Il barbiere di Siviglia

by Gioachino Rossini libretto (Italian French)


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Personaggi

Il Conte d'Almaviva - tenore
Don Bartolo, dottore in medicina, tutore di Rosina - basso buffo
Rosina - contralto
Figaro, barbiere - baritono
Don Basilio, maestro di musica di Rosina, ipocrita - basso
Berta vecchia governante in casa di Bartolo - soprano
Fiorello, servitore di Almaviva - baritono
Ambrogio, servitore di Bartolo
Un ufficiale, un alcalde, un notaro, agenti di polizia, soldati, suonatori





Ouverture



Personnages

Le comte Almaviva, amoureux de Rosina (ténor)
Bartolo, docteur en médecine (basse)
Rosina, pupille de Bartolo (mezzo-soprano)
Figaro, barbier (baryton)
Basilio, maître de musique de Rosina (basse)
Berta, femme de chambre de Bartolo (soprano)
Fiorello, domestique du comte Almaviva (basse)
Ambrogio
Domestiques, musiciens, soldats, un officier.






Ouverture




ATTO PRIMO

Scena prima

Una piazza di Siviglia

(A sinistra è la casa di Don Bartolo, con balcone.
Spunta l'alba. Fiorello, con una lanterna in mano,
introduce vari suonatori; indi il Conte Almaviva
avvolto in un mantello.)


FIORELLO
Piano, pianissimo, senza parlar,
tutti con me venite qua.

SUONATORI
Piano, pianissimo, eccoci qua.

FIORELLO
Tutto è silenzio, nessun qui sta
che i nostri canti possa turbar.
(Il Conte Almaviva entra.)

CONTE
Fiorello...Olà!

FIORELLO
Signor, son qua.

PREMIER ACTE

Première scène

Une place à Séville
(A gauche, la maison du docteur Bartolo, avec
une fenêtre à balcon. C'est l'aube. Fiorello,
s'éclairant avec une lanterne, introduit des
musiciens ; quelques instants plus tard, le comte
Almaviva arrive, enveloppé de son manteau.)


FIORELLO
Piano, pianissimo, sans souffler mot,
venez ici tous avec moi.

LES MUSICIENS
Piano, pianissimo, nous voici tous !

FIORELLO
Tout est silence. Il n'y a personne ici
que nos chants puissent troubler.
(Le comte Almaviva entre.)

LE COMTE
Fiorello, holà !

FIORELLO
Seigneur, me voilà !

CONTE
Ebben!...gli amici?

FIORELLO
Son pronti già.

CONTE
Bravi, bravissimi, fate silenzio;
piano, pianissimo, senza parlar.

SUONATORI
Piano, pianissimo, senza parlar.

FIORELLO
Senza parlar, venite qua.

CONTE
Piano, senza parlar.
(I suonatori accordano gli strumenti ed il Conte
canta accompagnato da loro.)
Ecco ridente in cielo
spunta la bella aurora,
e tu non sorgi ancora
e puoi dormir così?
Sorgi, mia dolce speme,
vieni bell'idol mio,
rendi men crudo, oh Dio,
lo stral che mi feri.
Oh sorte! già veggo
quel caro sembiante,
quest'anima amante
ottenne pietà!
Oh, istante d'amore!
Felice momento!

LE COMTE
Et les amis ?

FIORELLO
Sont tous ici.

LE COMTE
Bravo, bravissimo, faites silence.
Piano, pianissimo, ne soufflez mot.

LES MUSICIENS
Piano, pianissimo, ne soufflez mot.

FIORELLO
Piano, pianissimo, ne soufflez mot.

LE COMTE
Piano, ne soufflez mot.
(Les musiciens accordent leurs instruments et le
comte chante.)
Au ciel riant
pointe la belle aurore,
et tu ne viens pas encore.
Peux-tu dormir ?
Viens, mon doux espoir,
viens, mon idole,
apaiser la douleur
du trait qui m'a frappé.
Oh, bonheur ! déjà je vois
son cher et doux visage.
Mon cœur aimant
a obtenu grâce.
Oh ! instant des amours,
moment divin,

Oh, dolce contento
che egual non ha!
Ehi, Fiorello?

FIORELLO
Mio signore...

CONTE
Di', la vedi?

FIORELLO
Signor no.

CONTE
Ah, ch'è vana ogni speranza!

FIORELLO
Signor Conte, il giorno avanza.

CONTE
Ah, che penso! Che farò?
Tutto è vano. Buona gente!

SUONATORI (sottovoce)
Mio signor...

CONTE
Avanti, avanti.
(Dà una borsa a Fiorello che distribuisce a tutti.)
Più di suoni, più di canti
io bisogno ormai non ho.

oh ! doux contentement,
joie sans pareille !
Eh bien, Fiorello ?

