“Il barbiere di Siviglia”
by Gioachino Rossini libretto (French ⇄ Italian)
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Le comte Almaviva, amoureux de Rosina (ténor) Bartolo, docteur en médecine (basse) Rosina, pupille de Bartolo (mezzo-soprano) Figaro, barbier (baryton) Basilio, maître de musique de Rosina (basse) Berta, femme de chambre de Bartolo (soprano) Fiorello, domestique du comte Almaviva (basse) Ambrogio Domestiques, musiciens, soldats, un officier. Ouverture |
Il Conte d'Almaviva - tenore Don Bartolo, dottore in medicina, tutore di Rosina - basso buffo Rosina - contralto Figaro, barbiere - baritono Don Basilio, maestro di musica di Rosina, ipocrita - basso Berta vecchia governante in casa di Bartolo - soprano Fiorello, servitore di Almaviva - baritono Ambrogio, servitore di Bartolo Un ufficiale, un alcalde, un notaro, agenti di polizia, soldati, suonatori Ouverture |
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Première scène Une place à Séville (A gauche, la maison du docteur Bartolo, avec une fenêtre à balcon. C'est l'aube. Fiorello, s'éclairant avec une lanterne, introduit des musiciens ; quelques instants plus tard, le comte Almaviva arrive, enveloppé de son manteau.) FIORELLO Piano, pianissimo, sans souffler mot, venez ici tous avec moi. LES MUSICIENS Piano, pianissimo, nous voici tous ! FIORELLO Tout est silence. Il n'y a personne ici que nos chants puissent troubler. (Le comte Almaviva entre.) LE COMTE Fiorello, holà ! FIORELLO Seigneur, me voilà ! |
Scena prima Una piazza di Siviglia (A sinistra è la casa di Don Bartolo, con balcone. Spunta l'alba. Fiorello, con una lanterna in mano, introduce vari suonatori; indi il Conte Almaviva avvolto in un mantello.) FIORELLO Piano, pianissimo, senza parlar, tutti con me venite qua. SUONATORI Piano, pianissimo, eccoci qua. FIORELLO Tutto è silenzio, nessun qui sta che i nostri canti possa turbar. (Il Conte Almaviva entra.) CONTE Fiorello...Olà! FIORELLO Signor, son qua. |
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LE COMTE Et les amis ? FIORELLO Sont tous ici. LE COMTE Bravo, bravissimo, faites silence. Piano, pianissimo, ne soufflez mot. LES MUSICIENS Piano, pianissimo, ne soufflez mot. FIORELLO Piano, pianissimo, ne soufflez mot. LE COMTE Piano, ne soufflez mot. (Les musiciens accordent leurs instruments et le comte chante.) Au ciel riant pointe la belle aurore, et tu ne viens pas encore. Peux-tu dormir ? Viens, mon doux espoir, viens, mon idole, apaiser la douleur du trait qui m'a frappé. Oh, bonheur ! déjà je vois son cher et doux visage. Mon cœur aimant a obtenu grâce. Oh ! instant des amours, moment divin, |
CONTE Ebben!...gli amici? FIORELLO Son pronti già. CONTE Bravi, bravissimi, fate silenzio; piano, pianissimo, senza parlar. SUONATORI Piano, pianissimo, senza parlar. FIORELLO Senza parlar, venite qua. CONTE Piano, senza parlar. (I suonatori accordano gli strumenti ed il Conte canta accompagnato da loro.) Ecco ridente in cielo spunta la bella aurora, e tu non sorgi ancora e puoi dormir così? Sorgi, mia dolce speme, vieni bell'idol mio, rendi men crudo, oh Dio, lo stral che mi feri. Oh sorte! già veggo quel caro sembiante, quest'anima amante ottenne pietà! Oh, istante d'amore! Felice momento! |
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oh ! doux contentement, joie sans pareille ! Eh bien, Fiorello ? FIORELLO Monseigneur... LE COMTE La vois-tu ? FIORELLO Non, monseigneur. LE COMTE Ah ! toute espérance est vaine ! FIORELLO Monseigneur, le jour avance. LE COMTE Ah ! que penser, que faire ? Tout est vain. Bonnes gens ! LES MUSICIENS (à mi-voix) Monseigneur... LE COMTE Avancez donc... (Il donne une bourse à Fiorello qui distribue l'argent.) Ni de vous, ni de chansons je n'ai plus besoin, hélas ! |
