergeant bei der Zollwache (Bass)
Studenten, Näherinnen, Bürger, Verkäuferinnen, Strassenhändler, Soldaten, Kellner, Kinder (Chor)


Die Oper spielt in Paris um das Jahr 1830.
PREMIER ACTEERSTER AKT
La mansarde

(Une grande fenêtre par laquelle on découvre une
étendue de toits couverts de neige. À droite, une
cheminée. Une table, un lit, quatre chaises, un chevalet
de peintre sur lequel est posée une toile esquissée : des
livres épars, des monceaux de papier. Rodolfo, songeur,
regarde par la fenêtre. Marcello travaille à son tableau
« Le passage de la Mer Rouge », les mains engourdies
de froid. Il les réchauffe en soufflant dessus de temps en temps.)

 
In der Mansarde

(Durch ein großes Dachfenster übersieht man eine
Menge von Dächern, alles im Schnee. Rechts im
Zimmer ein Kaminofen. Ein Tisch, vier Stühle, eine
Staffelei und ein Bett. Bücher und Papiere liegen
verstreut umher. Marcello arbeitet an seinem Bilde
„Der Durchgang durchs Rote Meer": er friert an den
Händen, die er pustend durch seinen Atem zu
erwärmen sucht.)
MARCELLO
Cette Mer Rouge m'amollit et me glace,
comme si elle me coulait dessus
goutte à goutte.
Pour me venger, je noie un pharaon !
(à Rodolfo)
Que fais-tu ?

RODOLFO
Dans le ciel gris,
je regarde fumer Paris
par ses mille cheminées...
et je pense à cette vieille fainéante
de cheminée trompeuse
qui vit dans l'oisiveté, comme un grand seigneur.
 
MARCELLO
Naß macht dies Rote Meer
und steif des Malers Hand.
Wie herbstkalter Regen
rächend mein Leid, ersäuf' ich Pharao!
(zu Rodolfo)
Was machst du?

RODOLFO
Ich starr' zum Himmel,
seh, wie aus tausend Essen
Paris den schwarzen Rauch qualmt!
Der Ofen verhöhnt uns,
treibt Müßiggang
wie große Herren.
 
MARCELLO
Voici bien longtemps qu'elle n'a pas reçu
les rentes qui lui sont dues.

RODOLFO
Ces forêts idiotes,
que font-elles donc sous la neige ?

MARCELLO
Rodolfo, laisse-moi te confier
une pensée profonde :
il fait un froid de loup !

RODOLFO
Quant à moi, Marcello, je ne te cache pas
que je ne crois pas à la sueur de notre front.

MARCELLO
J'ai les doigts gelés,
comme s'ils trempaient encore
dans cette grande glacière
qu'est le cœur de Musetta.
(Il pousse un gros soupir
et cesse de peindre.)


RODOLFO
L'amour est une cheminée qui gaspille trop...

MARCELLO
Et trop vite !

RODOLFO
Où l'homme est le fagot !
 
MARCELLO
Die ihm nötige Miete, scheint's,
zahlt man ihm nicht gern!

RODOLFO
Ja, der alberne Wald steckt im Schnee
samt allem Brennholz.

MARCELLO
Hör', Rodolfo, laß mich dir
eine große Wahrheit sagen:
Es ist hundekalt hier.

RODOLFO
Und ich, Marcello, will dir's nicht hehlen,
daß mir Schweißtropfen jämmerlich fehlen.

MARCELLO
Mir erfrieren die Finger fast,
als wenn sie auf Eis gelegen,
suchend Musettens Herzchen,
das so eiskalt wie verwegen.
(Er seufzt und hört auf zu malen.)

RODOLFO
Die Lieb' ist ein Kamin, der viel Heizung aufzehrt.

MARCELLO
Unbändig!

RODOLFO
Wo das Scheitholz der Mann ...
MARCELLO
Et la femme le chenet...

RODOLFO
L'un brûle en un clin d'œil...

MARCELLO
Et l'autre reste à le regarder !

RODOLFO
En attendant, on gèle ici !

MARCELLO
Et on meurt d'inanition !

RODOLFO
Il nous faudrait du feu...

MARCELLO
(saisissant une chaise)
Attends...sacrifions la chaise !
(Rodolfo l'arrête d'un geste énergique. Tout d'un coup il
pousse un cri de joie.)


RODOLFO
Euréka !

MARCELLO
Tu as trouvé ?

RODOLFO
Oui ! Aiguise tes méninges !
Que l'idée s'envole en fumée !

MARCELLO
(montrant son tableau)
On brûle la Mer Rouge ?
 
MARCELLO
Und das Weib schürt beständig ...

RODOLFO
Er verbrennt wie Zunder ...

MARCELLO
Sie sieht's und wird nur runder ...

RODOLFO
Indes' wir hier - erfrieren ...

MARCELLO
Und zu Tode verhungern!

RODOLFO
Wir brauchen Feuer ...

MARCELLO
(nimmt einen Stuhl)
Paß auf, jetzt opfern wir, was uns teuer!
(Rodolfo hindert das Vorhaben Marcellos und bricht
plötzlich über einem Gedanken in Freude aus.)