FIORELLO
Monseigneur...

LE COMTE
La vois-tu ?

FIORELLO
Non, monseigneur.

LE COMTE
Ah ! toute espérance est vaine !

FIORELLO
Monseigneur, le jour avance.

LE COMTE
Ah ! que penser, que faire ?
Tout est vain. Bonnes gens !
LES MUSICIENS (à mi-voix)
Monseigneur...

LE COMTE
Avancez donc...
(Il donne une bourse à Fiorello qui distribue
l'argent.)

Ni de vous, ni de chansons
je n'ai plus besoin, hélas !

FIORELLO
Buona notte a tutti quanti.
Più di voi che far non so.
(I suonatori circondano il Conte, lo ringraziano e
gli baciano la mano. Egli, indispettito per lo
strepito che fanno, li caccia via. Fiorello fa lo
stesso.)

SUONATORI
Mille grazie, mio signore,
del favore, dell'onore.
Ah! di tanta cortesia
obbligati in verità!
Oh, che incontro fortunato!
È un signore di qualità.

CONTE
Basta, basta, non parlate,
ma non serve, non gridate,
maledetti, andate via!
Ah, canaglia, via di qua!
Tutto quanto il vicinato
questo chiasso sveglierà.

FIORELLO
Zitti, zitti, che rumore!
Maledetti, via di qua!
Ve' che chiasso indiavolato,
ah, che rabbia che mi fa!
Maledetti, andate via,
ah, canaglia, via di qua!
(I suonatori partono.)

CONTE
Gente indiscreta!

FIORELLO
Bonne nuit à vous tous,
je n'ai plus besoin de vous.
(Les musiciens entourent le comte, le remercient
et lui baisent la main. Mécontent de ce bruit, il
les chasse, aidé de Fiorello.)
LES MUSICIENS
Mille grâces, monseigneur,
pour ce cadeau, pour cet honneur !
de tant de générosité
nous vous sommes fort obligés.
Oh ! quelle heureuse rencontre !
C'est un seigneur de qualité.

LE COMTE
Assez, assez, ne parlez plus.
Il ne sert à rien de crier.
Allez tous au diable !
Partez, canailles !
Tous les gens du voisinage
vont s'éveiller à ce tapage.

FIORELLO
Taisez-vous, donc, ah ! que de bruit !
Partez, allez au diable,
cessez ce satané tapage !
vous me rendez enragé,
allez au diable, filez !
Sauvez-vous donc, canailles !
(Les musiciens s'éloignent.)

LE COMTE
Race indiscrète !

FIORELLO
Ah, quasi con quel chiasso importuno
tutto quanto il quartiere
han risvegliato.
Alfin sono partiti.
(Si ritira.)

FIGARO (dietro le quinte)
La la la la la la la la la la.

CONTE
Chi è mai quest'importuno?
Lasciamolo passar;
sotto quegli archi non veduto
vedrò quanto bisogna.
Già l'alba appare
e amor non si vergogna.
(Si nasconde. Figaro entra con una chitarra
appesa al collo.)

FIGARO
La ran la le ra, la ran la la.
Largo al factotum della città!
La ran la la, ecc.
Presto a bottega
che l'alba è già.
La ran la la, ecc.
Ah, che bel vivere,
che bel piacere,
per un barbiere
di qualità.
Ah, bravo Figaro,
bravo, bravissimo, bravo!
La ran la la, ecc.

FIORELLO
Avec tout ce bruit importun
tous les gens du quartier
se sont éveillés.
Enfin, les voilà partis !
Il se retire.)

FIGARO (chantant dans la coulisse)
La la la la la la la la la.

LE COMTE
Qui est cet importun ?
Laissons-le passer !
Caché sous ces arcades,
je verrai suffisamment.
Le ciel s'éclaire déjà,
et l'amour n'a point de honte.
(Il se cache sous le portique. Figaro entre avec sa
guitare en bandoulière.)

FIGARO
La ran le ra, la ran la la.
Place au factotum de la ville !
La ran la la, etc.
Vite à la boutique,
car le jour est là !
La ran la la, etc.
Qu'il fait bon vivre
et quel plaisir
pour un barbier
de qualité
Ah, bravo Figaro,
bravo, vraiment bravo !
La ran la la, etc.

Fortunatissimo
per verità. Bravo!
La ran la la, ecc.
Pronto a far tutto,
la notte, il giorno,
sempre d'intorno
in giro sta.
Miglior cuccagna
per un barbiere,
vita più nobile,
no, non si dà.
La la ran la la ran la, ecc.
Rasori e pettini,
lancette e forbici,
al mio comando
tutto qui sta.
V'è la risorsa
poi del mestiere,
colla donnetta,
col cavaliere...
La la ran la...la...la.
Ah, che bel vivere,
che bel piacere,
per un barbiere
di qualità.
Tutti mi chiedono,
tutti mi vogliono,
donne, ragazzi,
vecchi, fanciulle.
Qua la parrucca,
presto la barba,
qua la sanguigna,
presto il biglietto.
Tutti mi chiedono,
tutti mi vogliono.