Oh, dolce contento che egual non ha! Ehi, Fiorello? FIORELLO Mio signore... CONTE Di', la vedi? FIORELLO Signor no. CONTE Ah, ch'è vana ogni speranza! FIORELLO Signor Conte, il giorno avanza. CONTE Ah, che penso! Che farò? Tutto è vano. Buona gente! SUONATORI (sottovoce) Mio signor... CONTE Avanti, avanti. (Dà una borsa a Fiorello che distribuisce a tutti.) Più di suoni, più di canti io bisogno ormai non ho. |
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FIORELLO Bonne nuit à vous tous, je n'ai plus besoin de vous. (Les musiciens entourent le comte, le remercient et lui baisent la main. Mécontent de ce bruit, il les chasse, aidé de Fiorello.) LES MUSICIENS Mille grâces, monseigneur, pour ce cadeau, pour cet honneur ! de tant de générosité nous vous sommes fort obligés. Oh ! quelle heureuse rencontre ! C'est un seigneur de qualité. LE COMTE Assez, assez, ne parlez plus. Il ne sert à rien de crier. Allez tous au diable ! Partez, canailles ! Tous les gens du voisinage vont s'éveiller à ce tapage. FIORELLO Taisez-vous, donc, ah ! que de bruit ! Partez, allez au diable, cessez ce satané tapage ! vous me rendez enragé, allez au diable, filez ! Sauvez-vous donc, canailles ! (Les musiciens s'éloignent.) LE COMTE Race indiscrète ! |
FIORELLO Buona notte a tutti quanti. Più di voi che far non so. (I suonatori circondano il Conte, lo ringraziano e gli baciano la mano. Egli, indispettito per lo strepito che fanno, li caccia via. Fiorello fa lo stesso.) SUONATORI Mille grazie, mio signore, del favore, dell'onore. Ah! di tanta cortesia obbligati in verità! Oh, che incontro fortunato! È un signore di qualità. CONTE Basta, basta, non parlate, ma non serve, non gridate, maledetti, andate via! Ah, canaglia, via di qua! Tutto quanto il vicinato questo chiasso sveglierà. FIORELLO Zitti, zitti, che rumore! Maledetti, via di qua! Ve' che chiasso indiavolato, ah, che rabbia che mi fa! Maledetti, andate via, ah, canaglia, via di qua! (I suonatori partono.) CONTE Gente indiscreta! |
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FIORELLO Avec tout ce bruit importun tous les gens du quartier se sont éveillés. Enfin, les voilà partis ! Il se retire.) FIGARO (chantant dans la coulisse) La la la la la la la la la. LE COMTE Qui est cet importun ? Laissons-le passer ! Caché sous ces arcades, je verrai suffisamment. Le ciel s'éclaire déjà, et l'amour n'a point de honte. (Il se cache sous le portique. Figaro entre avec sa guitare en bandoulière.) FIGARO La ran le ra, la ran la la. Place au factotum de la ville ! La ran la la, etc. Vite à la boutique, car le jour est là ! La ran la la, etc. Qu'il fait bon vivre et quel plaisir pour un barbier de qualité Ah, bravo Figaro, bravo, vraiment bravo ! La ran la la, etc. |
FIORELLO Ah, quasi con quel chiasso importuno tutto quanto il quartiere han risvegliato. Alfin sono partiti. (Si ritira.) FIGARO (dietro le quinte) La la la la la la la la la la. CONTE Chi è mai quest'importuno? Lasciamolo passar; sotto quegli archi non veduto vedrò quanto bisogna. Già l'alba appare e amor non si vergogna. (Si nasconde. Figaro entra con una chitarra appesa al collo.) FIGARO La ran la le ra, la ran la la. Largo al factotum della città! La ran la la, ecc. Presto a bottega che l'alba è già. La ran la la, ecc. Ah, che bel vivere, che bel piacere, per un barbiere di qualità. Ah, bravo Figaro, bravo, bravissimo, bravo! La ran la la, ecc. |