RODOLFO
Heureka!

MARCELLO
Du fandst was?

RODOLFO
Ja! Ein glorreicher Einfall:
Wir heizen mit Ideen ...

MARCELLO
(auf sein Bild zeigend)
Du zündest das Meer an?
RODOLFO
Non. La toile peinte pue.
Mon drame,
que mon drame ardent nous réchauffe !

MARCELLO
Tu veux le lire, peut-être ? Tu me glaces.

RODOLFO
Non, que le papier se désagrège en cendres
et que le génie remonte vers les cieux.
C'est une perte cruelle pour le siècle...
Rome est en danger...

MARCELLO
Brave cœur, va !

RODOLFO
Voilà le premier acte.

MARCELLO
Donne.

RODOLFO
Déchire.

MARCELLO
Allume.
(Rodolfo met le feu au morceau de manuscrit qu'ils ont
jeté dans l'atre ; puis ils approchent des chaises et
s'asseoient, se réchauffant voluptueusement.)
RODOLFO
Nein. Riecht doch bemalte Leinwand!
Hier mein Drama!
Die glühenden Verse sollst du wirken sehen.

MARCELLO
Die Verse mir lesen? Mir schaudert.

RODOLFO
Nein, zu Asche vergeh' das Papier!
Die Poesie kehret heimwärts zum Himmelsdom.
Den Schaden trägt schwer das Jahrhundert,
„Gefahr dräuet Rom ..."

MARCELLO
Edles Herz!

RODOLFO
Hier hast du den ersten Akt ...

MARCELLO
Gib!

RODOLFO
Zerreiß ihn!

MARCELLO
Zünd an!
(Rodolfo brennt das Manuskript an; dann setzen sich
beide zum Kamin, an dessen hochlodernden Flammen
sie sich mit Wonne wärmen.)
RODOLFO et MARCELLO
Quelle sympathique lueur !
(La porte du fond s'ouvre et Colline entre gelé, battant
la semelle, et jette sur la table un paquet de livres.)


COLLINE
Déjà apparaissent les premiers signes de l'Apocalypse.
La veille de Noël, on n'accepte plus les gages !
(surpris)
Une flambée ?

RODOLFO
Chut, on donne mon drame...

MARCELLO
...Au feu !

COLLINE
Je le trouve étincelant.

RODOLFO
Vif.

MARCELLO
Mais il ne dure pas.

RODOLFO
La brièveté, c'est une grande qualité.

COLLINE
Auteur, à moi ta chaise.
 
RODOLFO und MARCELLO
Welch ein warmer Schein!
(Die Türe wird geöffnet. Colline tritt ein, stampft mit
den Füßen vor Kälte und wirft ein Paket Bücher auf den Tisch.)


COLLINE
Zeichen sind schon zu sehen der Apokalypse.
Weihnachten ist das Leihhaus zu.
(überrascht)
Ah! wie schön das flammt!

RODOLFO
Schweige; man gibt mein Drama ...

MARCELLO
... sehr feurig!

COLLINE
Ich find dein Opus glänzend!

RODOLFO
Lebhaft!

MARCELLO
Doch allzu kurz!

RODOLFO
Kürze ist oft ein Vorzug.

COLLINE
Gib deinen Stuhl her, Autor!
MARCELLO
Ces entr'actes
me feront mourir.
Vite !

RODOLFO
Deuxième acte !

MARCELLO
Pas un bruit.

COLLINE
Pensée profonde !

MARCELLO
Justesse du ton !

RODOLFO
Dans cette flamme bleutée et languissante
fume une ardente scène d'amour.

COLLINE
Une feuille crépite.

MARCELLO
C'étaient là les baisers !

RODOLFO
Et maintenant je veux entendre trois actes d'un seul coup.
(Il jette sur le feu le restant du manuscrit.)

COLLINE
C'est ainsi que s'unifie la conception d'un audacieux.
 
MARCELLO
Die Intermezzi töten mich
durch Dummheit.
Vorwärts!

RODOLFO
Der zweite Akt beginne!

MARCELLO
Laß doch das Lärmen ...

COLLINE
Welch tiefe Weisheit ...

MARCELLO
Edler Geschmack!

RODOLFO
In diesen bläulich zuckenden Flammen
zehrt eine Liebesszene sich auf ...

COLLINE
Horch, wie es knistert.

MARCELLO
Das waren Küsse ...

RODOLFO
Nimm, dritter Akt, zum Parnaß den Lauf.
(Er wirft den Rest des Manuskriptes ins Feuer.)

COLLINE
Nun ist erreicht auch des Dichters Streben.
TOUS
C'est beau de s'éteindre en une joyeuse flamme.
(La flamme faiblit.)

MARCELLO
Oh ! mon Dieu !...la flamme diminue déjà.

COLLINE
Que ce drame est vain et fragile !

MARCELLO
Le voilà qui crépite, se ratatine et meurt !

COLLINE et MARCELLO
À bas, l'auteur !
(Entrent deux garçons livreurs, l'un portant de la
nourriture, des bouteilles de vin et des cigares, et
l'autre un fagot de bois. À ce bruit les trois jeunes gens
se retournent et se jettent avec des cris de joie sur les
marchandises.)