Vous avez bien de la chance,
en vérité, bravo !
La ran la la, etc.
Prêt à tout faire,
la nuit, le jour,
toujours dispos,
je cours partout.
Meilleure chance
pour un barbier,
vie plus noble
n'est pas possible.
La la ran la la ran la,
Rasoir et peigne,
lancette, ciseaux !
A mon commandement
tous en action.
Et j'ai encore affaire,
dans mon métier
à la belle,
au cavalier...
La la ran la...la...la.
Qu'il fait bon vivre,
et quel plaisir
pour un barbier
de qualité !
Tous me veulent,
tous me poursuivent,
femmes, garçons,
vieillards, fillettes !
Mes postiches !
Vite ! la barbe !
Une saignée,
vite ! un billet !
Tous me veulent,
tous me poursuivent.

Qua la parrucca,
presto la barba,
presto il biglietto.
Ehi, Figaro, Figaro, Figaro, ecc.
Ahimè! Che furia!
Ahimè! che folla!
Uno alla volta,
per carità.
Ehi, Figaro; son qua!
Figaro qua, Figaro là,
Figaro su, Figaro giù.
Pronto, prontissimo
son come il fulmine,
sono il factotum della città.
Ah, bravo, Figaro,
bravo, bravissimo,
A te la for tuna
non mancherà.
La la ran la, ecc.
Sono il factotum della città.
Ah, che bella vita!
Faticar poco, divertirsi assai,
e in tasca sempre aver
qualche doblone,
gran frutto della mia reputazione.
Ecco qua; senza Figaro
non si accasa in Siviglia una ragazza;
a me la vedovella ricorre pel marito;
io, colla scusa del pettine di giorno,
della chitarra col favor della notte,
a tutti onestamente, non fo per dir,
m'adatto a far piacere.
Oh, che vita, oh, che mestiere!

mes postiches !
Vite ! la barbe !
Vite ! un billet !
Eh ! Figaro, Figaro, Figaro, etc.
Quelle furie !
Ah ! c'est folie,
un seul à la fois
par charité !
Figaro...Voilà !
Figaro, ci ! Figaro, là !
Figaro, ci ! Figaro, là !
Aussi rapide
que l'éclair,
je suis le factotum de la ville.
Ah ! bravo Figaro,
bravo, vraiment.
Ta bonne étoile
ne te manquera pas.
La la ran la, etc.
Je suis le factotum de la ville.
Ah ! quelle belle vie !
Se fatiguer peu, s'amuser beaucoup.
Et dans la poche avoir toujours
quelques bons écus,
fruits d'une bonne réputation.
Voilà : sans Figaro, à Séville,
aucune fille ne se marie.
C'est à moi que la veuve s'adresse pour trouver
un mari.
Moi, avec l'excuse du peigne, le jour,
et de la guitare à la faveur de la nuit,
à tout le monde, et honnêtement,
je m'évertue à faire plaisir.

Orsù, presto a bottega -

CONTE
(È desso, oppur m'inganno?)

FIGARO
(Chi sarà mai costui?)

CONTE
(Oh, è lui senz'altro!)
Figaro...

FIGARO
Mio padrone...Oh! Chi veggo!
Eccellenza...

CONTE
Zitto, zitto! Prudenza!
Qui non son conosciuto,
né vo' farmi conoscere.
Per questo ho le mie gran ragioni.

FIGARO
Intendo, intendo, la lascio in libertà.

CONTE
No...

FIGARO
Che serve?

CONTE
No, dico, resta qua.

Ah ! quelle vie ! Quel métier !
Et maintenant, vite au travail...

LE COMTE
(C'est lui, ou je me trompe fort...)

FIGARO
(Qui peut bien être celui-là ?)

LE COMTE
(Ah ! C'est lui sans aucun doute !)
Figaro...

FIGARO
Mon maître...Oh ! que vois-je ?
Excellence !

LE COMTE
Tais-toi ! Prudence !
Ici, je ne suis pas connu
et ne veux pas me faire connaître.
J'ai de bonnes raisons pour cela.

FIGARO
Je comprends ! Je vous laisse.

LE COMTE
Non...

FIGARO
A quoi bon ?

LE COMTE
Non, te dis-je, reste ici.

Forse ai disegni miei
non giungi inopportuno.
Ma cospetto! dimmi un po', buona lana,
come ti trovo qua, poter del mondo!
Ti veggo grasso e tondo...

