Le chalet

by Adolphe Adam libretto (French German)


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Personnages

Daniel, un jeune agriculteur - Ténor
Bettly, sœur de Max - Soprano
Max, dans l'armée suisse - Basse
Chœurs: Soldats, jeunes hommes et femmes de la vallée.



Personen

Daniel, ein junger Bauer - Tenor
Bettly, Schwester von Max - Sopran
Max, in der Schweizer Armee - Bass
Chorus: Soldaten, junge Männer und Frauen der Tal.



Scène I.

Des jeunes filles et des garçons du canton, portant des hottes en bois blanc, remplies de lait.

CHOEUR.
Déja dans la plaine,
Le soleil ramène
Filles et garçons,
Et laitière agile,
Et une pas agile,
Partons pour la ville,
Quittons nos vallons!
LES JEUNES FILLES, appelant.
Bettly? ... Bettly? ... comment n'est-elle pas ici?
Nous venions la chercher pour partir avec elle!
LES GARÇONS, à mi-voix et regardant autour d'eux.
Au rendez-vous Daniel n'est pas fidèle,
Nous qui voulions rire de lui!
LES JEUNES FILLES.
Sans voir l'effet de notre ruse,
Il faut partir, il est grand jour!
LES GARÇONS.
Mais du faux hymen qui l'abuse,
Ce soir nous rirons au retour!
ENSEMBLE.
Déja dans la plaine, etc.
Au moment où ils vont partir, Daniel paraît sur la montagne.

 
Scene 1.

Die Bühne stellt das Innere einer Sennhütte vor. Zu beiden Seiten eine Thüre und eine im Hintergrunde, die sich nach dem Freien zu öffnet und in der Ferne das Hochgebirg erblicken läßt. Burschen und Mädchen in der Landestracht, weiße Milchbutten tragend, kommen singend dahergezogen.

CHOR.
Seht schon flieh'n die Schatten
Von den Alpenmatten
Vor dem Morgenstrahl.
Darum ohne Weilen
Laßt hinab uns eilen
Nach der Stadt im Thal.
DIE MÄDCHEN rufend.
Bettly! Bettly! wo mag sie sein? ist sie schon fort?
Sie sollte mit uns geh'n und läßt sich nirgend's sehen!
DIE BURSCHE mit gedämpfter Stimme, umherblickend.
O weh! jetzt ist es wohl um unsern Spaß geschehen,
Zum süßen Stelldichein hält Daniel nicht Wort.
DIE MÄDCHEN.
Zu seh'n, ob unsre List gelungen,
Ist's nun zu spät, wir müssen gehn!
DIE BURSCHE.
Wie tief er sich in's Netz verschlungen
Das werden wir heut' Abend seh'n.
ALLE.
Seht schon flieh'n die Schatten
Von den Alpenmatten
Vor dem Morgenstrahl.
Darum ohne Weilen
Laßt hinab uns eilen
Nach der Stadt im Thal.
Im Augenblick wo sie abziehen wollen, erblickt man Daniel draußen auf der Berghöhe.

 

Scène II.

Les Précédents, Daniel.

LES JEUNES FILLES.
C'est lui! ... le voici! ... c'est Daniel,
Le plus beau garçon d'Appenzel.
LES GARÇONS, entre eux et à mi-voix.
Qu'il a l'air fier et satisfait!
Il a reçu notre billet!
DANIEL.
Air.

Elle est à moi! ... c'est ma compagne!
Elle est à moi! ... j'obtiens sa main!
Tous nos amis de la montagne
Seront jaloux de mon destin!
Long-temps insensible et cruelle,
Bettly repoussa mon amour!
Mais je reçois ce billet d'elle,
Et je l'épouse dans ce jour!
Elle est à moi! c'est ma compagne!
Elle est à moi! j'obtiens sa foi!
Tous les garçons de la montagne
Seront jaloux de mon destin!
O bonheur extrême!
Enfin elle m'aime!
Je veux qu'ici même
Chacun soit heureux!
Que tout le village,
Q'aujourd'hui j'engage
Pour mon mariage,
Accoure en ces lieux!
Que ce soir en cadence
Et les jeux et la danse
Animent nos coteaux,
Que le hautbois résonne!
Venez tous! ... je vous donne
Le vin de mes tonneaux!
O bonheur extrême!
Enfin elle m'aime!
Je veux, qu'ici même
Chacun soit heureux! etc.
Je suis riche et ce que renferme
Mon cellier, ma grange ou ma ferme,
Prenez ... prenez ... tout est à vous,
Que tout soit commun entre nous!
Ensemble.

LES JEUNES GENS, à part.
Comme il est dupe! ... Ah! c'est charmant!
Scene 2.

Daniel. Die Vorigen.

DIE MÄDCHEN.
Er ist's! Siehe da! Daniel,
Der schönste Bursch von Appenzell.
DIE BURSCHE unter sich, halblaut.
Seht wie er stolz und freudig blickt,
Seit wir das Brieflein ihm geschickt!
DANIEL.
Arie.