RODOLFO
Du bois !

MARCELLO
Des cigares !

COLLINE
Du bordeaux !

RODOLFO
Du bois !

MARCELLO
Du bordeaux !
 
ALLE
Schön ist's in Flammen heiter vergehen.
(Die Flamme nimmt ab.)

MARCELLO
Schon klein wird der Schein, erlischt ...

COLLINE
So elend und schwach wie dein Drama!

MARCELLO
Jetzt flammt es noch einmal auf und stirbt ...

COLLINE und MARCELLO
Zischt nieder den Autor!
(Zwei Kellner treten ein. Der eine trägt Speisen,
Weinflaschen, Zigarren, der andere Brennholz. Die drei
Freunde drehen sich um, und mit Freudengeschrei
nehmen sie den Kellnern alles ab.)



RODOLFO
Brennholz!

MARCELLO
Zigarren!

COLLINE
Bordeaux!

RODOLFO
Brennholz!

MARCELLO
Bordeaux!
TOUS
C'est le destin qui nous envoie
cet abondant festin !
(Les livreurs repartent. Schaunard entre, l'air
triomphant, et jette quelques écus par terre.)


SCHAUNARD
Pour vous, la Banque de France
risque la faillite.

COLLINE
(ramassant les écus avec Rodolfo et Marcello)
Ramassons ! Ramassons !

MARCELLO
Ce sont des morceaux de fer-blanc ?

SCHAUNARD
Serais-tu sourd ?...ou aveugle ?
(lui montrant un écu)
Qui est cet homme ?

RODOLFO
Louis-Philippe !
Je m'incline devant mon Roi !

TOUS
Louis-Philippe est à nos pieds !
(Schaunard voudrait bien raconter son aventure, mais
les autres ne l'écoutent pas. Ils disposent tous les vivres
sur la table et mettent le bois dans la cheminée.)

 
ALLE DREI
Welchen Überfluß des Marktes
wirft uns das Schicksal in den Schoß.
(Die Kellner treten ab. Schaunard tritt mit
triumphierender Miene ein und wirft einige Münzen auf die Erde.)


SCHAUNARD
Da, euer Bedarf wird
die Bank von Frankreich sprengen.

COLLINE
(hilft Rodolfo und Marcello beim Auflesen der Münzen)
Schnell! Sucht die Münzen!

MARCELLO
Sie sind wohl aus Blech!

SCHAUNARD
Bist taub du? Und blöde?
(zeigt ein silbernes Fünffrankstück)
Kennst du das Bild?

RODOLFO
Louis Philippe ist's.
Der König, fürwahr!

ALLE
Wie, der König von Frankreich zu unseren Füßen?
(Schaunard möchte sein Glück erzählen, aber die
anderen hören nicht zu. Sie decken den Tisch und
heizen den Ofen.)
SCHAUNARD
Laissez-moi donc vous dire
que cet or, ou plutôt cet argent,
a son histoire...

RODOLFO
Réchauffons la cheminée !

COLLINE
Elle a tant souffert du froid !

SCHAUNARD
Un Anglais...un monsieur...
lord ou milord, que sais-je...
voulait un musicien...

MARCELLO
Ouste ! Mettons la table !

SCHAUNARD
Moi ? J'y vole !

RODOLFO
Où sont les allumettes ?

COLLINE
Les voilà.

MARCELLO
Tiens.

SCHAUNARD
...Et je me présente.
Il m'accepte, je lui demande...
 
SCHAUNARD
Jetzt hört zu; dies Gold hier,
nein, dieses Silber
hat folgende Geschichte ...

RODOLFO
Ich sorg' erst für's Feuer.

COLLINE
Weil die Kälte mich umbringt.

SCHAUNARD
... 's war ein englischer Herr,
ein Lord, Mylord vielleicht, was weiß ich,
'nen Musiker ... wollt er ...

MARCELLO
Weg! Denn wir decken den Tisch jetzt ...

SCHAUNARD
Und ich? Ich eile ...

RODOLFO
Zündhölzer - wo?

COLLINE
Dort!

MARCELLO
Hier!

SCHAUNARD
... Ich stell mich vor ...
„Bin ich genehm Euch?" frag' ich ...
COLLINE
Du rôti froid !

MARCELLO
Des gâteaux mielleux !

SCHAUNARD
...À quand les leçons ?...
Et je me présente, il m'accepte,
je lui demande : À quand les leçons ?
Il répond : « Commençons !...
Vous, regardez !» et il me montre
un perroquet au premier étage.
Puis il ajoute :« Vous jouez
jusqu'à ce que lui meure !»

RODOLFO
La salle éblouissante resplendit.

MARCELLO
Les bougies, maintenant !

SCHAUNARD
Et il en fut ainsi :
je jouai pendant trois longues journées...
Puis, j'eus recours aux charmes
de ma superbe personne...
J'ensorcelai la servante...
Je lui servis du persil !...

MARCELLO
Manger sans nappe ?
 
COLLINE
Hier kalter Braten ...

MARCELLO
Ha! Die Pastete!