FIGARO
La miseria, signore!

CONTE
Ah, birbo!

FIGARO
Grazie.

CONTE
Hai messo ancor giudizio?

FIGARO
Oh! e come! Ed ella,
come in Siviglia?

CONTE
Or te lo spiego. Al Prado
vidi un fior di bellezza, una fanciulla,
figlia d'un certo medico barbogio
che qua da pochi di s'è stabilito;
io di questa invaghito,
lasciai patria e parenti;
e qua men venni,
e qui la notte ed il giorno
passo girando a quei balconi intorno.

FIGARO
A quei balconi? Un medico?

Peut-être, pour mes desseins,
n'arrives-tu pas mal à propos.
Mais voyons, dis-moi donc, bon larron,
comment te trouves-tu ici ? Sacrebleu !
Je te vois gros et gras...

FIGARO
C'est la misère, monseigneur !

LE COMTE
Ah ! menteur !

FIGARO
Merci !

LE COMTE
Es-tu devenu plus sérieux ?

FIGARO
Certainement ! Et comment Votre Excellence
vous trouvez-vous à Séville ?

LE COMTE
Je vais te le dire. Au Prado,
j'ai vu une fleur de beauté, la jeune
fille d'un certain médecin gâteux
qui s'est établi ici récemment.
Je suis amoureux d'elle,
j'ai laissé patrie et famille,
et je suis ici
où, le jour et la nuit,
je me promène sous ce balcon.

FIGARO
Sous ce balcon ? Un docteur ?

Ah, cospetto! siete ben fortunato;
sui maccheroni, il cacio v'è cascato.

CONTE
Come?

FIGARO
Certo. Là dentro io son
barbiere, parrucchier, chirurgo.
Botanico, spezial, veterinario...
Insomma, il faccendier di casa.

CONTE
Oh, che sorte!

FIGARO
Non basta. La ragazza figlia
non è del medico.
È soltanto la sua pupilla.

CONTE
Oh, che consolazione!

FIGARO
Perciò...zitto...

CONTE
Cos'è?

FIGARO
S'apre il balcone...
(Si ritirano sotto il portico. Bartolo entra in scena
dalla porta di casa sua e si ferma a dar ordini.)


Allons ! Vous êtes bien heureux,
vous êtes tombé à pic.

LE COMTE
Comment ?

FIGARO
Certes. Chez eux, je suis tout :
barbier, perruquier, chirurgien,
herboriste, apothicaire, vétérinaire...
l'homme à tout faire de la maison.

LE COMTE
Oh ! quelle chance !

FIGARO
Ce n'est pas tout.
La fille n'est pas celle du docteur,
mais seulement sa pupille.

LE COMTE
Oh ! Je suis rassuré !

FIGARO
Oui, mais...Silence !

LE COMTE
Qu'y a-t-il ?

FIGARO
La porte s'ouvre.
(Ils se retirent sous les arcades. Bartolo sort de
la maison en donnant des ordres au portier.)


BARTOLO
Fra momenti io torno.
Non aprite a nessuno.
Se Don Basilio venisse a ricercarmi,
che m'aspetti.
(Chiude la porta.)
Le mie nozze con lei meglio è affrettare.
Sì, dentr'oggi finir vo' quest'affare.
(Parte.)

CONTE
Dentr'oggi le sue nozze con Rosina!
Ah, vecchio rimbambito!
Ma dimmi or tu, chi è questo Don Basilio?

FIGARO
È un solenne imbroglion di matrimoni,
un collo torto, un vero disperato,
sempre senza un quattrino...
già, è maestro di musica,
insegna alla ragazza.

CONTE
Bene, tutto giova saper.

FIGARO
Ora pensate della bella Rosina
a soddisfar le brame.
In una canzonetta, così alla buona
il tutto spiegatele, signor.

CONTE

BARTOLO
Dans un moment, je reviens
n'ouvrez à personne.
Si Don Basilio sonne,
qu'il m'attende.
(La porte se ferme.)
Il vaut mieux presser mon mariage avec elle.
Tout doit être réglé dans la journée.
(Bartolo s'éloigne.)

LE COMTE
Ses noces avec Rosina ! Aujourd'hui !
Ce vieux est un imbécile !
Mais dis-moi, qui est ce Don Basilio ?

FIGARO
Un solennel intrigant, faiseur de mariages,
un hypocrite, un pauvre hère
toujours sans un liard...
Il est maître de musique
et professeur de la demoiselle.

LE COMTE
Bien, il faut tout savoir !

FIGARO
Maintenant, il faut penser
à satisfaire les désirs de Rosina.
Dans une chanson vous lui direz
ce que déjà elle devine.

LE COMTE

Una canzone?

FIGARO
Certo. Ecco la chitarra.
Presto, andiamo.