Sie willigt ein, für meine Leiden
Reicht sie zum Lohn mir ihre Hand,
Wie werden sie mich all beneiden,
Die Freier, um dieß Wonneband.
Wie lang auch gegen all mein Lieben
Sie kalt und grausam sich gestellt,
Der Brief, den sie mir heut' geschrieben,
Macht glücklich mich hier auf der Welt.
O, des hohen Glückes!
Sie, die Schönste, liebt mich!
Nehmt an dem Entzücken
Nachbarn alle Theil.
Freundlichst seid geladen
Heut' zu mir Ihr alle,
Meine theuren Freunde,
Auf kommt schnell zu mir.
Die Musik soll erklingen
Und Alles soll sich schwingen
Im festlich munt'ren Reih'n.
So kommet denn ihr Gäste
Zum fröhlich heit'ren Feste,
Zum Tanz und zum Wein.
So ist erreicht denn mein heißes Sehnen
Und ich empfang die liebe Hand;
Wie wird mich alles in der Runde
Beneiden um dieß Liebespfand.
O, des hohen Glückes!
Sie, die Schönste, liebt mich!
Nehmt an dem Entzücken
Nachbarn alle Theil.
Freundlichst seid geladen
Heut' zu mir Ihr Alle
Meine theuren Freunde,
Auf, kommt schnell zu mir.
Ich bin reich: Ihr sollt's genießen,
Alles will ich Euch erschließen,
Küch' und Keller, Speis' und Wein,
Alles soll heut' Euer sein.
LES JEUNES FILLES, à part.
C'pauvre garçon est si content
Il me fait d'la peine vraiment!
TOUS.
A ce soir! ... à ce soir! ...
DANIEL.
A ce soir! ... quel moment!

Ensemble.


CHOEUR, à part.
Ah! combien il l'aime!
Je ris en moi-même
De l'erreur extrême
Qui trompe ses vœux!

Haut.


Oui, tout le village,
Que Daniel engage
Pour son mariage,
Viendra dans ces lieux.
DANIEL.
O bonheur extrême!
Enfin elle m'aime!
Je veux qu'ici même
Chacun soit heureux!
Que tout le village,
Qu'aujourd'hui j'engage
Pour mon mariage,
Accoure en ces lieux!

Il sortent tous par la porte du fond en regardant Daniel et en se moquant de lui.


 

ALLE.
Alles soll für uns heute sein.
DANIEL.
O, des hohen Glückes!
Sie die Schönste liebt mich!
Nehmt an dem Entzücken
All' Ihr Nachbarn Theil.
Freundlichst seid geladen
Heut' zu mir Ihr Alle,
Meine theuren Freunde,
Auf kommt schnell zu mir.
CHOR.
Seht wie freundlich er gewogen,
Alles gibt er, Tanz und Wein.
Wüßt' er, wie wir ihn betrogen,
Lüd' er sicher uns nicht ein.
DANIEL.
Vom Tanzen und Springen
Soll alles erklingen
Am festlichen Tag.
CHOR.
Am festlichen Tag.



Scène III.

DANIEL, seul et lisant. J'ai là sa lettre, j'ai sa promesse: Monsieur Daniel, je vous aime, et aujourd'hui je serai votre femme. J'avoue que ça m'a étonné, parceque jamais mademoiselle Bettly ne m'avait donné d'espérance!.. au contraire .... mais on dit que les jolies filles ont des caprices, et à ce titre-là elle a le droit d'en avoir; ce n'est pas moi qui lui en voudrai! ... Je lui en veux seulement d'être sortie de si bonne heure ... elle devait bien se douter que j'accourrais sur-le champ! et Dieu sait si je me suis essoufflé à gravir la montagne! ... Après tout, elle a bien fait de se décider ... Il y a si long- temps que je l'aime ... et puis, comme on dit, les années arrivent pour tout le monde, et elle aurait été tout étonnée un de ces matins de se trouver une vieille fille! ... au lieu que ça fera une jeune femme! ... la plus jolie! la plus gracieuse! Regardant. Oh! la v'là! ... la v'là! ... c'est elle!



Scene 3.

Daniel, allein. Zieht den Brief hervor und geht triumphirend damit auf und ab.

DANIEL. Nein, es ist kein Traum! Da steht es ja schwarz auf weiß: »Keinem Anderen, als Euch, theuerster Daniel, gehört mein Herz und heute noch bin ich bereit, Euch meine Hand vor dem Altare zu reichen!« – Ich gestehe, daß mich diese plötzliche Gesinnungsänderung höchlich überrascht hat, da Bettly mir niemals die geringste Hoffnung gab; im Gegentheil, sie behandelte mich so schnöde, daß ich der Verzweiflung nahe kam; ei nun, alle hübschen Mädchen haben ihre Launen und Bettly hat vor Allen ein Recht dazu; bin ich ja doch nicht der Einzige, der nach ihrem niedlichen Händchen trachtet; alle Bursche weit und breit, sind von ihr bezaubert. Wie hart, ja grausam sie mich früher auch behandelte; Alles soll vergessen seyn; ihr Briefchen hat allen Gram aus meinem Herzen verbannt – und doch bin ich ihr ein Bischen böse, daß sie schon so früh ausgegangen ist! Sie konnte sich leicht denken, daß ich nach Empfang ihrer Himmelsbothschaft auf der Stelle hieher eilen würde, um ihr meinen heißen Dank abzustatten! Gott weiß, sie hat mich lange genug seufzen und schmachten lassen – vielleicht war es aber auch meine eigene Schuld! Ich hätte kecker seyn und nicht so schüchtern um sie herschleichen, sondern gleich mit der Sprache heraus rücken sollen: Willst Du mich oder nicht? – Gott muß ein Wunder gethan haben, sonst wäre sie gewiß nicht mit einem schriftlichen Liebesbekenntniß mir zuerst entgegen gekommen. Aber um so besser! Juchhe! Wirft seine Mütze in die Höhe und tanzt jodelnd in der Stube herum; plötzlich bemerkt er Bettly, welche indessen zur Hinterthüre hereingetreten ist, und bleibt verlegen stehen.