SCHAUNARD
... Ich stell mich vor ...
„Bin ich genehm Euch?" frag' ich ...
„Wann fangen wir die Stunden an?"
Die Antwort: „Gut, schau'n
Sie hierher!" ('nen Papagei zeigt er
mir im ersten Stock), und er näselt:
„Spielen sollen Sie, bis
der Vogel krepiert."

RODOLFO
Lasset den Saal im Licht erstrahlen!

MARCELLO
Hier sind die Kerzen.

SCHAUNARD
Und so geschah's!
Ich spielt' drei Tage lang ...
Dann hab ich klug bestochen
durch mein gentiles Wesen
die Dienerin des Hauses.
Dem Vogel bracht ich Schierling bei, ...

MARCELLO
Ohn' Tischtuch soll man essen?
RODOLFO
Non ! J'ai une idée !
(Il sort un journal de sa poche.)

COLLINE et MARCELLO
Le Constitutionnel !

RODOLFO
Un excellent journal :
on mange tout en dévorant un article !

SCHAUNARD
...Jacquot étendit les ailes,
Jacquot ouvrit le bec,
un petit peu de persil ;
et tel Socrate, il mourut !

COLLINE
(à Schaunard)
Qui ça ?...

SCHAUNARD
Que le diable vous emporte tous !
Mais que faites-vous donc ?
Non ! Ces provisions
seront nos réserves
pour les sombres et obscurs
jours à venir.
Dîner à la maison, la veille de Noël ?
Alors que le Quartier Latin décore
ses rues de saucisses et de friandises ?
Lorsqu'une odeur de beignet embaume
les vieilles avenues ?
Où chantent, joyeuses, les jeunes filles...
 
RODOLFO
Ich weiß Rat!
(Er zieht eine Zeitung aus der Tasche.)

MARCELLO und COLLINE
Der Constitutionnel!

RODOLFO
Bestes Papier ...
Man ißt und trinkt vom Feuilleton.

SCHAUNARD
... Und weit die Flügel spreizend,
den Schnabel sperrt er auf!"
Und er beschloß wie Sokrates
durch Gift den Lebenslauf.

COLLINE
(Zu Schaunard)
Wer?

SCHAUNARD
Euch hole zusammen gleich der Teufel ...
Was soll das heißen?
Nein! Hier diese Speisen
dienen erst dann dem Magen,
wenn wir in Not sind einst,
in schlimmen Tagen!
Zu Hause essen? Am heil'gen Weihnachtsabend?
Wo das Quartier Latin die Straßen ziert
mit Leckereien und Wurst in ganzen Lasten?
Während der Duft von frischem Kuchen
köstlich und süß die Luft durchzieht,
und junge Mädchen glücklich singen ...
TOUS
La veille de Noël !

SCHAUNARD
Et chacune d'elle a son étudiant !
Un peu de religion, messieurs, s'il vous plaît !
On boit à la maison, mais on dîne dehors !
(Ils versent le vin. On frappe à la porte.)

BENOÎT
(de l'extérieur)
Je peux ?

MARCELLO
Qui est là ?

BENOÎT
Benoît !

MARCELLO
Notre propriétaire !

SCHAUNARD
Fermons-lui la porte au nez.

COLLINE
Il n'y a personne !

SCHAUNARD
C'est fermé !

BENOÎT
Je voudrais vous dire un mot.
 
ALLE
Es weihnachtet gar sehr!

SCHAUNARD
Doch als ihr Echo haben sie Studenten!
Ein bißchen Religion, o meine Herren!
Hier dürft ihr trinken, essen außer Haus!
(Sie schenken Wein ein. Es klopft.)

BERNARD
(draußen)
Ist's erlaubt?

MARCELLO
Wer ist da?

BERNARD
Bernard - ich!

MARCELLO
Der Besitzer des Hauses!

SCHAUNARD
Hand auf den Mund ...

COLLINE
's ist niemand hier!

SCHAUNARD
Verschlossen!

BERNARD
Bitte, ein Wort nur!
SCHAUNARD
(après avoir consulté les autres, est allé ouvrir)
Un seul !
(Benoît entre.)

BENOÎT
(montrant un papier)
Loyer !

MARCELLO
Holà ! Un siège.

RODOLFO
Et vite.

BENOÎT
Ce n'est pas la peine. Je voudrais...

SCHAUNARD
Asseyez-vous.

MARCELLO
Vous boirez bien quelque chose ?

BENOÎT
Merci.

RODOLFO et COLLINE
À votre santé !

SCHAUNARD
Buvez.
(Benoît pose son verre et se tourne vers Marcello,
lui montrant son papier.)

 
SCHAUNARD
(berät sich mit den anderen und öffnet)
Eins nur!
(Bernard tritt ein.)

BERNARD
(zeigt ein Papier)
Die Miete!

MARCELLO
Heda! Schnell einen Stuhl her ...

RODOLFO
Eilt Euch!

BERNARD
Ganz unmöglich ... Ich möcht nur ...

SCHAUNARD
Ein Stuhl!

MARCELLO
Trinken Sie?

BERNARD
Danke.

RODOLFO und COLLINE
Sehr zum Wohl!