CONTE
Ma io...

FIGARO
Oh, che pazienza!

CONTE
Ebben, proviamo...
Se il mio nome saper voi bramate,
dal mio labbro il mio nome ascoltate.
Io son Lindoro,
che fido v'adoro,
che sposa vi bramo,
che a nome vi chiamo,
di voi sempre parlando così
dall'aurora al tramonto del di.
(Rosina appare al balcone.)

ROSINA
Segui, oh caro,
deh, segui così.

FIGARO
Sentite. Ah! che vi pare?

CONTE
Oh, me felice!

Une chanson ?

FIGARO
Certes. Voici la guitare,
vite, allons !

LE COMTE
Mais je...

FIGARO
Ah ! quelle patience !

LE COMTE
Eh bien, essayons...
Si vous voulez savoir mon nom,
Apprenez-le de ma bouche.
Je suis Lindor,
Qui vous adore,
Qui vous voudrait pour épouse,
Qui clame votre nom
Et parle toujours de vous
Depuis l'aurore jusqu'au couchant.
(Rosina apparaît sur le balcon.)

ROSINA
Chante, ami cher,
chante, toujours !

FIGARO
Écoutez. Que vous semble ?

LE COMTE
Quel bonheur !

FIGARO
Da bravo, a voi, seguite.

CONTE
L'amoroso e sincero Lindoro
non può darvi, mia cara, un tesoro.
Ricco non sono,
ma un core vi dono,
un'anima amante
che fida e costante
per voi sola sospira, così
dall'aurora al tramonto del dì.

ROSINA
L'amorosa, sincera Rosina
del suo core Lindo...
(Con un grido si ritira dal balcone.)

CONTE
Oh, cielo!

FIGARO
Nella stanza convien dir che qualcuno
entrato sia. Ella si è ritirata.

CONTE
Ah, cospettone!
Io già deliro, avvampo!
Oh, ad ogni costo
vederla io voglio, vo' parlarle!
Ah, tu, tu mi devi aiutar.

FIGARO

FIGARO
Maintenant, à vous, continuez.

LE COMTE
Ce Lindor, amoureux sincère,
ne peut pas vous donner un trésor.
Il n'est pas riche,
mis il vous donne son cœur,
une âme éprise,
fidèle et constante,
qui pour vous seule respire
depuis l'aurore jusqu'au couchant.

ROSINA
L'amoureuse et sincère Rosina
à Lindor, de tout son cœur...
(Elle s'éloigne du balcon avec un cri.)

LE COMTE
Oh ! ciel !

FIGARO
Il semble bien qu'ici quelqu'un
est entré. Elle s'est retirée...

LE COMTE
Ah ! Damnation,
Je délire, je brûle !
A tout prix,
je veux la voir, je veux lui parler !
Tu dois me seconder.

FIGARO

Ih, ih, che furia!
Si, si, v'aiuterò.

CONTE
Da bravo! Entr'oggi vo' che tu
m'introduca in quella casa.
Dimmi, come farai?
Via, del tuo spirito
vediam qualche prodezza.

FIGARO
Del mio spirito!
Bene, vedrò...ma in oggi...

CONTE
Eh, via! T'intendo.
Va là, non dubitar;
di tue fatiche
largo compenso avrai.

FIGARO
Davver?

CONTE
Parola.

FIGARO
Dunque oro a discrezione?

CONTE
Oro a bizzeffe!
Animo, via!

FIGARO
Son pronto. Ah, non sapete
i simpatici effetti prodigiosi

Ah ! quelle ardeur !...
Soit, je vous aiderai.

LE COMTE
Bravo ! Aujourd'hui même
je veux que tu m'introduises dans cette maison.
Dis-moi, comment feras-tu ?
Allons, de ton esprit
voyons quelque prodige.

FIGARO
De mon esprit ?
Bien, je verrai...Mais aujourd'hui...

LE COMTE
Eh bien ! Je te comprends.
Ne doute pas
que ta peine
sera bien récompensée.

FIGARO
Vraiment ?

LE COMTE
Ma parole.

FIGARO
Donc, de l'or à discrétion ?

LE COMTE
De l'or en quantité.
Allons, va !

FIGARO
Je ferai vite. Vous ne pouvez imaginer
le prodigieux effet que produit sur moi

che ad appagare il mio signor Lindoro
produce in me la dolce idea dell'oro.
All'idea di quel metallo
portentoso, onnipossente,
un vulcano la mia mente
già comincia a diventar, sì.

CONTE
Su, vediamo di quel metallo
qualche effetto sorprendente,
del vulcan della tua mente
qualche mostro singolar, si.

FIGARO
Voi dovreste travestirvi...
per esempio...da soldato...

CONTE
Da soldato?

FIGARO
Si, signore.