Scène IV.

Daniel, Bettly.

BETTLY. Tiens! ... c'est vous, monsieur Daniel? comment êtes-vous ici? ...
DANIEL. C'te question! ... C'est moi, mademoiselle Bettly, qui vous demanderai comment n'y êtes-vous pas?
BETTLY. Parceque le percepteur m'avait fait dire hier qu'il avait une lettre pour moi: ce ne pouvait être que de mon frère Max ... Alors, dans mon impatience, je n'ai pas pu attendre ... J'ai été la chercher! ... la voilà!
DANIEL, avec embarras. Il se porte bien, monsieur Max? ... Il n'a pas été tué? ...
BETTLY. Puisqu'il écrit ...
DANIEL. C'est vrai! ... c'est que les soldats, ça ... leur arrive souvent ... lui sur-tout qui se bat depuis si long-temps!
BETTLY. Voilà quinze ans qu'il nous a quittés! ... J'étais bien jeune ... mais je me rappelle encore le jour de son départ; quand, le sac sur le dos, il faisait ses adieux à mon père et à ma mère ... qui vivaient alors! ... et que moi il me prit sur ses genoux en me disant: Adieu, petite sœur; si je ne suis pas tué, je reviendrai danser à ta noce.
DANIEL. Ça se trouve bien! ...
BETTLY. Comment cela?
DANIEL. C'est-à-dire, non ... Ça se trouve mal! parceque, quoique je tienne à faire la connaissance de M. Max, je ne me soucie pas d'attendre son retour, pour notre mariage ...
BETTLY. Notre mariage! ... D'où te viennent ces idées-là?
DANIEL. Pardi! de vous, mam'selle ... Car, moi aussi Déroulant sa lettre. j'ai reçu une lettre ... une lettre ben aimable, qui ne me vient pas d'un frère ... mais d'une personne que je chéris plus que tout au monde ... plus que moi-même!
BETTLY, avec surprise. Et bien?
DANIEL, déconcerté. Eh bien! ... Vous me regardez là d'un air étonné ... Vous savez bien que ce billet où l'on promet de m'épouser ... est signé de vous? ...
BETTLY, prenant la lettre. De moi? ce n'est pas possible! ... et pour de bonnes raisons ... D'abord je ne sais ni lire ni écrire ... c'est-à-dire je signe mon nom, et très gentiment ... mais ça n'est pas comme ça.
DANIEL. Est-il possible! ... Cet amour, ce mariage ... tout ce bonheur qu'il y avait là-dedans, vous ne l'avez pas promis ... vous ne l'avez pas pensé?
BETTLY. Non vraiment.
DANIEL. Je suis donc fou! ... je perds donc la raison! Qu'est-ce que ça signifie?
BETTLY. Ça signifie, mon pauvre garçon, que les jeunes filles on les jeunes gens du village se sont moqués de toi ... et de moi!
DANIEL. Quelle perfidie! ... quelle trahison! ... Je n'ai plus qu'à m'aller jeter dans le lac ...
BETTLY, le retenant. Y penses-tu?
DANIEL. Savez-vous bien, mam'selle, que je les ai tous invités à ma noce pour ce soir; que j'ai commandé les violons ... que j'ai commandé le repas? ...
BETTLY. O ciel!
DANIEL. J'ai défoncé tous mes tonneaux; j'ai tué un bœuf, deux moutons ... étranglé tous mes canards! ... Que voulez-vous, j'étais si heureux ... je voulais que tout le monde s'en ressentît! ... Je n'y étais plus ... je ne me connaissais plus ... et ce n'est rien encore! ... j'ai fait bien pis que cela ... j'ai couru chez le notaire ...
BETTLY, effrayée. Et tu l'as étranglé aussi? ...
DANIEL. Non, mam'selle ... mais je l'ai obligé sur-le- champ à me faire un contrat de mariage où je vous donne tout ce que je possède ... Car je suis le plus riche du pays ... j'ai trois cents vaches à la montagne, une fabrique et deux métairies ... Et tout ça était à vous, ainsi que moi, par-dessus le marché ... Je l'avais signé, le voilà ... et, au lieu de cela, je suis perdu, déshonoré dans le canton! ... Ils vont me montrer au doigt.
BETTLY. Et moi donc! ... m'exposer, me compromettre à ce point! A-t-on jamais vu une pareille extravagance? sans réfléchir, sans me consulter, croire à une pareille lettre! ...
DANIEL, timidement. Dame! on croit si vite au bonheur! ... Et puis, tous ces gens-là qui vont se railler et se moquer de moi ... Il nous serait si facile, si vous le vouliez ... de nous moquer d'eux! ...
BETTLY. Comment cela?
DANIEL. En mettant seulement votre nom au bas de cette page ...
BETTLY. Y penses-tu? ... Tout serait fini, nous serions mariés.
DANIEL. C'est justement ce que je veux!
BETTLY. Et moi, je ne le veux pas ... tu le sais bien ... Je ne veux pas entendre parler de mariage, je l'ai juré ...
DANIEL. Et pourquoi cela? ...
BETTLY. Pourquoi?

Couplets.


Dans ce modeste et simple asile
Nul ne peut commander que moi!
Je suis libre, heureuse et tranquille,
Je puis courir par-tout, je croi,
Sans qu'un mari gronde après moi;
Ou si quelque amoureux
Soupçonneux
Veut faire les gros yeux,
Moi, j'en ris
Scene 4.

Daniel. Bettly.

