“Tosca”

by Giacomo Puccini libretto (French ⇄ Italian)


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PersonnagesPersonaggi
Floria Tosca
(célèbre cantatrice) — soprano

Mario Cavaradossi
(peintre) — ténor

Le baron Scarpia
(chef de la police) — baryton

Cesare Angelotti
(ancien consul de la République romaine) — basse

Le sacristain
— basse

Spoletta
(policier) — ténor

Sciarrone
(gendarme) — basse

Un geôlier
— basse

Un berger
— voix d’enfant

Soldats, agents de police, enfants de chœur, nobles et gens du peuple, artisans
 
Floria Tosca
(celebre cantante) — soprano

Mario Cavaradossi
(pittore) — tenore

Il Barone Scarpia
(capo della polizia) — baritono

Cesare Angelotti
(già Console della Repubblica Romana) — basso

Il Sagrestano
— baritono

Spoletta
(agente di polizia) — tenore

Sciarrone
(gendarme) — basso

Un carceriere
— basso

Un pastore
— voce bianca

Soldati, agenti di polizia, chierichetti, nobili e popolani, artigiani
 
PREMIER ACTEATTO PRIMO
L’église de Sant’Andrea della Valle
(La chapelle des Attavanti à droite. À gauche un
échafaudage de peintre et un grand tableau,
recouvert d’une toile. Des outils de peintre. Un
panier placé à terre. Angelotti entre, vêtu d’un
costume de prisonnier en loques, les cheveux
ébouriffés, à bout de forces, tremblant de peur. Il
regarde furtivement autour de lui.)
La Chiesa di Sant’Andrea della Valle

(A destra la Cappella Attavanti. A sinistra un
impalcato; su di esso un gran quadro coperto da
tela. Attrezzi vari da pittore. Un paniere. Entra
Angelotti vestito da prigioniero, lacero, sfatto,
tremante dalla paura, quasi correndo. Dà una
rapida occhiata intorno.)
ANGELOTTI
Ah ! Enfin ! Dans ma terreur folle
je voyais des policiers partout.
(Une fois de plus il inspecte les alentours, mais
plus calmement maintenant qu’il reconnaît les
lieux. Il pousse un soupir de soulagement en
voyant la colonne avec les fonts baptismaux et la
Madone.)
La colonne... Les fonts baptismaux...
« Au pied de la statue de la Vierge »
ma sœur m’a écrit.
(Il s’approche, cherche au pied de la statue et
pousse un cri de joie étouffé en découvrant une clé.)

Voilà la clé et voilà la chapelle !
(Avec une précaution infinie, il introduit la clé dans
la serrure de la Chapelle Attavanti, ouvre la grille,
entre, referme la grille et disparaît. Entre le
sacristain, venant du fond, portant des pinceaux et
parlant à haute voix comme s’il s’adressait à un
interlocuteur.)

 
Angelotti
Ah! Finalmente! Nel terror mio stolto
vedea ceffi di birro in ogni volto.
(Torna a guardare attentamente intorno a sé con
più calma a riconoscere il luogo. Dà un sospiro di
sollievo vedendo la colonna con la pila dell’acqua
santa e la Madonna.)

La pila...la colonna...
“A piè della Madonna”
mi scrisse mia sorella...
(Vi si avvicina, cerca ai piedi della Madonna e ne
ritira, con un soffocato grido di gioia, una chiave.)


Ecco la chiave, ed ecco la cappella!
(Con grande precauzione introduce la chiave nella
serratura della Cappella Attavanti, apre la
cancellata, penetra nella cappella, richiude e
scompare. Il sagrestano entra dal fondo tenendo
fra le mani un mazzo di pennelli, e parlando ad alta
voce come se rivolgesse la parola a qualcuno.)

 
SACRISTAIN
Toujours nettoyer ! Et chaque pinceau
est plus crasseux que la chemise d’un novice.
Monsieur le Peintre !... Voilà !
(Il regarde l’échafaudage et le tableau, étonné de
ne voir personne.)
Personne... J’aurais juré
que le chevalier Cavaradossi
était de retour.
(Il dépose les brosses, inspecte le panier et dit :)
Non, je me suis trompé,
le panier est intact.
(L’Angélus sonne. Le Sacristain s’agenouille et prie
à voix basse.)

Angelus Domini nuntiavit Mariae,
et concepit de Spiritu Sancto.
Ecce ancilla Domini ;
fiat mihi secundum Verbum tuum
et Verbum caro factum est
et habitavit in nobis...

(Cavaradossi entre et voit le sacristain en prière.)