SCHAUNARD
Prost!
(Bernard hat sein Glas hingesetzt und zeigt Marcello
das Papier.)
BENOÎT
Voici
le dernier terme...

MARCELLO
J'en suis ravi.

BENOÎT
Et par conséquent...

SCHAUNARD
Encore une goutte ?

BENOÎT
Merci !

LES QUATRE AMIS
À votre santé !

BENOÎT
(reprenant sa conversation avec Marcello)
Je m'adresse à vous
parce que le trimestre passé
vous m'avez promis...

MARCELLO
J'ai promis et je tiens parole.
(Il indique à Benoît les écus restés sur la table.)

RODOLFO
(bas à Marcello)
Que fais-tu ?

SCHAUNARD
Tu es fou ?
 
BERNARD
... 's ist der Letzte
des Quartals.

MARCELLO
Ach, das freut mich!

BERNARD
Und deshalb ...

SCHAUNARD
Nur einen Schluck noch!

BERNARD
Danke.

ALLE VIER
Sehr zum Wohl! Zum Wohle!

BERNARD
(wieder zu Marcello)
Ich komme, weil Sie
mir am letzten Zahltag
versprochen ...

MARCELLO
Was ich versprach, das halt ich!
(Er zeigt Bernard das auf dem Tisch liegende Geld.)

RODOLFO
(leise zu Marcello)
Was tust du?

SCHAUNARD
Bist du toll?
MARCELLO
(à Benoît, sans faire attention à eux)
Vous avez vu ? Maintenant, tenez,
restez un instant en notre compagnie.
Dites-moi : quel âge avez-vous,
mon cher Monsieur Benoît ?

BENOÎT
Quel âge ? De grâce !

RODOLFO
Oh, à peu près notre âge.

BENOÎT
Plus, beaucoup plus !
(Ils lui remplissent son verre.)

COLLINE
Il a dit à peu près.

MARCELLO
L'autre soir, chez Mabille...
on vous a pincé en fâcheuse posture.

BENOÎT
Moi ?

MARCELLO
L'autre soir, chez Mabille...
Osez nier !

BENOÎT
C'était un pur hasard.
 
MARCELLO
(zu Bernard, ohne die Freunde zu beachten)
Das Geld ist da! Doch bleiben Sie
noch ein Weilchen in unserer Gesellschaft.
Sagen Sie, wie alt sind Sie,
lieber Herr Bernard, na? ...

BERNARD
Wie alt? Du guter Gott!

RODOLFO
So alt etwa wie wir.

BERNARD
Viel mehr - Sie raten schlecht.
(Sie füllen sein Glas erneut.)

COLLINE
Er meint nur ungefähr ...

MARCELLO
Gestern abend bei Mabille
fand man ihn beim Liebesspiel ...

BERNARD
Ich?

MARCELLO
... fand man ihn beim Liebesspiel ...
Ja, Sie!

BERNARD
Nur Zufall ...
MARCELLO
Une belle femme !

BENOÎT
(à moitié gris)
Ah ! Très !

SCHAUNARD puis RODOLFO
Brigand !

COLLINE
Séducteur !
Un chêne !...un canon !...

RODOLFO
Le bougre a du goût !

MARCELLO
La crinière fauve et bouclée.
Et lui qui jubilait, plein de sève et d'orgueil !

BENOÎT
Je suis vieux, mais robuste.

COLLINE, SCHAUNARD, RODOLFO
Et lui qui jubilait, plein de sève et d'orgueil !

MARCELLO
La vertu féminine
ne fit pas long feu.
 
MARCELLO
Recht hübsch, das Weibchen!

BERNARD
(halbbetrunken)
Ganz reizend!

SCHAUNARD, dann RODOLFO
Du Spitzbub'!

COLLINE
Ha, Verführer!
Eine Eiche! 'ne Kanone!

RODOLFO
Das nenn' Geschmack ich.

MARCELLO
Gelocket die roten Haare.
Ein Bild der Kraft, und stolz der Sieger.

BERNARD
Bin alt zwar, aber rüstig.

COLLINE, SCHAUNARD und RODOLFO
Aber zuviel der Liebe, ei, das büßt sich ...

MARCELLO
Es fiel durch ihn
die tugendreichste Frau.
 
BENOÎT
Timide dans ma jeunesse,
maintenant je me rattrape !
Vous savez, c'est tellement charmant
une petite femme joyeuse...et...un peu...
Je ne dis pas une baleine,
ni une mappemonde,
ni un visage rond comme une pleine lune.
Mais, maigre, vraiment maigre, ça non, jamais !
Avec les maigres, on n'a que des soucis
et le plus souvent...par-dessus la tête...
Et elles ont tout le temps quelque chose
qui ne va pas, comme, par exemple...
...ma femme !
(Marcello, feignant l'indignation, se lève, imité par les
autres.)


MARCELLO
Cet homme est marié
et son cœur héberge d'obscènes désirs !

LES AUTRES
Horreur !

RODOLFO
Et il contamine et corrompt
notre honnête demeure !

LES AUTRES
Dehors !

MARCELLO
Que l'on brûle du sucre !