BETTLY. Sieh da, Daniel! Was treibt Euch denn so früh schon her?
DANIEL bei Seite. Welch eine Frage! Laut. Wär es nicht fügsicher, wenn ich fragte, was Euch schon in aller Frühe aus dem Hause getrieben hat?
BETTLY. Ei, das will ich Euch sagen; der Einnehmer unten im Dorfe ließ mir sagen, es sei ein Brief an mich bei ihm angekommen, – von wem anders könnte dieser Brief seyn, als von meinem Bruder Max. – Ihr könnt wohl denken, daß mich die Ungeduld, wieder einmal nach so langer Zeit etwas von ihm zu erfahren, schon in aller Frühe zum Einnehmer trieb. Seht, da hab' ich den Brief.
DANIEL verlegen. Nun, befindet er sich wohl, der Bruder Max ... ist er im Kriege nicht todt geschossen worden? ...
BETTLY. Wie könnte er mir denn sonst schreiben?
DANIEL. Ja so – nun, einem Soldaten kann das schon passiren – Eurem Max besonders, der schon so lange Zeit im Felde dient –
BETTLY seufzend. Heut sind es fünfzehn Jahre, seit er von hier fortgezogen ist – ich war damals noch ein kleines Kind – ich meine aber, ich sehe ihn noch vor mir, wie er Abschied nahm, der gute Maxli, wie er, den Tornister aufgeschnallt, bald den Vater, bald die Mutter – Beide lebten damals noch – in die Arme schloß und den Thränen nicht zu wehren vermochte – wie er mich auf den Arm nahm, an das Herz drückte und in die Worte ausbrach, die mir unvergeßlich bleiben: »Adje, Schwesterchen! Wenn mich keine Kugel wegrafft, so komm' ich zu deinem Hochzeitsfeste wieder zurück, um es mitfeiern zu helfen.«
DANIEL bei Seite. Das konnte sich nicht besser fügen!
BETTLY. Was sagt Ihr?
DANIEL. Nun ich meine nur – nein, ich wollte sagen – es kommt doch ungelegen – aber – aber, sey's drum, es freut mich herzlich, die Bekanntschaft des Bruders Max machen zu können – nur fiel es mir schwer, wenn wir unsere Hochzeit bis zu seiner Rückkunft verschieben müßten ....
BETTLY. Was schwatzt Ihr da von unserer Hochzeit? – Ich glaube, Daniel, Ihr seid nicht recht bei Troste? Woher sind Euch denn diese Gedanken zugeflogen?
DANIEL. Ei der Tausend! Ihr fragt, woher? Woher denn sonst als von Euch, Jungfer Bettly! Hab' ich denn nicht gestern Er reicht ihr den Brief hin. dieß Brieflein, von Euch erhalten? Dieß liebe, liebe Brieflein, das mich in den Himmel versetzt hat?
BETTLY nimmt ihm den Brief ab und betrachtet denselben verwundert. Dieser Brief von mir? Ich soll einen Brief geschrieben haben?
DANIEL. O Gott, Ihr fragt noch und haltet ihn in der Hand, diesen Brief, der mir endlich die Erfüllung meiner sehnlichsten Wünsche gewährt, der mir Eure lange verheimlichte Liebe gesteht, der mir heute noch Eure Hand vor dem Altare verheißt, und ...
BETTLY. Aber, Daniel, so kommt doch zur Vernunft! Dieser Brief rührt nicht von mir her – das wäre unmöglich – und zwar schon aus dem Grunde, weil ich nicht schreiben kann – das heißt, meinen Namen, den kann ich schon zierlich hinmalen, das hat mich der Herr Pfarrer gelehrt, aber sonst kein Wort!
DANIEL. Wie! ach Gott, ach Gott! All mein Hoffen ist dahin! Euer Herz, Eure Hand. – Diese Schätze sind mir alle plötzlich wieder entschwunden! Ihr habt nichts, gar nichts versprochen? Ihr habt nicht einmal etwas dergleichen in Gedanken getragen? –
BETTLY. Nein, nicht im Entferntesten! Gott sey mein Zeuge!
DANIEL. So bin ich verrückt? Steht denn mein Kopf noch auf dem alten Fleck? Was soll denn das heißen?
BETTLY. Das soll heißen, guter Daniel, daß die Bursche und Mädchen der Nachbarschaft sich wieder einmal einen Spaß gemacht und Euch – und leider auch mich zum Besten gehabt haben.
DANIEL. O! Abscheulich, abscheulich! – So bleibt mir nichts übrig, als mich in den See zu stürzen.Will gehen.
BETTLY ihn zurückhaltend. Wo denkt Ihr hin, Daniel!
DANIEL. Ach, Jungfer Bettly, – Ihr wißt nicht, was ich in der Freude meines Herzens schon gethan – ich habe alle Freunde und Bekannte aus der ganzen Nachbarschaft auf heute Abend zur Hochzeit geladen! Ich habe schon die Geiger und Pfeiffer bestellt – für Essen und Trinken gesorgt – ich habe schon –
BETTLY. Allmächtiger Himmel!
DANIEL. All meine Fässer hab' ich angestochen, einen Ochsen und zwei Hämmel geschlachtet, allen meinen Gänsen die Hälse abgeschnitten. – Warum denn nicht – war ich ja doch so unaussprechlich glücklich – die ganze Welt hätt' ich einladen und bewirthen mögen, und sie meine Wonne mit empfinden lassen – ich war außer mir vor Seligkeit – ganz berauscht – ja, dieser Taumel hat mich noch zu weit mehr hingerissen; ich bin sogar zum Advocaten gelaufen, um unsern Heiraths-Contract ausfertigen zu lassen.
BETTLY. Du bist ein entsetzlicher Mensch! Unseren Heiraths-Contract!
DANIEL. Ja, gleich unter meinen Augen hat er ihn verfertigen müssen. Ich vermache darin meiner Frau Alles, was ich besitze. Ich bin der Reichste im ganzen Oberland; ich habe dreihundert Kühe auf der Hochalp und außerdem eine Sägemühle und zwei Meiereien. Und Alles das sollte Euer sein und ich dazu noch obendrein, versteht sich. Von mir ist der Contract bereits unterzeichnet, da, seht nur – es fehlt nur noch Euer Name und – erhört ihr mich nicht, so bin ich verloren, so bin ich mit Schimpf und Schande bedeckt, der ganze Canton wird mit Fingern auf mich weisen.
BETTLY. Wie habt Ihr aber auch so leichtsinnig sein können! Meinen Ruf so zu compromittiren. Hat man jemals so etwas erlebt! Wie kann man nur so unvernünftig seyn, einem bloßen Brief, dessen Hand man nicht einmal kennt, blinden Glauben zu schenken. Hättet Ihr mich denn nicht erst fragen können?
DANIEL schüchtern. Meiner Treu! Man glaubt so rasch an ein Glück! Ach, wie werden sie mich all nun auslachen und verspotten! – Und doch wär' es uns ein Leichtes, wenn nur Ihr wolltet, Jungfer Bettly, umgekehrt uns über sie lustig zu machen.
BETTLY. Wie so denn?
DANIEL. Ihr braucht nur Euren Namen hier auf den Contract zu setzen.
BETTLY. Wo denkt Ihr hin? Das gäb' eine schöne Geschichte – dann wären wir ja verheirathet!
DANIEL. Ei, das ist's ja, was ich so sehnlich wünsche!
BETTLY. Aber ich nicht im Geringsten; nein, nein, daraus wird nichts! Ihr wißt, Daniel, und ich hab's Euch schon mehr als Einmal rund heraus gesagt: ich will kein Wort von heirathen hören – ich hab es mir feierlich geschworen. ...
DANIEL. Ach, und warum denn.
BETTLY. Warum?