CAVARADOSSI
Qu’est-ce que tu fais là ?
Sagrestano
E sempre lava! Ogni pennello è sozzo
peggio d’un collarin d’uno scagnozzo.
Signor pittore...Tò!
(Guarda verso l’impalcato dove sta il quadro e,
vedendolo deserto, esclama sorpreso:)

Nessuno. Avrei giurato
che fosse ritornato
il cavalier Cavaradossi.
(Depone i pennelli, sale sull’impalcato, guarda
dentro il paniere e dice:)
No, sbaglio,
il paniere è intatto.
(Suona l’Angelus. Il sagrestano si inginocchia e
prega sommesso:)
Angelus Domini nuntiavit Mariae,
et concepit de Spiritu Sancto.
Ecce ancilla Domini;
fiat mihi secundum Verbum tuum
et Verbum caro factum est
et habitavit in nobis...
(Cavaradossi entra dalla porta laterale e vede il
sagrestano in ginocchio.)


Cavaradossi
Che fai?
 
SACRISTAIN
(se levant)
Je récite l’Angélus.
(Cavaradossi grimpe sur l’échafaudage et dévoile
le portrait : c’est une Marie-Madeleine aux grands
yeux bleus et un flot de cheveux blonds. Le peintre
contemple le tableau en silence, examinant
minutieusement son œuvre. Le sacristain se
tourne vers Cavaradossi et pousse un cri
d’étonnement en voyant le tableau :)

Sainte Vierge !
Son portrait !

CAVARADOSSI
Qui ?

SACRISTAIN
Cette jeune inconnue
qui vient ici depuis quelques jours pour prier.
Quelle dévotion... quelle piété...
(Il montre la Madone au pied de laquelle Angelotti
a ramassé la clé.)


CAVARADOSSI
C’est vrai. Elle était si absorbée
dans ses prières que j’ai pu la peindre
sans qu’elle s’en aperçoive.

SACRISTAIN
(à part)
Arrière, Satan, arrière !
 
Sagrestano
(alzandosi)
Recito L’Angelus.
(Cavaradossi sale sull’impalcato e scopre il
quadro. È una Maria Maddalena a grandi occhi
azzurri con una gran pioggia di capelli dorati. Il
pittore vi sta dinanzi muto, osservando
attentamente. Il sagrestano, volgendosi verso
Cavaradossi per dirigergli la parola, vede il quadro
scoperto e dà un grido di meraviglia.)

Sante ampolle!
Il suo ritratto!

Cavaradossi
Di chi?

Sagrestano
Di quell’ignota
che i dì passati a pregar qui venia.
Tutta devota... e pia.
(Accenna verso la Madonna dalla quale Angelotti
trasse la chiave.)


Cavaradossi
È vero. E tanto ell’era
infervorata nella sua preghiera
ch’io ne pinsi, non visto, il bel sembiante.

Sagrestano
(fra sé)
Fuori, Satana, fuori!
 
CAVARADOSSI
Passe-moi les couleurs.
(Le sacristain obéit. Cavaradossi peint par touches
rapides, s’arrêtant de temps en temps pour
regarder son œuvre. Le sacristain va et vient,
apporte un récipient pour laver les pinceaux.
Brusquement Cavaradossi cesse de peindre. Il tire
de sa poche un médaillon où se trouve une
miniature et son regard va du portrait au
médaillon.)

Oh secrète harmonie de
deux beautés dissemblables. Floria,
mon ardent amour, est brune...

SACRISTAIN
(à part)
Ris avec les démons et laisse les saints...

CAVARADOSSI
Et vous, beauté mystérieuse,
couronnée de tresses blondes,
vos yeux sont d’azur,
ceux de Tosca noirs.

SACRISTAIN
(à part)
Ris avec les démons et laisse les saints...

CAVARADOSSI
Mystère de l’art qui se joue
de la diversité,
mais en la peignant,
c’est à toi seule que je pense, Tosca !
 
Cavaradossi
Dammi i colori.
(Il sagrestano eseguisce. Cavaradossi dipinge con
rapidità e si sofferma spesso a riguardare; il
sagrestano va e viene, portando una catinella
entro la quale continua a lavare i pennelli. A un
tratto Cavaradossi si ristà di dipingere; leva di
tasca un medaglione contenente una miniatura e
gli occhi suoi vanno dal medaglione al quadro.)

Recondita armonia
di bellezze diverse! È bruna Floria,
l’ardente amante mia...

Sagrestano
(fra sé)
Scherza coi fanti e lascia stare i santi...

Cavaradossi
E te, beltade ignota...
cinta di chiome bionde,
tu azzurro hai l’occhio,
Tosca ha l’occhio nero!

Sagrestano
(fra sé)
Scherza coi fanti e lascia stare i santi...

Cavaradossi
L’arte nel suo mistero
le diverse bellezze insiem confonde;
ma nel ritrar costei
il mio solo pensiero, Tosca, sei tu!
 
SACRISTAIN
(à part)
Tous ces cotillons qui
rivalisent avec les Madones
appellent le démon !
Ris avec les démons et laisse les saints...
Mais avec ces chiens d’athées,
ennemis du Très Saint Gouvernement,
il n’y a pas à discuter.
Ris avec les démons et laisse les saints...
C’est une bande d’impénitents !
Gardons-nous en faisant le signe de la croix.
(à Cavaradossi)
Puis-je me retirer, Excellence ?