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Vous avez bien de la chance, en vérité, bravo ! La ran la la, etc. Prêt à tout faire, la nuit, le jour, toujours dispos, je cours partout. Meilleure chance pour un barbier, vie plus noble n'est pas possible. La la ran la la ran la, Rasoir et peigne, lancette, ciseaux ! A mon commandement tous en action. Et j'ai encore affaire, dans mon métier à la belle, au cavalier... La la ran la...la...la. Qu'il fait bon vivre, et quel plaisir pour un barbier de qualité ! Tous me veulent, tous me poursuivent, femmes, garçons, vieillards, fillettes ! Mes postiches ! Vite ! la barbe ! Une saignée, vite ! un billet ! Tous me veulent, tous me poursuivent. |
Fortunatissimo per verità. Bravo! La ran la la, ecc. Pronto a far tutto, la notte, il giorno, sempre d'intorno in giro sta. Miglior cuccagna per un barbiere, vita più nobile, no, non si dà. La la ran la la ran la, ecc. Rasori e pettini, lancette e forbici, al mio comando tutto qui sta. V'è la risorsa poi del mestiere, colla donnetta, col cavaliere... La la ran la...la...la. Ah, che bel vivere, che bel piacere, per un barbiere di qualità. Tutti mi chiedono, tutti mi vogliono, donne, ragazzi, vecchi, fanciulle. Qua la parrucca, presto la barba, qua la sanguigna, presto il biglietto. Tutti mi chiedono, tutti mi vogliono. |
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mes postiches ! Vite ! la barbe ! Vite ! un billet ! Eh ! Figaro, Figaro, Figaro, etc. Quelle furie ! Ah ! c'est folie, un seul à la fois par charité ! Figaro...Voilà ! Figaro, ci ! Figaro, là ! Figaro, ci ! Figaro, là ! Aussi rapide que l'éclair, je suis le factotum de la ville. Ah ! bravo Figaro, bravo, vraiment. Ta bonne étoile ne te manquera pas. La la ran la, etc. Je suis le factotum de la ville. Ah ! quelle belle vie ! Se fatiguer peu, s'amuser beaucoup. Et dans la poche avoir toujours quelques bons écus, fruits d'une bonne réputation. Voilà : sans Figaro, à Séville, aucune fille ne se marie. C'est à moi que la veuve s'adresse pour trouver un mari. Moi, avec l'excuse du peigne, le jour, et de la guitare à la faveur de la nuit, à tout le monde, et honnêtement, je m'évertue à faire plaisir. |
Qua la parrucca, presto la barba, presto il biglietto. Ehi, Figaro, Figaro, Figaro, ecc. Ahimè! Che furia! Ahimè! che folla! Uno alla volta, per carità. Ehi, Figaro; son qua! Figaro qua, Figaro là, Figaro su, Figaro giù. Pronto, prontissimo son come il fulmine, sono il factotum della città. Ah, bravo, Figaro, bravo, bravissimo, A te la for tuna non mancherà. La la ran la, ecc. Sono il factotum della città. Ah, che bella vita! Faticar poco, divertirsi assai, e in tasca sempre aver qualche doblone, gran frutto della mia reputazione. Ecco qua; senza Figaro non si accasa in Siviglia una ragazza; a me la vedovella ricorre pel marito; io, colla scusa del pettine di giorno, della chitarra col favor della notte, a tutti onestamente, non fo per dir, m'adatto a far piacere. Oh, che vita, oh, che mestiere! |
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Ah ! quelle vie ! Quel métier ! Et maintenant, vite au travail... LE COMTE (C'est lui, ou je me trompe fort...) FIGARO (Qui peut bien être celui-là ?) LE COMTE (Ah ! C'est lui sans aucun doute !) Figaro... FIGARO Mon maître...Oh ! que vois-je ? Excellence ! LE COMTE Tais-toi ! Prudence ! Ici, je ne suis pas connu et ne veux pas me faire connaître. J'ai de bonnes raisons pour cela. FIGARO Je comprends ! Je vous laisse. LE COMTE Non... FIGARO A quoi bon ? LE COMTE Non, te dis-je, reste ici. |
Orsù, presto a bottega - CONTE (È desso, oppur m'inganno?) FIGARO (Chi sarà mai costui?) CONTE (Oh, è lui senz'altro!) Figaro... FIGARO Mio padrone...Oh! Chi veggo! Eccellenza... CONTE Zitto, zitto! Prudenza! Qui non son conosciuto, né vo' farmi conoscere. Per questo ho le mie gran ragioni. FIGARO Intendo, intendo, la lascio in libertà. CONTE No... FIGARO Che serve? CONTE No, dico, resta qua. |