Lied.
1.


In diesem friedlich stillen Kreise
Bin ich allein Gebieterinn,
Hier leb' ich frei nach meiner Weise
Kann thun, was mir nur kommt in Sinn,
Kein Eh'mann brummt mir zwischenhin.
Mag auch ein eitler Geck
Noch so keck
Liebäugeln stets nach mir:
Et lui dis:
Liberté chérie,
Seul bien de la vie,
Liberté chérie,

Mettant la main sur son cœur.


Règne toujours là!
Tra, la, la, la, tra la la la,
Tant pis pour qui s'en fâchera!

Deuxième couplet.


J'irais, quand je suis ma maîtresse,
Me donner un maître! ... oui-da!
Pour qu'à la danse, où l'on s'empresse,
Quand un galant m'invitera,
Mon mari dise: Restez là!
Un époux en fureur
Me fait peur;
C'est alors que mon cœur
Ne dirait
Qu'en secret:
Liberté chérie,
Seul bien de la vie, etc., etc.
DANIEL. Tra la la! tra la la! ... ce n'est pas des raisons. Dieu! si j'avais assez d'esprit pour en trouver ... comme je vous prouverais ...
BETTLY. Quoi?
DANIEL. Qu'il faut prendre un mari! ...
BETTLY. Et à quoi ça me servira-t-il?
DANIEL. A quoi? ... Vous me faites là une drôle de question! ... Ça servirait à vous aimer ... n'est-ce donc rien?
BETTLY. Si vraiment! ... mais tu vois bien que tu m'aimes sans cela ... que je puis compter sur ton amitié ...
DANIEL. Oh! oui, mam'selle ...
BETTLY. Comme toi sur la mienne! ... Car, vois-tu bien, Daniel, je rends justice à tes bonnes qualités ... Tu es un brave garçon ... un excellent cœur ... et si j'épousais quelqu'un, c'est toi que je choisirais.
DANIEL, avec chaleur. Vraiment? ...
BETTLY. Mais calme-toi ... je n'épouserai personne! ... c'est plus fort que moi ... ainsi ne m'en parle plus ... ne m'en parle jamais! ... et, pour n'y plus songer, tiens, rends-moi un service.
DANIEL. Un service! parlez, mam'selle ... Où faut-il aller? que faut-il faire?
BETTLY. Seulement me lire cette lettre de mon frère ... parceque moi, comme je te l'ai dit, je ne suis pas bien forte! ... je ne suis pas comme toi ...
DANIEL. Qui ai appris à lire, écrire et calculer au collège de Zurich ... la belle avance! ... On a bien raison de dire que l'érudition ne fait pas le bonheur ... Se reprenant vivement. Si fait ... si fait ... dans ce moment-ci! ... puisque je peux vous rendre service ... Voyons un peu ... Lisant. »Au camp impérial du prince Charles, ce 1er juin.« Et nous sommes au milieu de juillet ... il paraît que la lettre est restée long-temps en route! ...
BETTLY. Ce n'est pas étonnant ... l'armée du prince Charles et celle de Souwarof battent, dit-on, en retraite devant les soldats de Masséna, qui interceptent toutes les communications.
DANIEL. Je comprends ... Lisant. »Rien de nouveau, ma chère Bettly, sinon que je me bats toujours ainsi que mon régiment, au service de l'Autriche, ce dont nous avons assez ... J'espérais un congé pour aller t'embrasser ...«
BETTLY. Après quinze ans d'absence! ... quel bonheur! ... mon pauvre frère! ...
DANIEL, lisant. »Mais il paraît qu'il n'y faut plus compter. Ce qui me fâche, ma chère sœur, c'est qu'à mon retour, je comptais trouver chez toi un régiment de nièces et de neveux, et je vois par ta der nière que tu n'as pas encore commencé! Il serait cependant bientôt temps de s'y mettre ... une fille de ton âge ne peut pas rester inutile ...« Ça, c'est bien vrai!
BETTLY, avec colère. Daniel ...
DANIEL, ployant la lettre. Si cela vous déplaît ... je n'en lirai pas davantage.
BETTLY. Eh! non vraiment ... achève!
DANIEL, continuant à lire. »Pourquoi n'épouses-tu pas un brave garçon du pays dont j'ai reçu une demande en mariage? ...«
BETTLY. Et qui donc a osé lui écrire? ...
DANIEL, confus. Moi, mam'selle ... il y a deux mois.
BETTLY. Sans mon aveu?
DANIEL. Aussi c'était le sien seulement que je demandais! il me semble que quand on aime légitimement ... c'est d'abord à la famille qu'on doit s'adresser ... Faut-il continuer? ...
BETTLY. Sans doute.
Lache ich, bleib in Ruh
Und sing dazu:
Freiheit, du mein Streben,
Dir bin ich ergeben,
Für mein ganzes Leben