CAVARADOSSI
Si tu veux !
(Il reprend sa peinture.)

SACRISTAIN
Le panier est plein...
Faites-vous pénitence ?

CAVARADOSSI
Je n’ai pas faim.

SACRISTAIN
(ironique, se frottant les mains)
Je le regrette.
(Il ne peut retenir un mouvement de joie en jetant
un coup d’œil sur le panier plein. Il prend le panier
et le pose plus loin.)

N’oubliez pas de fermer la grille en partant.
 
Sagrestano
(fra sé, in disparte)
Queste diverse gonne
che fanno concorrenza alle Madonne
mandan tanfo d’inferno.
Scherza coi fanti e lascia stare i santi...
Ma con quei cani di volterriani,
nemici del santissimo governo,
non c’è da metter voce!
Scherza coi fanti e lascia stare i santi...
Già, sono impenitenti tutti quanti!
Facciam piuttosto il segno della croce.
(a Cavaradossi)
Eccellenza, vado?

Cavaradossi
Fa il tuo piacere!
(Continua a dipingere.)

Sagrestano
Pieno è il paniere...
Fa penitenza?

Cavaradossi
Fame non ho.

Sagrestano
(con ironia, stropicciandosi le mani)
Oh! Mi rincresce!
(Non può trattenere un gesto di gioia e uno
sguardo di avidità verso il cesto che prende,
ponendolo un po’ in disparte.)

Badi, quand’esce chiuda.
 
CAVARADOSSI
Allons, pars !

SACRISTAIN
Je m’en vais.
(Il sort par le fond. Cavaradossi, le dos tourné à la
chapelle, continue à travailler. Angelotti, croyant
l’église déserte, paraît derrière la grille qu’il ouvre
avec sa clé.)


CAVARADOSSI
(se retournant au bruit de la clé)
Qui va là ?
(Étonné par le mouvement du peintre, Angelotti
s’arrête et semble vouloir regagner sa cachette,
mais en regardant à nouveau il reconnaît
Cavaradossi. Il pousse un cri de joie qu’il tente
d’étouffer. Il tend les bras vers le peintre.)


ANGELOTTI
Toi ! Cavaradossi !
C’est le ciel qui t’envoie !
Ne me reconnais-tu pas ?
La prison m’a-t-elle tellement changé ?

CAVARADOSSI
(regarde Angelotti et se souvient enfin. Il pose sa
palette et ses pinceaux et descend de
l’échafaudage. Il s’approche d’Angelotti en
regardant autour de lui avec précaution.)
Cavaradossi
Va!

Sagrestano
Vo.
(S’allontana per il fondo. Cavaradossi, volgendo le
spalle alla cappella, lavora. Angelotti, credendo
deserta la chiesa, appare dietro la cancellata e
introduce la chiave per aprire.)


Cavaradossi
(al cigolio della serratura si volta)
Gente là dentro!
(Al movimento fatto da Cavaradossi, Angelotti,
atterrito, si arresta come per rifugiarsi ancora nella
cappella, ma, alzati gli occhi, un grido di gioia, che
egli soffoca tosto, timoroso, erompe dal suo petto.
Egli ha riconosciuto il pittore, e gli stende la
braccia come ad un aiuto inaspettato.)


Angelotti
Voi! Cavaradossi!
Vi manda Iddio!
Non mi ravvisate?
Il carcere mi ha dunque assai mutato.

Cavaradossi
(guarda fiso il volto di Angelotti, e, finalmente, lo
ravvisa. Depone rapido tavolozza e pennelli.
Scende dall’impalcato verso Angelotti guardandosi
cauto intorno.)
Angelotti ! Le Consul
de l’ancienne république romaine !
(se dépêche de fermer la porte à droite)

ANGELOTTI
Je viens de m’évader du château Saint-Ange.

CAVARADOSSI
Je suis à vos ordres.

TOSCA
(dehors)
Mario !
(En entendant Tosca, Cavaradossi fait signe à
Angelotti de se taire.)


CAVARADOSSI
Cachez-vous ! C’est une femme jalouse.
Un moment seulement - je vais la renvoyer.

TOSCA
Mario !

CAVARADOSSI
(se tournant vers la direction de la voix)
Voilà !

ANGELOTTI
(se sentant mal, s’adosse à l’échafaudage)
Je suis à bout ! Je défaille !

CAVARADOSSI
(prend le panier de provisions, le donne à Angelotti
et le pousse vers la chapelle en lui donnant
quelques paroles d’encouragement)

Il y a des vivres et du vin dans le panier.
 
Angelotti! Il Console
della spenta repubblica romana!
(Corre a chiudere la porta a destra.)

Angelotti
Fuggii pur ora da Castel Sant’Angelo.

Cavaradossi
Disponete di me.

Tosca
(fuori)
Mario!
(Alla voce di Tosca, Cavaradossi fa un cenno ad
Angelotti di tacere.)