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Peut-être, pour mes desseins, n'arrives-tu pas mal à propos. Mais voyons, dis-moi donc, bon larron, comment te trouves-tu ici ? Sacrebleu ! Je te vois gros et gras... FIGARO C'est la misère, monseigneur ! LE COMTE Ah ! menteur ! FIGARO Merci ! LE COMTE Es-tu devenu plus sérieux ? FIGARO Certainement ! Et comment Votre Excellence vous trouvez-vous à Séville ? LE COMTE Je vais te le dire. Au Prado, j'ai vu une fleur de beauté, la jeune fille d'un certain médecin gâteux qui s'est établi ici récemment. Je suis amoureux d'elle, j'ai laissé patrie et famille, et je suis ici où, le jour et la nuit, je me promène sous ce balcon. FIGARO Sous ce balcon ? Un docteur ? |
Forse ai disegni miei non giungi inopportuno. Ma cospetto! dimmi un po', buona lana, come ti trovo qua, poter del mondo! Ti veggo grasso e tondo... FIGARO La miseria, signore! CONTE Ah, birbo! FIGARO Grazie. CONTE Hai messo ancor giudizio? FIGARO Oh! e come! Ed ella, come in Siviglia? CONTE Or te lo spiego. Al Prado vidi un fior di bellezza, una fanciulla, figlia d'un certo medico barbogio che qua da pochi di s'è stabilito; io di questa invaghito, lasciai patria e parenti; e qua men venni, e qui la notte ed il giorno passo girando a quei balconi intorno. FIGARO A quei balconi? Un medico? |
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Allons ! Vous êtes bien heureux, vous êtes tombé à pic. LE COMTE Comment ? FIGARO Certes. Chez eux, je suis tout : barbier, perruquier, chirurgien, herboriste, apothicaire, vétérinaire... l'homme à tout faire de la maison. LE COMTE Oh ! quelle chance ! FIGARO Ce n'est pas tout. La fille n'est pas celle du docteur, mais seulement sa pupille. LE COMTE Oh ! Je suis rassuré ! FIGARO Oui, mais...Silence ! LE COMTE Qu'y a-t-il ? FIGARO La porte s'ouvre. (Ils se retirent sous les arcades. Bartolo sort de la maison en donnant des ordres au portier.) |
Ah, cospetto! siete ben fortunato; sui maccheroni, il cacio v'è cascato. CONTE Come? FIGARO Certo. Là dentro io son barbiere, parrucchier, chirurgo. Botanico, spezial, veterinario... Insomma, il faccendier di casa. CONTE Oh, che sorte! FIGARO Non basta. La ragazza figlia non è del medico. È soltanto la sua pupilla. CONTE Oh, che consolazione! FIGARO Perciò...zitto... CONTE Cos'è? FIGARO S'apre il balcone... (Si ritirano sotto il portico. Bartolo entra in scena dalla porta di casa sua e si ferma a dar ordini.) |
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BARTOLO Dans un moment, je reviens n'ouvrez à personne. Si Don Basilio sonne, qu'il m'attende. (La porte se ferme.) Il vaut mieux presser mon mariage avec elle. Tout doit être réglé dans la journée. (Bartolo s'éloigne.) LE COMTE Ses noces avec Rosina ! Aujourd'hui ! Ce vieux est un imbécile ! Mais dis-moi, qui est ce Don Basilio ? FIGARO Un solennel intrigant, faiseur de mariages, un hypocrite, un pauvre hère toujours sans un liard... Il est maître de musique et professeur de la demoiselle. LE COMTE Bien, il faut tout savoir ! FIGARO Maintenant, il faut penser à satisfaire les désirs de Rosina. Dans une chanson vous lui direz ce que déjà elle devine. LE COMTE |
BARTOLO Fra momenti io torno. Non aprite a nessuno. Se Don Basilio venisse a ricercarmi, che m'aspetti. (Chiude la porta.) Le mie nozze con lei meglio è affrettare. Sì, dentr'oggi finir vo' quest'affare. (Parte.) CONTE Dentr'oggi le sue nozze con Rosina! Ah, vecchio rimbambito! Ma dimmi or tu, chi è questo Don Basilio? FIGARO È un solenne imbroglion di matrimoni, un collo torto, un vero disperato, sempre senza un quattrino... già, è maestro di musica, insegna alla ragazza. CONTE Bene, tutto giova saper. FIGARO Ora pensate della bella Rosina a soddisfar le brame. In una canzonetta, così alla buona il tutto spiegatele, signor. CONTE |