Die Hand auf's Herz legend.


Herrsche immer da.
Tra la la, Tra la la,
Wag' sich kein Bursch mir hier zu nah!

2.


Statt frei zu schalten und zu walten,
Soll ich gehorchen still zu Haus;
Zurück von Spiel und Tanz mich halten,
Und will ich einmal nur hinaus
So spricht der Mann: »da wird nichts draus«!
Vor jedem Lebenszwang
Ist mir bang,
Und grollt auch alles mir:
Lache ich bleib in Ruh
Und sing dazu:
Freiheit, du mein Streben,
Dir bin ich ergeben,
Für mein ganzes Leben

Die Hand auf's Herz legend.


Herrsche immer da.
Tra la la, Tra la la,
Wag sich kein Bursch mir hier zu nah!
DANIEL. Tra la la! Tra la la! Das sind mir schöne Gründe! Wenn ich nur um Gotteswillen so gescheid wäre, bessere dagegen zu finden! .... Wie wollt ich Euch beweisen ...
BETTLY. Was denn?
DANIEL. Daß ihr nothwendig einen Mann nehmen müßt.
BETTLY. Und was hätt' ich davon?
DANIEL. Curiose Frage! – Ist eine herzliche Liebe nichts?
BETTLY. Ei gewiß! ... Wer hindert Euch aber, mich zu lieben? ... versteht sich, nur als Freund ... Kann ich nicht auf Eure Freundschaft zählen?
DANIEL. O sicher, sicher, Jungfer Bettly.
BETTLY. So auch Ihr auf die meinige! Denn seht, Daniel! Ich lasse Euren guten Eigenschaften Gerechtigkeit widerfahren ... Ihr seid ein wackerer Mann! Euer Herz könnte nicht besser seyn – und wenn ich mich jemals zum Heirathen entschließen wollte-so würd' ich keinen Anderen nehmen, als Euch!
DANIEL mit Wärme. Wirklich!
BETTLY. Aber beruhigt Euch! – Ich werde niemals heirathen – ich will gar nichts davon hören! Darum thut mir den Gefallen und sprecht mir nicht mehr davon, hört Ihr, kein Wort mehr! Und nun, um auf etwas Anderes zu kommen, hört, wollt Ihr mir wohl einen Dienst erweisen?
DANIEL. Tausend für Einen! Sprecht, was soll ich thun? Wohin soll ich laufen?
BETTLY. Ihr sollt mir nur den Brief meines Bruders vorlesen – ich kann aus dem Geschriebenen nicht recht klug werden – ich bin nicht so geschickt, wie Ihr.
DANIEL. Ja, ich habe, Gottlob, meine Zeit in der Schule von St. Gallen nicht verloren und lesen, schreiben und rechnen gelernt, das ist schon was werth! Zwar sagt man nicht mit Unrecht, »Je gelehrter, je Verkehrter,« das merk' ich an mir; doch, was schwatz' ich da! Gebt her den Brief! Was schreibt er denn, der Herr Max! Liest laut. »Im kaiserlichen Lager des Prinzen Karl den 1. Juni.« – Der Brief ist lang unterwegs geblieben – Wir haben ja schon Mitte Juli ...
BETTLY. Das ist gerade nicht so auffallend; die Armee des Prinzen Karl und die des Generals Suwarof ziehen sich, wie es heißt, vor den Truppen Massena's zurück, wodurch alle Verbindungen unterbrochen sind.
DANIEL. Aha, ich verstehe! Liest weiter. »Ich weiß Dir nichts Neues zu schreiben, liebste Bettly, als daß wir, ich und mein Regiment, uns noch immer täglich im österreichischen Dienste herumschlagen, und daß wir dessen müde genug sind; ich hoffte, Urlaub zu erhalten, um dich umarmen zu können ...«
BETTLY. Nach fünfzehnjähriger Trennung! O welch ein Glück .. meinen guten, lieben Bruder endlich wiederzusehen!
DANIEL liest weiter. »Aber leider scheint es, daß ich nicht auf diese Freude zählen kann, der strenge Dienst läßt keinen Urlaub zu. Was mich am meisten betrübt, meine liebe Schwester, ist, daß meine Hoffnung, bei meiner Rückkehr dich von einem Regiment Kinderchen umgeben zu finden, zu Wasser geworden, denn aus Deinem letzten Schreiben ersehe ich, daß Du noch gar keine Anstalten zu solch einem häuslichen Glück getroffen hast, und ich meine doch, es wäre jetzt wohl an der Zeit, dich einzurichten – ein Mädchen in Deinem Alter sollte nicht länger zaudern, unter die Haube zu kommen!« – Ja, ja, er hat ganz Recht, der Bruder Max, er hat ganz Recht!
BETTLY zornig. Hört, Daniel! wenn wir gute Freunde bleiben sollen, so verbitt' ich mir solche Bemerkungen!
DANIEL, lisant. »Ça me paraît un bon parti: il est d'une honnête famille, il est riche, il t'aime éperdument ... S'arrêtant. Le bon frère ... vous l'entendez! Continuant. Il a l'air un peu bête ...«
BETTLY, d'un air triomphant. Tu l'entends! ...
DANIEL, appuyant. »Mais ce n'est pas une raison pour le refuser ... au contraire! Je prendrai, du reste, des informations, et, si ça te convient, il fau dra bien, milzieux! que tu l'épouses ...
BETTLY, arrachant la lettre. C'en est trop! ... mon frère lui-même n'a pas le droit de me contraindre ... et il suffit qu'il l'exige pour que mon indifférence devienne de la haine ...
DANIEL. Mais, mam'selle ...
BETTLY. Finissons, je vais au marché ... Daniel, voulant l'aider à mettre sa hotte: Je ne peux pas vous aider?
BETTLY. C'est inutile!
DANIEL. Si, au moins je vous accompagnais ...
BETTLY. Je ne le veux pas! et je te déclare en outre qu'on ne voit que toi ici toute la journée, que cela peut me faire du tort et me comprometre ... Les filles du pays sont si mauvaises langues! ... Ainsi, à dater d'aujourd'hui, je ne veux plus que tu viennes chez moi ... Me contraindre! ... Ah! bien oui! Je l'ai dit ... tu m'entends; arrange-toi!
Elle sort.