Cavaradossi
Celatevi! È una donna gelosa.
Un breve istante e la rimando.

Tosca
Mario!

Cavaradossi
(verso la porta da dove viene la voce)
Eccomi!

Angelotti
(colto da un accesso di debolezza, si appoggia
all’impalcato)

Sono stremo di forze; più non reggo.

Cavaradossi
(sale sull’impalcato, ne discende col paniere e,
incoraggiando Angelotti, lo spinge verso la
cappella)

In questo panier v’è cibo e vino.
 
ANGELOTTI
Merci !

CAVARADOSSI
Vite !
(Angelotti entre dans la chapelle.)

TOSCA
(toujours en coulisse, appelle d’une voix
impatiente)

Mario ! Mario ! Mario !

CAVARADOSSI
(ouvrant la grille)
Me voici...

TOSCA
(entre précipitamment, bousculant Cavaradossi qui
veut l’embrasser. Elle regarde autour d’elle)

Pourquoi t’être enfermé ?

CAVARADOSSI
C’est le sacristain qui le veut.

TOSCA
Avec qui parlais-tu ?

CAVARADOSSI
Avec toi !

TOSCA
Tu chuchotais avec quelqu’un.
Où est-elle ?
 
Angelotti
Grazie!

Cavaradossi
Presto!
(Angelotti entra nella cappella.)

Tosca
(sempre fuori, chiamando stizzita)
Mario! Mario! Mario!

Cavaradossi
(apre il cancello)
Son qui.

Tosca
(entra con una specie di violenza, allontana
bruscamente Cavaradossi che vuole abbracciarla,
e guarda sospettosa intorno a sé)

Perché chiuso?

Cavaradossi
Lo vuole il sagrestano.

Tosca
A chi parlavi?

Cavaradossi
A te!

Tosca
Altre parole bisbigliavi.
Ov’è?...
 
CAVARADOSSI
Qui ?

TOSCA
Elle ! Cette femme !
J’ai entendu des pas rapides
et le bruissement de sa robe...

CAVARADOSSI
Tu rêves !

TOSCA
Tu le nies ?

CAVARADOSSI
(s’approchant pour l’embrasser)
Je le nie et je t’aime !

TOSCA
(avec un doux reproche)
Oh non ! Devant la Madone,
non, Mario !
D’abord je veux prier et offrir ces fleurs.
(Elle s’approche de la statue de la Madone,
dépose les fleurs et s’agenouille pour prier ; puis
elle se redresse et dit à Mario qui a repris son
travail :)

Écoute-moi ; ce soir je dois chanter,
mais ce ne sera pas long. Attends-moi
à l’entrée des artistes, et nous irons ensemble
tous les deux à ta villa.

CAVARADOSSI
(encore distrait et pensif)
Ce soir ?
 
Cavaradossi
Chi?

Tosca
Colei!... Quella donna!
Ho udito i lesti
passi e un fruscio di vesti...

Cavaradossi
Sogni!

Tosca
Lo neghi?

Cavaradossi
(fa per baciarla)
Lo nego e t’amo!

Tosca
(con dolce rimprovero)
Oh! Innanzi la Madonna.
No, Mario mio!
Lascia pria che la preghi, che l’infiori.
(Si avvicina alla Madonna, dispone con arte intorno
a essa i fiori che ha portato con sé, s’inginocchia
e prega con molta devozione; poi s’alza e dice a
Cavaradossi che si è avviato per riprendere il lavoro:)

Ora stammi a sentir; stasera canto,
ma è spettacolo breve. Tu m’aspetti
sull’uscio della scena
e alla tua villa andiam soli, soletti.

Cavaradossi
(che fu sempre soprappensiero)
Stasera?
 
TOSCA
C’est la pleine lune, lorsque le cœur
se grise du parfum des fleurs.
N’es-tu pas heureux ?

CAVARADOSSI
(toujours préoccupé)
Si, très heureux !

TOSCA
(frappée par son ton)
Redis-le.

CAVARADOSSI
Si, très heureux !

TOSCA
Tu le dis mal !
(Elle s’assied sur les marches près de
Cavaradossi.)

N’as-tu pas envie d’être dans notre petite maison
qui nous attend, enfouie dans la verdure ?
Notre refuge, sacré pour nous et ignoré de tous,
plein d’amour et de mystère.
J’aime écouter près de toi
les voix de la nuit
à travers les ombres
étoilées !
Dans la forêt et dans les buissons,
dans l’herbe sèche, dans les profondeurs
des tombes anciennes
toutes parfumées de thym,
la nuit murmure
ses mille chansons d’amour
et ses conseils perfides
pour adoucir et séduire le cœur.
Les fleurs, les prairies tressaillent
à la brise marine, dans la lunaire clar té,
le désir flotte sous la voûte étoilée,
et Tosca brûle d’un amour fou !
 