CONTE
Da soldato, e che si fa?

FIGARO
Oggi arriva un reggimento.

CONTE
Si, è mio amico il colonello.

FIGARO
Va benon!

la douce idée de l'or
dont me gratifiera le seigneur Lindor.
A l'idée de ce métal
si précieux et tout-puissant,
mon cerveau tel un volcan
commence à faire éruption !

LE COMTE
De ce métal, voyons
les effets surprenants,
et du volcan de tes idées
quelque produit singulier.

FIGARO
Vous devez vous déguiser
par exemple... en militaire...

LE COMTE
En militaire ?

FIGARO
Oui, seigneur !

LE COMTE
En militaire ? Mais pour quoi faire ?

FIGARO
Un régiment arrive aujourd'hui...

LE COMTE
Son colonel est mon ami.

FIGARO
Tant mieux !

CONTE
Eppoi?

FIGARO
Cospetto! Dell'alloggio col biglietto
quella porta s'aprirà.
Che ne dite, mio signore?
Non vi par, non l'ho trovata?
Che invenzione prelibata,
bella, bella in verità!

CONTE
Che invenzione prelibata,
bravo, bravo, in verità!

FIGARO
Piano, piano...un'altra idea!
Veda l'oro cosa fa!
Ubbriaco, mio signor, si fingerà.

CONTE
Ubbriaco?

FIGARO
Si, signore.

CONTE
Ubbriaco? Ma perché?

FIGARO
Perché d'un ch'è poco in sé,
che dal vino casca già,
il tutor, credete a me,
il tutor si fiderà.

LE COMTE
Et puis ?

FIGARO
Voyons. Un billet de logement
et la porte s'ouvrira.
Qu'en pensez-vous, monseigneur ?
N'est-ce pas bien trouvé
quelle invention méritoire,
et belle, belle en vérité !

LE COMTE
L'invention est méritoire,
et belle, belle en vérité !

FIGARO
Piano, piano ! Une autre idée...
Voyez-vous l'effet de l'or !
Faites semblant d'être ivre.

LE COMTE
Ivre ?

FIGARO
Oui, monseigneur.

LE COMTE
Mais pourquoi ?

FIGARO
Parce que d'un homme
un peu pris de vin
le tuteur, croyez-moi,
se méfiera moins.

Che invenzione prelibata,
bella, bella in verità!

CONTE
Che invenzione prelibata,
bravo, bravo, in verità!

CONTE
Dunque?

FIGARO
All'opra.

CONTE
Andiamo.

FIGARO
Da bravo.

CONTE
Vado...Oh, il meglio mi scordavo.
Dimmi un po': la tua bottega,
per trovarti, dove sta?

FIGARO
La bottega?...Non si sbaglia...
guardi bene...eccola là...
Numero quindici, a mano manca,
quattro gradini, facciata bianca,
cinque parrucche nella vetrina,
sopra un cartello, "Pomata Fina",
mostra in azzurro alla moderna,
v'è per insegna una lanterna...
Là senza fallo mi troverà.

L' invention est méritoire,
et belle, belle en vérité !

LE COMTE
L'invention est méritoire,
et belle, belle en vérité !

LE COMTE
Donc ?

FIGARO
A l'œuvre !

LE COMTE
Allons !

FIGARO
Bravement !

LE COMTE
Je pars... Mais, j'oubliais l'essentiel :
Dis-moi donc où est ta boutique,
où je puis te trouver ?

FIGARO
La boutique ? C'est facile.
Regardez bien, la voilà :
numéro quinze, du côté gauche,
quatre marches, façade blanche,
cinq perruques dans la vitrine,
sous l'écriteau « Pommade fine »,
lettres azur de style moderne,
et pour enseigne une lanterne...
Vous ne manquerez pas de m'y trouver.

CONTE
Cinque parrucche.

FIGARO
Una lanterna.
Là senza fallo mi troverà.

CONTE
Ho ben capito.

FIGARO
Or vada presto.

CONTE
Tu guarda bene...

FIGARO
Io penso al resto.

CONTE
Di te mi fido...

FIGARO
Colà l'attendo...

CONTE
Mio caro Figaro...

FIGARO
Intendo, intendo...

CONTE
Porterò meco...

LE COMTE
Cinq perruques.

FIGARO
Une lanterne.
Vous ne manquerez pas de m'y trouver.

LE COMTE
J'ai bien compris.

FIGARO
Allez donc vite !

LE COMTE
Fais attention...

FIGARO
Je pense à tout.

LE COMTE
Je me fie à toi...

FIGARO
Je vous attends...

LE COMTE
Cher Figaro...

FIGARO
J'entends, j'entends...

LE COMTE
J'apporterai...

FIGARO
La borsa piena.