 

DANIEL den Brief wieder zusammenfaltend. Wenn es Euch ärgert, so will ich lieber nicht weiter lesen.
BETTLY ungedultig. So lest in Gottesnamen vollends aus!
DANIEL liest weiter. »Warum willst du denn nicht jeuen braven Jungen heirathen, der um Deine Hand wirbt?«
BETTLY ungeduldig. Wer hat es gewagt, meinem Bruder dies zu schreiben?
DANIEL verlegen. Ich ... Jungfer Bettly ... vor zwei Monaten schon.
BETTLY. Und ohne meine Bewilligung.
DANIEL. Ich wollte ihn zuerst um die seinige bitten; ich denke, wenn es Einem mit feiner Liebschaft Ernst ist, so muß sich doch erst an die Familie wenden und ihre Billigung einholen ... Soll ich weiter lesen?
BETTLY. Nun ja doch!
DANIEL weiter lesend. »Der Bursche scheint mir eine gute Parthie für Dich; er ist aus einer honetten Familie, reich, sterblich in Dich verliebt« – Das Lesen unterbrechend, gerührt. Der gute Bruder, hört Ihr Jungfer Bettly! Weiter lesend. »Zwar kommt er mir etwas einfältig vor« Für sich. Oho!
BETTLY mit triumphirender Miene. Hört Ihrs, Herr Daniel!
DANIEL weiter lesend, mit starker Betonung. »Aber, das wäre kein Grund, um ihm einen Korb zu geben ... im Gegentheil. Uebrigens will ich noch nähere Erkundigung über ihn einziehen, und, lauten sie günstig, Donner und Granaten! dann wirst du Dich hoffentlich nicht länger sperren, ihm Deine Hand zu reichen!«
BETTLY ihm den Brief entreißend. Genug; das ist zu viel! Selbst mein Bruder hat nicht das Recht, meinem Willen Zwang aufzulegen ... ja, Ihr braucht nur darauf zu verharren, um meine Gleichgültigkeit in Haß zu verwandeln.
DANIEL. Aber, beste Jungfer Bettly ...
BETTLY. Genug davon, ich muß jetzt auf den Markt!
DANIEL will ihr behülflich seyn, ihren Korb aufzuladen. Darf ich Euch nicht ein Bischen helfen?
BETTLY. Es ist unnöthig!
DANIEL. So nehmt doch wenigstens meine Begleitung an!
BETTLY. Ich brauche keinen Begleiter ... ich will keinen! Kurz, um frei zu sprechen, ich seh' es nicht gern, daß Ihr den ganzen Tag über hier in meiner Wohnung herumschleicht, das kann leicht meinem guten Ruf schaden und böse Zungen aufstiften, die hier ohnehin so geschäftig sind ... Also von heute an muß ich mir Eure Besuche verbitten ... Was meinem Bruder nicht alles einfällt! ... Mir gleichsam befehlen zu wollen, was ich thun soll! ... Der kommt mir recht! Nun Daniel, Ihr habt jetzt meine Meinung vernommen – richtet Euch darnach. Ab.



Scène V.