COLLINE
Que l'on chasse l'infâme !
 
BERNARD
Einst war ich schüchtern sehr,
nach hol' ich das Versäumte,
gesteh', daß von schönen Weibern
ich gerne träumte.
Jedoch: nicht soll dem Walfisch
noch dem Globus sie gleichen,
oder dem Vollmond ihr feist' Gesicht ...
doch die Magern, grad' die Magern, mag ich nicht.
Bös' sind die mageren Frauenzimmer,
sie quälen Männer immer ...
Darum traue ich keiner,
auch zum Beispiel ...
... meiner Frau!
(Marcello spielt Entrüstung, die anderen fallen ein.)


MARCELLO
Der Mann ist beweibt
und sucht sünd'gen Zeitvertreib.

DIE ANDEREN
O Schmach!

RODOLFO
Es ist ein Graus!
Er vergiftet dies ehrbare Haus.

DIE ANDEREN
Hinaus!

MARCELLO
Man räuchere aus den frommen Saal.

COLLINE
Werft den Lump hinaus!
SCHAUNARD
C'est la morale offensée qui vous repousse !

BENOÎT
Mais, écoutez...

LES AUTRES
Silence !

BENOÎT
Messieurs...

LES AUTRES
Silence ! Partez, monsieur !
Hors d'ici ! Et bien le bonsoir
à Votre Seigneurie ! Ah ! Ah ! Ah
(Ils poussent Benoît dehors. Marcello referme la porte.)

MARCELLO
J'ai payé le terme.

SCHAUNARD
Momus nous attend au Quartier Latin.

MARCELLO
Vivent ceux qui dépensent !

SCHAUNARD
Partageons le butin !

LES AUTRES
Partageons !
(Ils se partagent les écus.)
 
SCHAUNARD
Flieht die beleidigte Moral!

BERNARD
Ich ... ach ...

DIE ANDEREN
Ruhe!

BERNARD
Ihr Herren!

DIE ANDEREN
Still! Sie sind erkannt!
Hinaus! Hinaus! Und schönen Gruß
an Ihre liebe Frau! Haha!
(Bernard verschwindet, Marcello schließt die Tür.)

MARCELLO
So zahl ich die Miete.

SCHAUNARD
Zum Quartier Latin! Zu Momus!

MARCELLO
Hoch dem, der dort zahlt!

SCHAUNARD
Wir teilen die Beute!

DIE ANDEREN
Wir teilen!
(Sie teilen das Geld untereinander.)
MARCELLO
(présentant à Colline un miroir)
Là-dessous se cachent des trésors descendus du ciel.
Maintenant que tu es riche, sacrifie aux convenances !
Rase ton pelage, espèce d'ours.

COLLINE
Je vais, pour la première fois,
faire la connaissance d'un barbier.
Menez-moi donc au ridicule
outrage du rasoir.

TOUS
En route.

RODOLFO
Je reste
pour terminer mon article
de fond pour le Castor.

MARCELLO
Fais vite.

RODOLFO
Cinq minutes. Je connais mon métier.

COLLINE
Nous t'attendrons en bas chez le concierge.

MARCELLO
Si tu tardes, tu entendras un de ces chœurs !

RODOLFO
Cinq minutes.
 
MARCELLO
(zeigt Colline einen Spiegel)
Manche Schöne gibt's, Himmel entsprossen,
jetzt, da du endlich reich, such unverdrossen,
Bär! Doch streich dir erst den Pelz glatt.

COLLINE
Ich will zum ersten Male
dem Bartscher opfern.
Wird mein Aussehen besser,
ertrag ich das Gekratze mit dem Messer!

ALLE
Geh'n wir!

RODOLFO
Ich bleibe, um noch zuvor
zu enden den Artikel
für die Zeitung.

MARCELLO
Doch eil' dich!

RODOLFO
Fünf Minuten. Ich kenne mein Handwerk.

COLLINE
Wir warten unten beim Portier.

MARCELLO
Wenn du zu spät kommst, weh dir!

RODOLFO
Fünf Minuten.
SCHAUNARD
Taille-lui la queue bien courte à ton Castor !
(Rodolfo saisit une chandelle et ouvre la porte ; les
autres sortent et descendent l'escalier.)


MARCELLO
(du dehors)
Regardez où vous allez.
Tiens-toi à la rampe.

RODOLFO
(levant la chandelle)
Doucement.

COLLINE
Il fait un noir d'encre !

SCHAUNARD
Maudit concierge !

COLLINE
Patatras !

RODOLFO
Colline, tu es mort ?

COLLINE
(d'en bas)
Pas encore.

MARCELLO
Viens vite !
(Rodolfo referme la porte, dépose la chandelle sur la
table, et se met à écrire. Mais il déchire sa feuille et
jette sa plume.)

 
SCHAUNARD
Kürz' nur dreist den Artikel für dein Blatt.
(Rodolfo nimmt eine Kerze vom Tisch und öffnet die
Tür. Die Freunde treten hinaus.)


MARCELLO
(draußen)
Paßt auf, die Treppe,
haltet das Geländer!

RODOLFO
(leuchtet mit erhobenem Licht)
Nur langsam!