CONTE
Si, quel che vuoi,
ma il resto poi...

FIGARO
Oh, non si dubiti,
che bene andrà.

CONTE
Ah, che d'amore
la fiamma io sento,
nunzia di giubilo
e di contento!
D'ardor insolito
quest'alma accende,
e di me stesso
maggior mi fa.
Ah, che d'amore, ecc.
Ecco propizia
che in sen mi scende,
d'ardor insolito
quest'alma accende
e di me stesso
maggior mi fa.

FIGARO
Delle monete
il suon già sento,
l'oro già viene...
Eccolo qua.
Già viene l'oro,
viene l'argento,

FIGARO
La bourse pleine.

LE COMTE
Soit ! Mais
le solde après...

FIGARO
Oh, ne craignez rien,
tout ira bien.

LE COMTE
Ah, de l'amour
je sens la flamme,
messagère de joie
et de bonheur !
D'une ardeur inconnue
mon âme s'embrase,
et je me sens
devenir plus fort.
Ah, de l'amour, etc.
Le bonheur
descend en moi,
d'une ardeur inconnue
mon âme s'embrase
et je me sens
devenir plus fort.

FIGARO
J'entends tinter
de bons écus,
l'or vient déjà,
il est ici.
L'or arrive,
et puis l'argent ;

in tasca scende...
Eccolo qua.
D'ardore insolito
quest'alma accende,
e di me stesso
maggior mi fa.
(Figaro entra in casa di Bartolo. Il Conte parte.)
Scena seconda
Camera in casa di Bartolo

ROSINA (con una lettera in mano)
Una voce poco fa
qui nel cor mi risuonò.
Il mio cor ferito è già
e Lindoro fu che il piagò.
Si, Lindoro mio sarà,
Io giurai, la vincerò.
Il tutor ricuserà,
io l'ingegno aguzzerò,
alla fin s'accheterà,
e contenta io resterò.
Si, Lindoro ecc.
Io sono docile,
son rispettosa,
sono obbediente,
dolce, amorosa,
mi lascio reggere,
mi fo guidar.
Ma se mi toccano
dov'è il mio debole,
sarò una vipera, sarò,
e cento trappole
prima di cedere farò giocar.
Io sono docile, ecc.

il vient dans ma poche,
je le tiens.
D'une ardeur inconnue
mon âme s'embrase,
et je me sens
devenir plus fort.
(Figaro entre chez Bartolo. Le comte s'éloigne.)
Deuxième scène
Un salon dans la maison de Bartolo

ROSINA (une lettre à la main)
Il a suffi d'une voix
qui retentit dans mon cœur,
mon cœur est déjà pris
et c'est Lindor qui l'a ravi.
Oui, Lindor sera mien,
je le jure, je vaincrai !
Le tuteur refusera,
mais mon ingéniosité
saura bien le désarmer,
et j'aurai satisfaction.
Oui, Lindor, etc.
Je suis docile
et respectueuse,
obéissante,
douce, amoureuse...
Je me laisse conduire
et gouverner.
Mais si l'on attaque
ma volonté,
je serai comme une vipère
et je ferai jouer
cent obstacles avant de céder.
Je suis docile, etc.

Sì, sì, la vincerò.
Potessi almeno
mandargli questa lettera.
Ma come? Di nessun qui mi fido.
Il tutore ha cent'occhi...
Basta...basta...sigilliamola intanto.
Con Figaro, il barbier, dalla finestra
discorrer l'ho veduto più d'un'ora.
Figaro è un galantuomo,
un giovin di buon core...
Chi sa ch'ei non protegga
il nostro amore!
(Figaro entra, Rosina nasconde la lettera.)

FIGARO
Oh, buon dì, signorina.

ROSINA
Buon giorno, signor Figaro.

FIGARO
Ebbene? Che si fa?

ROSINA
Si muor di noia.

FIGARO
Oh, diavolo! Possibile!
Una ragazza bella e spiritosa...

ROSINA
Ah! Ah! Mi fate ridere!
Che mi serve lo spirito,
che giova la bellezza,

Oui,oui, je vaincrai !...
Si je pouvais
lui envoyer cette lettre...
Mais comment ? je n'ai confiance en personne.
Le tuteur a cent yeux.
Tant pis ! Je vais la cacheter.
Avec Figaro, je l'ai vu de la fenêtre
pendant plus d'une heure causer.
Figaro est galant homme
et homme de bon cœur...
Qui sait s'il ne protégera pas
notre amour ?
(Figaro entre.)

FIGARO
Bonjour, mademoiselle !

ROSINA
Bonjour, Monsieur Figaro !

FIGARO
Eh bien, que fait-on ?

ROSINA
On meurt d'ennui.

FIGARO
Diable ! Se peut-il ?
Une jeune fille belle et pleine d'esprit...