Tosca
È luna piena
e il notturno effluvio floreal
inebria il cor. Non sei contento?

Cavaradossi
(ancora un po’ distratto e pensieroso)
Tanto!

Tosca
(colpita da quell’accento)
Tornalo a dir!

Cavaradossi
Tanto!

Tosca
Lo dici male. Lo dici male.
(Va a sedere sulla gradinata presso Cavaradossi.)
Non la sospiri, la nostra casetta
che tutta ascosa nel verde ci aspetta?
Nido a noi sacro, ignoto al mondo inter,
pien d’amore e di mister?
Al tuo fianco sentire
per le silenziose
stellate ombre, salir
le voci delle cose!
Dai boschi e dai roveti,
dall’arse erbe, dall’imo
dei franti sepolcreti
odorosi di timo,
la notte escon bisbigli
di minuscoli amori
e perfidi consigli
che ammolliscono i cuori.
Fiorite, o campi immensi, palpitate,
aure marine, nel lunare albor.
Ah... piovete voluttà, volte stellate!
Arde in Tosca un folle amor!
 
CAVARADOSSI
Oh ! Sirène, tu m’as envoûté !

TOSCA
Le sang de Tosca brûle d’un amour fou !

CAVARADOSSI
Oui, sirène, je viendrai !

TOSCA
Ô mon amour !

CAVARADOSSI
(regarde du côté d’Angelotti)
Mais maintenant il me faut travailler.

TOSCA
Tu me chasses ?

CAVARADOSSI
Le travail presse, tu le sais.

TOSCA
Je m’en vais.
(Elle lève ses yeux et aperçoit le tableau.)
Quelle est cette beauté blonde ?
 
Cavaradossi
Ah! M’avvinci nei tuoi lacci, mia sirena...

Tosca
Arde a Tosca nel sangue il folle amor!

Cavaradossi
Mia sirena, verrò!

Tosca
O mio amore!

Cavaradossi
(guarda verso la parte d’onde uscì Angelotti)
Or lasciami al lavoro.

Tosca
Mi discacci?

Cavaradossi
Urge l’opra, lo sai.

Tosca
Vado! Vado!
(Alza gli occhi e vede il quadro.)
Chi è quella donna bionda lassù?
 
CAVARADOSSI
Marie-Madeleine. Elle te plaît ?

TOSCA
Elle est trop belle !

CAVARADOSSI
(en riant)
C’est un précieux éloge !

TOSCA
(soupçonneuse)
Tu ris ?
J’ai déjà vu ces yeux-là...

CAVARADOSSI
(avec détachement)
Ils sont nombreux de par le monde !

TOSCA
(cherchant à se souvenir)
Attends... Attends...
C’est l’Attavanti !

CAVARADOSSI
Bravo !

TOSCA
(folle de jalousie)
Tu la vois ? Elle t’aime ! Tu l’aimes ?

CAVARADOSSI
Simple coïncidence...

TOSCA
Ces pas... Ces chuchotements...
Elle était là à l’instant...
 
Cavaradossi
La Maddalena. Ti piace?

Tosca
È troppo bella!

Cavaradossi
(ridendo)
Prezioso elogio!

Tosca
(sospettosa)
Ridi?
Quegli occhi cilestrini già li vidi...

Cavaradossi
(con indifferenza)
Ce n’è tanti pel mondo!

Tosca
(cercando ricordare)
Aspetta... aspetta...
È l’Attavanti!

Cavaradossi
Brava!

Tosca
(cieca di gelosia)
La vedi? T’ama! Tu l’ami? Tu l’ami?

Cavaradossi
Fu puro caso...

Tosca
Quei passi e quel bisbiglio...
Ah... Qui stava pur ora!
 
CAVARADOSSI
Viens !

TOSCA
Une amourette ! Me faire cela - à moi !

CAVARADOSSI
(sérieusement)
Je l’ai vue hier, simple coïncidence...
Elle est venue ici se recueillir,
sans me montrer, j’ai fixé ses traits.

TOSCA
Jure-le !

CAVARADOSSI
Je le jure !

TOSCA
(regardant toujours le tableau)
Comme elle me regarde !

CAVARADOSSI
Viens !

TOSCA
Elle se moque de moi ! Elle me nargue !

CAVARADOSSI
Petite sotte !
(Il la tient serrée contre lui en la regardant.)

TOSCA
(insistant)
Oh ! ses yeux...
 
Cavaradossi
Vien via!

Tosca
Ah, la civetta! A me, a me!

Cavaradossi
(serio)
La vidi ieri, ma fu puro caso...
A pregar qui venne...
Non visto la ritrassi.

Tosca
Giura!

Cavaradossi
Giuro!

Tosca
(sempre con gli occhi rivolti al quadro)
Come mi guarda fiso!

Cavaradossi
Vien via!

Tosca
Di me beffarda, ride.

Cavaradossi
Follia!
(La tiene presso di sé, fissandola.)