COLLINE
Es ist stockdunkel.

SCHAUNARD
Der Portier sei verflucht.

COLLINE
Zum Teufel!

RODOLFO
Colline! Bist du tot?

COLLINE
(von unten)
Nein, noch nicht!

MARCELLO
Mach' vorwärts!
(Rodolfo macht die Tür zu, stellt das Licht auf den Tisch
und beginnt zu schreiben. Plötzlich wirft er die Feder
weg.)
RODOLFO
Je ne suis pas inspiré.
(On frappe timidement à la porte.)
Qui est là ?

MIMÌ
(du dehors)
Excusez-moi.

RODOLFO
Une femme !

MIMÌ
S'il vous plaît,
ma chandelle s'est éteinte.

RODOLFO
(courant ouvrir)
Me voici.

MIMÌ
(sur le pas de la porte, une bougie éteinte et une clef à
la main)

Pourriez-vous... ?

RODOLFO
Entrez un instant.

MIMÌ
Ce n'est pas la peine.

RODOLFO
Je vous en prie, entrez.
(Mimì entre et est prise d'étouffement.)
Vous vous trouvez mal ?
 
RODOLFO
Ich bin nicht aufgelegt.
(Es klopft leise an die Tür.)
Wer klopft?

MIMÌ
(draußen)
Verzeihung.

RODOLFO
Eine Dame!

MIMÌ
Ich bitte ... mir erlosch
die Kerze ...

RODOLFO
(die Tür öffnend)
Bitte!

MIMÌ
(erscheint auf der Schwelle und hält einen Leuchter
und einen Schlüssel in der Hand)

Seien Sie so gut ...

RODOLFO
Setzen Sie sich doch bitte.

MIMÌ
's ist nicht nötig ...

RODOLFO
Ich bitte, treten Sie ein.
(Mimì tritt ein, bekommt aber sogleich einen Erstickungsanfall.)
Ist Ihnen schlecht?
MIMÌ
Non...ce n'est rien.

RODOLFO
Elle pâlit !

MIMÌ
Je suis à bout de souffle...cet escalier...
(Elle s'évanouit et Rodolfo a à peine le temps de la
soutenir et de la déposer sur une chaise, tandis que le
bougeoir et la clef roulent des mains de Mimì.)


RODOLFO
Et qu'est-ce que je fais, maintenant ?
(Il va chercher de l'eau et bassine les tempes de Mimì.)
Voilà !
Comme elle a l'air malade
(Mimì revient à elle.)
Vous vous sentez mieux ?

MIMÌ
Oui.

RODOLFO
Mais il fait si froid ici.
Mettez-vous tout près du feu.
(Il la fait asseoir près de la cheminée.)
Attendez...un peu de vin.

MIMÌ
Merci.

RODOLFO
Tenez.
 
MIMÌ
Nein, 's ist nichts!

RODOLFO
Diese Blässe!

MIMÌ
O, der Atem - diese Treppen ...
(Sie fällt in Ohnmacht; Rodolfo fängt sie auf und setzt
sie sanft auf einen Stuhl. Leuchter und Schlüssel
entfallen ihr.)


RODOLFO
Und was soll ich nun machen?
(Er holt Wasser und spritzt es Mimì ins Gesicht.)
So!
Wie leidend sind die Züge!
(Mimì kommt zu sich.)
Ist Ihnen besser?

MIMÌ
Ja!

RODOLFO
Hier ist's kalt im Zimmer.
Geh'n Sie zum Ofen.
(Er hilft ihr in einen Sessel am Ofen.)
Ein Einfall! Ein bißchen Wein hilft ...

MIMÌ
Danke!

RODOLFO
So, hier.
MIMÌ
Rien qu'une goutte.

RODOLFO
Comme ceci ?

MIMÌ
Merci.

RODOLFO
(Comme elle est jolie !)

MIMÌ
(se levant)
Maintenant, si vous vouliez
rallumer ma bougie.
Le malaise est passé.

RODOLFO
Vous êtes si pressée ?

MIMÌ
Oui.
(Rodolfo rallume la bougie de Mimì et la lui tend.)
Merci. Bonsoir.

RODOLFO
Bonsoir !
(À peine sortie, Mimì reparaît sur le pas de la porte.)

MIMÌ
Oh ! quelle étourdie je fais !
La clef de ma chambre !
Où l'ai-je laissée ?
 
MIMÌ
Nicht so viel, Herr!

RODOLFO
Bitte.

MIMÌ
Danke.

RODOLFO
(Welch liebliches Mädchen!)

MIMÌ
(sich erhebend)
Bitte, erlauben Sie mir,
Licht zu nehmen.
Mir ist viel besser!

RODOLFO
Ist's so eilig?

MIMÌ
Ja!
(Rodolfo zündet das Licht an und überreicht es Mimì.)
Danke! Guten Abend!

RODOLFO
Guten Abend!
(Mimì geht zur Tür, kehrt aber noch einmal ins Zimmer zurück.)