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Une chanson ? FIGARO Certes. Voici la guitare, vite, allons ! LE COMTE Mais je... FIGARO Ah ! quelle patience ! LE COMTE Eh bien, essayons... Si vous voulez savoir mon nom, Apprenez-le de ma bouche. Je suis Lindor, Qui vous adore, Qui vous voudrait pour épouse, Qui clame votre nom Et parle toujours de vous Depuis l'aurore jusqu'au couchant. (Rosina apparaît sur le balcon.) ROSINA Chante, ami cher, chante, toujours ! FIGARO Écoutez. Que vous semble ? LE COMTE Quel bonheur ! |
Una canzone? FIGARO Certo. Ecco la chitarra. Presto, andiamo. CONTE Ma io... FIGARO Oh, che pazienza! CONTE Ebben, proviamo... Se il mio nome saper voi bramate, dal mio labbro il mio nome ascoltate. Io son Lindoro, che fido v'adoro, che sposa vi bramo, che a nome vi chiamo, di voi sempre parlando così dall'aurora al tramonto del di. (Rosina appare al balcone.) ROSINA Segui, oh caro, deh, segui così. FIGARO Sentite. Ah! che vi pare? CONTE Oh, me felice! |
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FIGARO Maintenant, à vous, continuez. LE COMTE Ce Lindor, amoureux sincère, ne peut pas vous donner un trésor. Il n'est pas riche, mis il vous donne son cœur, une âme éprise, fidèle et constante, qui pour vous seule respire depuis l'aurore jusqu'au couchant. ROSINA L'amoureuse et sincère Rosina à Lindor, de tout son cœur... (Elle s'éloigne du balcon avec un cri.) LE COMTE Oh ! ciel ! FIGARO Il semble bien qu'ici quelqu'un est entré. Elle s'est retirée... LE COMTE Ah ! Damnation, Je délire, je brûle ! A tout prix, je veux la voir, je veux lui parler ! Tu dois me seconder. FIGARO |
FIGARO Da bravo, a voi, seguite. CONTE L'amoroso e sincero Lindoro non può darvi, mia cara, un tesoro. Ricco non sono, ma un core vi dono, un'anima amante che fida e costante per voi sola sospira, così dall'aurora al tramonto del dì. ROSINA L'amorosa, sincera Rosina del suo core Lindo... (Con un grido si ritira dal balcone.) CONTE Oh, cielo! FIGARO Nella stanza convien dir che qualcuno entrato sia. Ella si è ritirata. CONTE Ah, cospettone! Io già deliro, avvampo! Oh, ad ogni costo vederla io voglio, vo' parlarle! Ah, tu, tu mi devi aiutar. FIGARO |
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Ah ! quelle ardeur !... Soit, je vous aiderai. LE COMTE Bravo ! Aujourd'hui même je veux que tu m'introduises dans cette maison. Dis-moi, comment feras-tu ? Allons, de ton esprit voyons quelque prodige. FIGARO De mon esprit ? Bien, je verrai...Mais aujourd'hui... LE COMTE Eh bien ! Je te comprends. Ne doute pas que ta peine sera bien récompensée. FIGARO Vraiment ? LE COMTE Ma parole. FIGARO Donc, de l'or à discrétion ? LE COMTE De l'or en quantité. Allons, va ! FIGARO Je ferai vite. Vous ne pouvez imaginer le prodigieux effet que produit sur moi |
Ih, ih, che furia! Si, si, v'aiuterò. CONTE Da bravo! Entr'oggi vo' che tu m'introduca in quella casa. Dimmi, come farai? Via, del tuo spirito vediam qualche prodezza. FIGARO Del mio spirito! Bene, vedrò...ma in oggi... CONTE Eh, via! T'intendo. Va là, non dubitar; di tue fatiche largo compenso avrai. FIGARO Davver? CONTE Parola. FIGARO Dunque oro a discrezione? CONTE Oro a bizzeffe! Animo, via! FIGARO Son pronto. Ah, non sapete i simpatici effetti prodigiosi |