Tosca
(insistente)
Ah, quegli occhi...
 
CAVARADOSSI
Quels yeux au monde rivalisent
avec les tiens, si profonds, si noirs ?
Tu es mon idole,
tes yeux bouleversants dans l’amour, étincelants
dans la colère...
Quels autres yeux au monde
à côté de tes yeux noirs ?

TOSCA
(vaincue, laisse tomber sa tête sur l’épaule de son amant)
Comme tu sais bien
l’art de séduire !
(mais persistant dans son idée)
Mais fais-lui des yeux noirs !

CAVARADOSSI
Jalouse, ma Tosca est jalouse !

TOSCA
Oui, je sais, je te tourmente
sans cesse.

CAVARADOSSI
Jalouse, ma Tosca est jalouse !

TOSCA
Tu me pardonnerais
si tu savais comme je souffre !

CAVARADOSSI
Tosca adorée
j’aime tout ce qui est toi
tes rages brusques
et ton amour haletant.
 
Cavaradossi
Quale occhio al mondo può star di paro
all’ardente occhio tuo nero?
È qui che l’esser mio s’affisa intero,
occhio all’amor soave, all’ira fiero...
Qual altro al mondo può star di paro
all’occhio tuo nero?

Tosca
(rapita, appoggiando la testa alla spalla di Cavaradossi)
Oh, come la sai bene
l’arte di farti amare!
(sempre insistendo nella sua idea)
Ma, falle gli occhi neri!

Cavaradossi
Mia gelosa!

Tosca
Sì, lo sento, ti tormento
senza posa.

Cavaradossi
Mia gelosa!

Tosca
Certa sono del perdono
se tu guardi al mio dolor!

Cavaradossi
Mia Tosca idolatrata,
ogni cosa in te mi piace -
l’ira audace
e lo spasimo d’amor!
 
TOSCA
Tu me pardonnerais
si tu savais comme je souffre !
Redis ces mots-là.
Ils me réconfortent.
Redis-les.

CAVARADOSSI
Ma vie, mon amour, ma douce inquiète,
je dirai toujours « Floria, je t’aime ».
Bannis tes craintes,
toujours je dirai « Je t’aime !».

TOSCA
(se dégage de ses bras pour ne pas faiblir)
Ciel ! Quelle honte !
Tu as dénoué ma chevelure !

CAVARADOSSI
Maintenant il faut partir !

TOSCA
Tu restes ici pour travailler jusqu’à la nuit.
Promets-moi que quoi qu’il arrive
blonde ou brune, pas une femme
ne viendra prier ici.

CAVARADOSSI
Je le jure ! Maintenant pars !

TOSCA
Pourquoi me presser ainsi !

CAVARADOSSI
(grondeur, voyant renaître sa jalousie)
Quoi, encore ?
 
Tosca
Certa sono del perdono
se tu guardi al mio dolor!
Dilla ancora,
la parola che consola...
dilla ancora!

Cavaradossi
Mia vita, amante inquieta,
dirò sempre, “Floria, t’amo!”
Ah! l’alma acquieta,
sempre “t’amo!” ti dirò!

Tosca
(sciogliendosi, paurosa d’esser vinta)
Dio! Quante peccata!
M’hai tutta spettinata.

Cavaradossi
Or va, lasciami!

Tosca
Tu fino a stasera stai fermo al lavoro.
E mi prometti: sia caso o fortuna,
sia treccia bionda o bruna,
a pregar non verrà donna nessuna?

Cavaradossi
Lo giuro, amore! Va!

Tosca
Quanto m’affretti!

Cavaradossi
(con dolce rimprovero, vedendo rispuntare la gelosia)
Ancora?
 
TOSCA
(le serrant dans ses bras, tendant sa joue)
Rien. Pardonne-moi !

CAVARADOSSI
(souriant)
Devant la Madone ?

TOSCA
Elle est si bonne !
Mais fais-lui des yeux noirs !
(Un baiser et Tosca part. Cavaradossi écoute le
bruit de ses pas qui s’éloignent, puis regarde à
travers la porte à demi-ouverte. Assuré de sa
solitude, il court vers la chapelle et Angelotti paraît
aussitôt derrière la grille.)

CAVARADOSSI
(ouvrant la grille pour Angelotti, qui, naturellement,
a tout entendu)

Ma Tosca est bonne, mais obéissant
à son confesseur, elle ne sait rien dissimuler.
Il valait mieux ne rien lui dire.

ANGELOTTI
Sommes-nous seuls ?

CAVARADOSSI
Oui, que comptez-vous faire ?

ANGELOTTI
Au point où en sont les choses, partir sur le champ
ou demeurer caché à Rome. Ma sœur...
 
Tosca
(cadendo nelle sue braccia e porgendogli la guancia)
No, perdona!

Cavaradossi
(sorridendo)
Davanti alla Madonna?