ROSINA
Ah ! ah ! Vous faites rire !
A quoi sert donc l'esprit,
à quoi bon la beauté

se chiusa sempre sto
fra quattro mura
che mi par d'esser
proprio in sepoltura?

FIGARO
In sepoltura? Oibò!...
Sentite, io voglio...

ROSINA
Ecco il tutor.

FIGARO
Davvero?

ROSINA
Certo, certo. È il suo passo.

FIGARO
Salva, salva! Fra poco ci rivedremo!
Ho da dirvi qualche cosa.

ROSINA
E ancor io, signor Figaro.

FIGARO
Bravissima. Vado.
(Si nasconde.)

ROSINA
Quanto è garbato!
(Bartolo entra dalla strada.)

BARTOLO
Ah, disgraziato Figaro!

toujours enfermée
entre quatre murs ?
J'ai l'impression vraiment
d'être morte et enterrée.

FIGARO
Enterrée ? Fi donc !
Écoutez, je veux...

ROSINA
Voilà le tuteur.

FIGARO
Vraiment ?

ROSINA
Certes ! Je reconnais son pas !

FIGARO
Je me sauve ! Nous nous reverrons bientôt.
J'ai quelque chose à vous dire.

ROSINA
Et moi aussi, Monsieur Figaro.

FIGARO
Très bien. Je pars.
(Il se cache.)

ROSINA
Qu'il est aimable !
(Bartolo entre.)

BARTOLO
Ah ! misérable Figaro,

Ah, indegno, ah, maledetto,
ah, scellerato!

ROSINA
(Ecco qua. Sempre grida.)

BARTOLO
Ma si può dar di peggio!
Un ospedale ha fatto
di tutta la famiglia
a forza d'oppio, sangue e stranutiglia.
Signorina, il barbiere...lo vedeste?

ROSINA
Perché?

BARTOLO
Perché lo vo' sapere!

ROSINA
Forse anch'egli v'adombra?

BARTOLO
E perché no?

ROSINA
Ebben, ve lo dirò.
Sì, l'ho veduto, gli ho parlato,
mi piace, m'è simpatico il suo discorso,
il suo gioviale aspetto.
(Crepa di rabbia, vecchio maledetto!)
(Rosina sale in camera.)

BARTOLO

maudit, indigne,
scélérat !

ROSINA
(C'est bien lui : toujours à gronder.)

BARTOLO
Que peut-il exister de pire ?
Il a fait un hôpital
de toute la maisonnée
à force d'opium, saignées et sternutatoires.
Mademoiselle, avez-vous vu le barbier ?

ROSINA
Pourquoi ?

BARTOLO
Parce que je veux le savoir !

ROSINA
Lui aussi vous inquiète, sans doute ?

BARTOLO
Et pourquoi pas ?

ROSINA
Alors, je vous dirai tout.
Oui, je l'ai vu et lui ai parlé
il me plaît : son bavardage
m'est aussi sympathique que son visage.
(Crève de rage, maudit vieillard !)
(Elle sort.)

BARTOLO

Vedete che grazietta!
Più l'amo
e più mi sprezza la briccona.
Certo, certo è il barbiere
che la mette in malizia.
Ah! Barbiere d'inferno...
Tu me la pagherai!
(Entra Don Basilio.)
Qua, Don Basilio, giungete a tempo.
Oh! io voglio per forza o per amor
dentro dimani sposar la mia Rosina.
Avete inteso?

BASILIO
Eh, voi dite benissimo,
e appunto io qui veniva ad avvisarvi.
Ma segretezza...
È giunto il Conte Almaviva.

BARTOLO
Chi? L'incognito amante
della Rosina?

BASILIO
Appunto quello.

BARTOLO
Oh, diavolo! Ah! Qui ci vuol rimedio.

BASILIO
Certo. Ma alla sordina.

BARTOLO
Sarebbe a dir?

Voyez la gracieuse enfant !
Plus je l'aime,
plus cette friponne me méprise.
Certes, c'est le barbier
qui me la rend méchante.
Ah ! Barbier d'enfer...
Tu me le payeras !
(Entre Don Basilio.)
Ah, voici Don Basilio, vous arrivez à propos.
Je veux, par force ou par amour,
avant demain épouser ma Rosina.
Avez-bous bien compris ?

BASILIO
Vous avez tout à fait raison.
Justement, je venais vous avertir,
Mais secrètement...
De l'arrivée du comte Almaviva.

BARTOLO
Qui ? L'amant inconnu
de Rosina ?

BASILIO
C'est bien cela.

BARTOLO
Diable ! Il faut faire quelque chose.

BASILIO
Certes, mais...en sourdine.

BARTOLO
C'est-à-dire ?

libretto by Cesare Sterbini
🎼

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