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la douce idée de l'or dont me gratifiera le seigneur Lindor. A l'idée de ce métal si précieux et tout-puissant, mon cerveau tel un volcan commence à faire éruption ! LE COMTE De ce métal, voyons les effets surprenants, et du volcan de tes idées quelque produit singulier. FIGARO Vous devez vous déguiser par exemple... en militaire... LE COMTE En militaire ? FIGARO Oui, seigneur ! LE COMTE En militaire ? Mais pour quoi faire ? FIGARO Un régiment arrive aujourd'hui... LE COMTE Son colonel est mon ami. FIGARO Tant mieux ! |
che ad appagare il mio signor Lindoro produce in me la dolce idea dell'oro. All'idea di quel metallo portentoso, onnipossente, un vulcano la mia mente già comincia a diventar, sì. CONTE Su, vediamo di quel metallo qualche effetto sorprendente, del vulcan della tua mente qualche mostro singolar, si. FIGARO Voi dovreste travestirvi... per esempio...da soldato... CONTE Da soldato? FIGARO Si, signore. CONTE Da soldato, e che si fa? FIGARO Oggi arriva un reggimento. CONTE Si, è mio amico il colonello. FIGARO Va benon! |
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LE COMTE Et puis ? FIGARO Voyons. Un billet de logement et la porte s'ouvrira. Qu'en pensez-vous, monseigneur ? N'est-ce pas bien trouvé quelle invention méritoire, et belle, belle en vérité ! LE COMTE L'invention est méritoire, et belle, belle en vérité ! FIGARO Piano, piano ! Une autre idée... Voyez-vous l'effet de l'or ! Faites semblant d'être ivre. LE COMTE Ivre ? FIGARO Oui, monseigneur. LE COMTE Mais pourquoi ? FIGARO Parce que d'un homme un peu pris de vin le tuteur, croyez-moi, se méfiera moins. |
CONTE Eppoi? FIGARO Cospetto! Dell'alloggio col biglietto quella porta s'aprirà. Che ne dite, mio signore? Non vi par, non l'ho trovata? Che invenzione prelibata, bella, bella in verità! CONTE Che invenzione prelibata, bravo, bravo, in verità! FIGARO Piano, piano...un'altra idea! Veda l'oro cosa fa! Ubbriaco, mio signor, si fingerà. CONTE Ubbriaco? FIGARO Si, signore. CONTE Ubbriaco? Ma perché? FIGARO Perché d'un ch'è poco in sé, che dal vino casca già, il tutor, credete a me, il tutor si fiderà. |
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L' invention est méritoire, et belle, belle en vérité ! LE COMTE L'invention est méritoire, et belle, belle en vérité ! LE COMTE Donc ? FIGARO A l'œuvre ! LE COMTE Allons ! FIGARO Bravement ! LE COMTE Je pars... Mais, j'oubliais l'essentiel : Dis-moi donc où est ta boutique, où je puis te trouver ? FIGARO La boutique ? C'est facile. Regardez bien, la voilà : numéro quinze, du côté gauche, quatre marches, façade blanche, cinq perruques dans la vitrine, sous l'écriteau « Pommade fine », lettres azur de style moderne, et pour enseigne une lanterne... Vous ne manquerez pas de m'y trouver. |
Che invenzione prelibata, bella, bella in verità! CONTE Che invenzione prelibata, bravo, bravo, in verità! CONTE Dunque? FIGARO All'opra. CONTE Andiamo. FIGARO Da bravo. CONTE Vado...Oh, il meglio mi scordavo. Dimmi un po': la tua bottega, per trovarti, dove sta? FIGARO La bottega?...Non si sbaglia... guardi bene...eccola là... Numero quindici, a mano manca, quattro gradini, facciata bianca, cinque parrucche nella vetrina, sopra un cartello, "Pomata Fina", mostra in azzurro alla moderna, v'è per insegna una lanterna... Là senza fallo mi troverà. |
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LE COMTE Cinq perruques. FIGARO Une lanterne. Vous ne manquerez pas de m'y trouver. LE COMTE J'ai bien compris. FIGARO Allez donc vite ! LE COMTE Fais attention... FIGARO Je pense à tout. LE COMTE Je me fie à toi... FIGARO Je vous attends... LE COMTE Cher Figaro... FIGARO J'entends, j'entends... LE COMTE J'apporterai... |
CONTE Cinque parrucche. FIGARO Una lanterna. Là senza fallo mi troverà. CONTE Ho ben capito. FIGARO Or vada presto. CONTE Tu guarda bene... FIGARO Io penso al resto. CONTE Di te mi fido... FIGARO Colà l'attendo... CONTE Mio caro Figaro... FIGARO Intendo, intendo... CONTE Porterò meco... |