Tosca
È tanto buona!...
Ma falle gli occhi neri!
(Un bacio, e Tosca esce correndo. Appena uscita
Tosca, Cavaradossi sta ascoltandone i passi
allontanarsi, poi con precauzione socchiude l’uscio
e guarda fuori. Visto tutto tranquillo, corre alla
cappella. Angelotti appare subito dietro alla
cancellata.)


Cavaradossi
(aprendo la cancellata ad Angelotti, che naturalmente
ha dovuto sentire il dialogo precedente)

È buona la mia Tosca, ma, credente
al confessor, nulla tiene celato,
ond’io mi tacqui. È cosa più prudente.

Angelotti
Siam soli?

Cavaradossi
Sì. Qual è il vostro disegno?

Angelotti
A norma degli eventi, uscir di Stato
o star celato in Roma. Mia sorella...
 
CAVARADOSSI
L’Attavanti ?

ANGELOTTI
Oui. Elle a caché des vêtements de femme
sous l’autel :
une robe, un voile, un éventail.
Quand il fera nuit, je revêtirai ces vêtements.

CAVARADOSSI
Je comprends maintenant !
Les précautions
et les ferventes prières
d’une si belle et si jeune fille
m’avaient rendu soupçonneux.
Je croyais à un amour caché !
Maintenant, je comprends !
C’était de l’amour fraternel !

ANGELOTTI
Elle tenterait tout
pour me soustraire aux griffes de Scarpia !

CAVARADOSSI
Scarpia ! Bigot sadique qui mêle
à la religion ses pratiques
libertines et joue de ses talents lascifs
pour être à la fois
le confesseur et le bourreau !
Je vous sauverai, dussé-je y risquer ma vie !
Mais il serait dangereux d’attendre la tombée de la nuit.
J’ai peur du jour !
 
Cavaradossi
L’Attavanti?

Angelotti
Sì; ascose un muliebre
abbigliamento là sotto l’altare,
vesti, velo, ventaglio. Appena imbruni
indosserò quei panni...

Cavaradossi
Or comprendo!
Quel fare circospetto
e il pregante fervore
in giovin donna e bella
m’avean messo in sospetto
di qualche occulto amor!
Or comprendo!
Era amor di sorella!

Angelotti
Tutto ella ha osato
onde sottrarmi a Scarpia scellerato!

Cavaradossi
Scarpia? Bigotto satiro che affina
colle devote pratiche la foia
liber tina e strumento
al lascivo talento
fa il confessore e il boia!
La vita mi costasse, vi salverò!
Ma indugiar fino a notte è mal sicuro.
Temo del sole!
 
CAVARADOSSI
La chapelle donne sur un jardin potager :
puis il y a des champs déserts
qui conduisent à ma villa.

ANGELOTTI
Oui, je sais.

CAVARADOSSI
Voici la clé. Je vous rejoindrai
avant la nuit. Emportez avec vous
ces vêtements de femme.

ANGELOTTI
(rassemblant les vêtements placés sous l’autel)
Dois-je les mettre ?

CAVARADOSSI
Pas maintenant. Le chemin est désert.

ANGELOTTI
(en partant)
À bientôt !

CAVARADOSSI
(courant après lui)
Si les choses se gâtent, cachez-vous
dans le puits du jardin. L’eau est très basse
et, à mi-hauteur, une petite ouverture
conduit à une chambre obscure.
C’est une cachette sûre et impénétrable.
(Un bruit de canon. Les deux hommes se
regardent, alarmés.)
Le canon du château !
 
Cavaradossi
La cappella mette
a un orto mal chiuso, poi c’è un canneto
che va lungi pei campi a una mia villa.

Angelotti
M’è nota.

Cavaradossi
Ecco la chiave; innanzi sera
io vi raggiungo; portate con voi
le vesti femminili.

Angelotti
(raccoglie in fascio le vestimenta sotto l’altare)
Ch’io le indossi?

Cavaradossi
Per or non monta, il sentier è deserto.

Angelotti
(per uscire)
Addio!

Cavaradossi
(accorrendo verso Angelotti)
Se urgesse il periglio, correte
al pozzo del giardin. L’acqua è nel fondo,
ma a mezzo della canna, un picciol varco
guida ad un antro oscuro,
rifugio impenetrabile e sicuro!
(Un colpo di cannone; i due si guardano
agitatissimi.)
Il cannon del castello!
 
CAVARADOSSI
Ils ont découver t votre fuite.
Maintenant Scarpia va lâcher sa meute !

ANGELOTTI
Adieu !

CAVARADOSSI
(se décidant soudain)
Je vous accompagne. Soyons prudents !

ANGELOTTI
Quelqu’un vient !

CAVARADOSSI
Si on nous attaque, défendons-nous !
(Ils partent rapidement par la chapelle. Le
sacristain entre en courant, très excité.)


SACRISTAIN
Bonne nouvelle, Excellence !
(Il regarde l’échafaudage, surpris de ne pas voir le
peintre.)
Il n’est pas là. Cela me chagrine !
Celui qui prie pour un mécréant
gagne une indulgence !
(De tous les côtés arrivent des prêtres, des clercs,
les chantres de la chapelle. Grand branle-bas.)