MIMÌ
Ach wie dumm, wie vergeßlich!
Den Wohnungsschlüssel
hab' ich vergessen.
RODOLFO
Ne restez pas sur le pas de la porte :
le courant d'air va souffler votre bougie.
(La bougie de Mimì s'éteint.)

MIMÌ
Ah ! mon Dieu ! Pouvez-vous la rallumer ?
(Rodolfo accourt, avec sa chandelle, mais en
approchant de la porte, sa bougie s'éteint aussi et la
chambre est plongée dans l'obscurité.)


RODOLFO
Ah ! mon Dieu ! voilà la mienne qui s'éteint aussi.

MIMÌ
Ah ! Et ma clef ?

RODOLFO
Il fait un noir d'encre !

MIMÌ
Pauvre de moi !

RODOLFO
Où peut-elle être ?

MIMÌ
Votre voisine est bien ennuyeuse...

RODOLFO
Allons donc !

MIMÌ
Votre voisine est bien ennuyeuse...
 
RODOLFO
Bleiben Sie nicht auf der Schwelle:
Die Kerze flackert im Zugwind.
(Ihre Kerze verlöscht.)

MIMÌ
Ach Gott, Herr! Sind sie nochmal so gut?
(Rodolfo kommt schnell mit seinem Licht zurTüre, aber
der Wind löscht nun auch dieses aus. Das Zimmer ist
ganz dunkel.)


RODOLFO
O Gott! Mein Licht ist nun auch aus.

MIMÌ
Ach! Und wo ist der Schlüssel?

RODOLFO
Dichtes Dunkel!

MIMÌ
Wie! Ich Pechvogel!

RODOLFO
Wo mag er sein?

MIMÌ
Ich falle Ihnen zur Last ...

RODOLFO
Ganz und gar nicht!

MIMÌ
Ich falle Ihnen zur Last.
RODOLFO
Que dites-vous, allons donc !

MIMÌ
Cherchez !...

RODOLFO
Je cherche.
(Ils tâtent le plancher avec leurs mains en cherchant.)

MIMÌ
Où peut-elle être ?

RODOLFO
Ah !
(Il trouve la clef et l'empoche.)

MIMÌ
Vous l'avez trouvée ?

RODOLFO
Non.

MIMÌ
J'avais cru...

RODOLFO
Je vous assure !

MIMÌ
Vous cherchez ?
 
RODOLFO
Aber warum, ganz und gar nicht.

MIMÌ
Suchen Sie!

RODOLFO
Ich such'!
(Beide suchen auf dem Boden nach dem Schlüssel.)

MIMÌ
Wo mag er sein?

RODOLFO
Ha!
(Er findet den Schlüssel und steckt ihn ein.)

MIMÌ
Ah, gefunden?

RODOLFO
Nein.

MIMÌ
Ich dachte ...

RODOLFO
Nein, wirklich nicht!

MIMÌ
Suchen Sie?
RODOLFO
Je cherche !
(Guidé par la voix de Mimì, Rodolfo fait semblant de
chercher tout en se rapprochant d'elle. La main de
Rodolfo trouve celle de Mimì et la saisit.)


MIMÌ
(surprise)
Ah !
(Ils se redressent, sans que Rodolfo lâche la main de Mimì.)

RODOLFO
Votre petite main est glacée !
Laissez-moi la réchauffer.
À quoi bon chercher ?
Dans le noir, nous ne trouverons rien.
Mais, heureusement,
ce soir la lune luit ;
et la lune, ici, est notre voisine.
Tenez, mademoiselle,
je vais vous dire en deux mots
qui je suis, ce que je fais et comment je vis.
Voulez-vous ?
(Mimì ne répond pas.)
Qui je suis ? Je suis un poète.
Ce que je fais ? J'écris.
Et comment je vis ? Je vis.
Dans ma joyeuse pauvreté,
je gaspille en grand seigneur
les rimes et les hymnes d'amour.
Pour ce qui est des rêves, des chimères
et des châteaux en Espagne,
j'ai une âme de millionnaire.
RODOLFO
Sicher!
(Er stellt sich suchend, trachtet aber nur, ihrer Stimme
folgend, sich Mimì zu nähern. Dann erfaßt er ihre Hand
und hält sie fest.)


MIMÌ
(überrascht)
Ah!
(Sie erheben sich. Rodolfo hält weiter Mimìs Hand in der seinen.)

RODOLFO
Wie eiskalt ist dies Händchen!
Lassen Sie, ich wärme es.
Was nutzt das Suchen?
Zum Finden ist's zu dunkel,
bis erst der Vollmond am Himmel emporsteigt
und überstrahlet der Sterne Gefunkel.
Erlauben Sie, mein Fräulein,
daß ich kurz Bericht Euch gebe,
wer ich wohl bin, was ich treibe,
und wie ich hier lebe!
Erlauben Sie's?
(Mimì schweigt.)
Wer ich bin? So hören Sie.
Bin nur ein Dichter.
Und was ich tue? Schreiben!
Und wie ich lebe? Nun, ich lebe!
In diesen armen Räumen
streu' ich als Krösus Verse
und manch' Liedchen umher.
Und leb' in gold'nen Träumen
und bau' mir Luftschlösser,
translated by B. Vierne
 
 
🎼

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