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FIGARO La bourse pleine. LE COMTE Soit ! Mais le solde après... FIGARO Oh, ne craignez rien, tout ira bien. LE COMTE Ah, de l'amour je sens la flamme, messagère de joie et de bonheur ! D'une ardeur inconnue mon âme s'embrase, et je me sens devenir plus fort. Ah, de l'amour, etc. Le bonheur descend en moi, d'une ardeur inconnue mon âme s'embrase et je me sens devenir plus fort. FIGARO J'entends tinter de bons écus, l'or vient déjà, il est ici. L'or arrive, et puis l'argent ; |
FIGARO La borsa piena. CONTE Si, quel che vuoi, ma il resto poi... FIGARO Oh, non si dubiti, che bene andrà. CONTE Ah, che d'amore la fiamma io sento, nunzia di giubilo e di contento! D'ardor insolito quest'alma accende, e di me stesso maggior mi fa. Ah, che d'amore, ecc. Ecco propizia che in sen mi scende, d'ardor insolito quest'alma accende e di me stesso maggior mi fa. FIGARO Delle monete il suon già sento, l'oro già viene... Eccolo qua. Già viene l'oro, viene l'argento, |
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il vient dans ma poche, je le tiens. D'une ardeur inconnue mon âme s'embrase, et je me sens devenir plus fort. (Figaro entre chez Bartolo. Le comte s'éloigne.) Deuxième scène Un salon dans la maison de Bartolo ROSINA (une lettre à la main) Il a suffi d'une voix qui retentit dans mon cœur, mon cœur est déjà pris et c'est Lindor qui l'a ravi. Oui, Lindor sera mien, je le jure, je vaincrai ! Le tuteur refusera, mais mon ingéniosité saura bien le désarmer, et j'aurai satisfaction. Oui, Lindor, etc. Je suis docile et respectueuse, obéissante, douce, amoureuse... Je me laisse conduire et gouverner. Mais si l'on attaque ma volonté, je serai comme une vipère et je ferai jouer cent obstacles avant de céder. Je suis docile, etc. |
in tasca scende... Eccolo qua. D'ardore insolito quest'alma accende, e di me stesso maggior mi fa. (Figaro entra in casa di Bartolo. Il Conte parte.) Scena seconda Camera in casa di Bartolo ROSINA (con una lettera in mano) Una voce poco fa qui nel cor mi risuonò. Il mio cor ferito è già e Lindoro fu che il piagò. Si, Lindoro mio sarà, Io giurai, la vincerò. Il tutor ricuserà, io l'ingegno aguzzerò, alla fin s'accheterà, e contenta io resterò. Si, Lindoro ecc. Io sono docile, son rispettosa, sono obbediente, dolce, amorosa, mi lascio reggere, mi fo guidar. Ma se mi toccano dov'è il mio debole, sarò una vipera, sarò, e cento trappole prima di cedere farò giocar. Io sono docile, ecc. |
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Oui,oui, je vaincrai !... Si je pouvais lui envoyer cette lettre... Mais comment ? je n'ai confiance en personne. Le tuteur a cent yeux. Tant pis ! Je vais la cacheter. Avec Figaro, je l'ai vu de la fenêtre pendant plus d'une heure causer. Figaro est galant homme et homme de bon cœur... Qui sait s'il ne protégera pas notre amour ? (Figaro entre.) FIGARO Bonjour, mademoiselle ! ROSINA Bonjour, Monsieur Figaro ! FIGARO Eh bien, que fait-on ? ROSINA On meurt d'ennui. FIGARO Diable ! Se peut-il ? Une jeune fille belle et pleine d'esprit... ROSINA Ah ! ah ! Vous faites rire ! A quoi sert donc l'esprit, à quoi bon la beauté |
Sì, sì, la vincerò. Potessi almeno mandargli questa lettera. Ma come? Di nessun qui mi fido. Il tutore ha cent'occhi... Basta...basta...sigilliamola intanto. Con Figaro, il barbier, dalla finestra discorrer l'ho veduto più d'un'ora. Figaro è un galantuomo, un giovin di buon core... Chi sa ch'ei non protegga il nostro amore! (Figaro entra, Rosina nasconde la lettera.) FIGARO Oh, buon dì, signorina. ROSINA Buon giorno, signor Figaro. FIGARO Ebbene? Che si fa? ROSINA Si muor di noia. FIGARO Oh, diavolo! Possibile! Una ragazza bella e spiritosa... ROSINA Ah! Ah! Mi fate ridere! Che mi serve lo spirito, che giova la bellezza, |