Tout le chœur est là !
Vite !
(D’autres chanteurs arrivent en se hâtant. Un
groupe se forme.)

 
Cavaradossi
Fu scoperta la fuga!
Or Scarpia i suoi sbirri sguinzaglia!

Angelotti
Addio!

Cavaradossi
(con subita risoluzione)
Con voi verrò. Staremo all’erta!

Angelotti
Odo qualcun!

Cavaradossi
Se ci assalgon, battaglia!
(Escono rapidamente dalla cappella. Entra il
sagrestano correndo, tutto scalmanato, gridando:)


Sagrestano
Sommo giubilo, Eccellenza!
(Guarda verso l’impalcato e rimane sorpreso di
non trovarvi neppure questa volta il pittore.)

Non c’è più! Ne son dolente!
Chi contrista un miscredente
si guadagna un’indulgenza!
(Accorrono da ogni parte chierici, allievi e cantori
della cappella. Tutti costor entrano tumultuosamente.)

Tutta qui la cantoria!
Presto!
(Altri allievi entrano in ritardo e alla fine si
radunano tutti.)

 
CLERCS
(en grand émoi)
Où ?

SACRISTAIN
(poussant plusieurs prêtres)
Dans la sacristie.

CLERCS
Mais que se passe-t-il ?

SACRISTAIN
Vous ne savez pas ?
Bonaparte... ce bandit...
Bonapar te...

CLERCS
Eh bien, quoi ?

SACRISTAIN
Il a été plumé et écrasé,
envoyé à Belzébuth !

CHŒUR
Qui l’a dit ? C’est un rêve ! C’est impossible !

SACRISTAIN
C’est la vérité.
Nous venons d’apprendre la nouvelle !

CHŒUR
Il faut célébrer cette victoire !
 
Allievi
(colla massima confusione)
Dove?

Sagrestano
(spinge alcuni chierici)
In sagrestia.

Alcuni allievi
Ma che avvenne?

Sagrestano
Nol sapete?
Bonaparte...scellerato...
Bonaparte...

Altri
Ebben? Che fu?

Sagrestano
Fu spennato, sfracellato
e piombato a Belzebù!

Coro
Chi lo dice? È sogno! È fola!

Sagrestano
È veridica parola;
or ne giunse la notizia!

Coro
Si festeggi la vittoria!
 
SACRISTAIN
Et ce soir,
grande retraite aux flambeaux ;
une soirée de gala au Palais Farnèse,
et une nouvelle cantate pour l’occasion
chantée par Floria Tosca !
Et dans les églises
des
Te Deum ;
maintenant, vite,
plus de bruit,
entrez dans la sacristie !

CHŒUR
(riant et criant joyeusement)
Double ration...
Te Deum... Gloria !
Vive le Roi ! Réjouissons-nous !
etc.
(L’excitation est à son comble quand une voix
ironique arrête brusquement le tumulte des
chansons et des rires. C’est Scarpia ; derrière lui,
Spoletta et plusieurs policiers.)


SCARPIA
Tout ce bruit dans une église !
Quel respect !

SACRISTAIN
(bégayant de peur)
Monseigneur, cette grande nouvelle...

SCARPIA
Organisez le
Te Deum.
(Tous partent, l’air penaud ; le sacristain tente
aussi de partir, mais Scarpia le retient
brusquement.)

Toi, reste-là !

SACRISTAIN
(terrifié)
Je ne bougerai pas.

SCARPIA
(à Spoletta)
Fouillez dans tous les recoins,
suivez toutes les pistes.
 
Sagrestano
E questa sera
gran fiaccolata,
veglia di gala a Palazzo Farnese,
ed un’apposita nuova cantata
con Floria Tosca!
E nelle chiese
inni al Signor!
Or via a vestirvi,
non più clamor!
Via, via in sagrestia!

Coro
(ridendo et gridando)
Doppio soldo...Te Deum! Gloria!
Viva il Re! Si festeggi la vittoria! ecc.
(Le loro grida sono al colmo, allorché una voce
ironica tronca bruscamente quella gazzarra volgare
di canti e risa. È Scarpia; dietro al lui entrano
Spoletta e alcuni sbirri.)


Scarpia
Un tal baccano in chiesa!
Bel rispetto!

Sagrestano
(balbettando impaurito)
Eccellenza, il gran giubilo...

Scarpia
Apprestate per il Te Deum.
(Tutti s’allontanano mogi; anche il sagrestano fa
per cavarsela, ma Scarpia bruscamente lo trattiene.)

Tu resta.

Sagrestano
(impaurito)
Non mi muovo!

Scarpia
(a Spoletta)
E tu va, fruga ogni angolo, raccogli
ogni traccia.
 
 
libretto by Luigi Illica, Giuseppe Giacosa
 
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