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toujours enfermée entre quatre murs ? J'ai l'impression vraiment d'être morte et enterrée. FIGARO Enterrée ? Fi donc ! Écoutez, je veux... ROSINA Voilà le tuteur. FIGARO Vraiment ? ROSINA Certes ! Je reconnais son pas ! FIGARO Je me sauve ! Nous nous reverrons bientôt. J'ai quelque chose à vous dire. ROSINA Et moi aussi, Monsieur Figaro. FIGARO Très bien. Je pars. (Il se cache.) ROSINA Qu'il est aimable ! (Bartolo entre.) BARTOLO Ah ! misérable Figaro, |
se chiusa sempre sto fra quattro mura che mi par d'esser proprio in sepoltura? FIGARO In sepoltura? Oibò!... Sentite, io voglio... ROSINA Ecco il tutor. FIGARO Davvero? ROSINA Certo, certo. È il suo passo. FIGARO Salva, salva! Fra poco ci rivedremo! Ho da dirvi qualche cosa. ROSINA E ancor io, signor Figaro. FIGARO Bravissima. Vado. (Si nasconde.) ROSINA Quanto è garbato! (Bartolo entra dalla strada.) BARTOLO Ah, disgraziato Figaro! |
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maudit, indigne, scélérat ! ROSINA (C'est bien lui : toujours à gronder.) BARTOLO Que peut-il exister de pire ? Il a fait un hôpital de toute la maisonnée à force d'opium, saignées et sternutatoires. Mademoiselle, avez-vous vu le barbier ? ROSINA Pourquoi ? BARTOLO Parce que je veux le savoir ! ROSINA Lui aussi vous inquiète, sans doute ? BARTOLO Et pourquoi pas ? ROSINA Alors, je vous dirai tout. Oui, je l'ai vu et lui ai parlé il me plaît : son bavardage m'est aussi sympathique que son visage. (Crève de rage, maudit vieillard !) (Elle sort.) BARTOLO |
Ah, indegno, ah, maledetto, ah, scellerato! ROSINA (Ecco qua. Sempre grida.) BARTOLO Ma si può dar di peggio! Un ospedale ha fatto di tutta la famiglia a forza d'oppio, sangue e stranutiglia. Signorina, il barbiere...lo vedeste? ROSINA Perché? BARTOLO Perché lo vo' sapere! ROSINA Forse anch'egli v'adombra? BARTOLO E perché no? ROSINA Ebben, ve lo dirò. Sì, l'ho veduto, gli ho parlato, mi piace, m'è simpatico il suo discorso, il suo gioviale aspetto. (Crepa di rabbia, vecchio maledetto!) (Rosina sale in camera.) BARTOLO |
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Voyez la gracieuse enfant ! Plus je l'aime, plus cette friponne me méprise. Certes, c'est le barbier qui me la rend méchante. Ah ! Barbier d'enfer... Tu me le payeras ! (Entre Don Basilio.) Ah, voici Don Basilio, vous arrivez à propos. Je veux, par force ou par amour, avant demain épouser ma Rosina. Avez-bous bien compris ? BASILIO Vous avez tout à fait raison. Justement, je venais vous avertir, Mais secrètement... De l'arrivée du comte Almaviva. BARTOLO Qui ? L'amant inconnu de Rosina ? BASILIO C'est bien cela. BARTOLO Diable ! Il faut faire quelque chose. BASILIO Certes, mais...en sourdine. BARTOLO C'est-à-dire ? |
Vedete che grazietta! Più l'amo e più mi sprezza la briccona. Certo, certo è il barbiere che la mette in malizia. Ah! Barbiere d'inferno... Tu me la pagherai! (Entra Don Basilio.) Qua, Don Basilio, giungete a tempo. Oh! io voglio per forza o per amor dentro dimani sposar la mia Rosina. Avete inteso? BASILIO Eh, voi dite benissimo, e appunto io qui veniva ad avvisarvi. Ma segretezza... È giunto il Conte Almaviva. BARTOLO Chi? L'incognito amante della Rosina? BASILIO Appunto quello. BARTOLO Oh, diavolo! Ah! Qui ci vuol rimedio. BASILIO Certo. Ma alla sordina. BARTOLO Sarebbe a dir? |
| libretto by Cesare Sterbini |
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