DANIEL, seul, t'appuyant sur la table. C'est fini! c'est le coup de grâce! Après un instant de silence. Je cherche seulement lequel sera pour moi le plus avantageux de me jeter du haut de la montagne ou de me lancer dans le lac! ... Je n'ai plus d'autre parti à prendre ... ce qu'il y a d'ennuyeux c'est de se périr soi-même ... D'abord notre pasteur dit que ça n'est pas bien ... et puis c'est désagréable! ... et si j'avais quelque ami pour me rendre ce service-là ... On entend une marche militaire. Qu'est-ce que c'est que ça? Regardant. Des militaires qui gravissent la montagne ... Seraient-ce des Français, des Autrichiens ou des Russes? ... Non! ... des compatriotes, des soldats du pays ... voilà ce qu'il me faut ... qu'ils m'emmènent avec eux ... qu'ils m'engagent ... il y aura bien du guignon si quelque boulet ne me rend pas le service que je demandais tout-à-l'heure, et au moins je n'aurai pas ma mort à me reprocher. Leur faisant des signes. Par ici, messieurs, par ici. Si mam'selle Bettly était là, elle leur ferait les honneurs; je vais la remplacer.
Il entre dans la chambre à droite, après avoir introduit Max.



Scene 5.

DANIEL allein, setzt sich an einen Tisch und stützt den Kopf in die Hand. Jetzt ist Alles aus! Das war ein Todesstoß für mich! Nach einer Pause. Ich will nur noch überlegen, was rathsamer ist, mich von einem Felsen zu stürzen, oder in den See zu springen! Mir bleibt nichts anderes mehr übrig! Es ist nur das Verdrießliche bei der Sache, sich selbst umbringen zu müssen ... Erstens, soll es eine Sünde seyn, wie der Pfarrer sagt, und Zweitens, ist es an und für sich eine unangenehme Sache ... Wenn ich nur wenigstens einen guten Freund wüßte, der mir diesen Liebesdienst erwiese ... Man hört von Ferne einen kriegerischen Marsch Horch! was ist das? Geht an die Thüre und blickt hinaus Da kommen Soldaten den Berg herauf geklettert! Sollten es Franzosen seyn, oder Oesterreicher, oder gar Russen? ... Nein ... Landsleute, Schweizersoldaten sind's ... Nun, die kommen, wie gerufen ... Sie sollen mich haben ... auf der Stelle laß' ich mich anwerben! ... Es müßte doch mit Hexerei zugehn, wenn nicht irgend eine Kugel so gefällig wäre, mir einen Vorschuß auf die Ewigkeit zu machen. Ich brauche mir dann doch wenigstens keinen Selbstmord vorzuwerfen Er winkt den Soldaten herzu. Hierher, meine Herren, nur hierher! ... Wäre Jungfer Bettly noch da, sie würde Ihnen gleich die Honneurs machen; so will ich nun dies Amt, an ihrer Statt übernehmen. Geht ab in die Kammer zur Rechten, nachdem er Max hereinbewillkommt hat.



Scène VI.

Max et une douzaine de soldats de sa compagnie.

MAX, à ses soldats.

Récitatif.

Arrêtons-nous un peu! ... L'aspect de nos montagnes,
D'ivresse et de bonheur fait tressaillir mon cœur!
Un instant de repos dans ces vertes campagnes
Nous rendra sur-le-champ notre première ardeur.

Air.

Vallons de l'Helvétie,
Objet de notre amour,
Salut, terre chérie
Où j'ai reçu le jour!
A l'étranger un pacte impie
Vendait et mon sang et ma foi;
Mais à présent, ô ma patrie!
Je pourrai donc mourir pour toi!
Vallons de l'Helvétie,
Objet de notre amour,
Salut, terre chérie
Où j'ai reçu le jour!

Il écoute et entend dans le lointain un air de ranz des vaches.

Écoutez! ... écoutez ... entendez-vous
Ces airs si touchants et si doux?
Chant de nos montagnes
Qui fais tressaillir,
Toi, de nos campagnes
Vivant souvenir!
Ta douce harmonie,
Tes sons enchanteurs
Rendent la patrie
Présente à nos cœurs!
Auprès d'autres maîtres
Qu'il nous faut servir,
Si tes sons champêtres
Viennent retentir,
La douleur nous gagne,
Il nous faut mourir,
Ou vers la montagne
Il faut revenir!
Chant de nos montagnes
Qui fais tressaillir,
Toi, de nos campagnes
Scene 6.

Sergeant Max und ein Dutzend Soldaten seiner Compagnie.

MAX zu seinen Soldaten.

Recitativ.

Hier, Freunde, laßt uns ruh'n! Beim Anblick dieser Höhen
Erhebet sich das Herz, hochklopfend voller Lust.
Einen Augenblick nur laßt wieder sie begrüßen
Und die heimische Luft erquicken unsre Brust.

Arie.

Willkommen tausendmal,
O du mein Schweizerland!
Und du, o stilles Thal,
Wo meine Wiege stand!
Hier fühl ich mich vom Zwang befreit,
Der mich zu fremdem Dienst verband,
Dir sei fortan mein Blut geweiht,
Dir nur allein, mein Vaterland!

In der Ferne hört man den Kuhreigen.

O höret ihr – mit süßem traulichem Ton
Grüßt die Heimath uns schon!
Süßer Alpenreigen,
Meiner Jugend Lust,
Nimmer wirst du schweigen
In der tiefsten Brust.
Deine Zauberlieder
Rufen alles Glück
Aus der Kindheit wieder
Mit in's Herz zurück.
Ach, wenn fremdem Solde
Fern der Schweizer fröhnt,
Und dann Deine holde
Melodie ertönt,
Muß er sich verzehren
In der Sehnsucht Weh,
Oder wiederkehren
Zu Gebirg und See.
Süßer Alpenreigen,
Meiner Jugend Lust,
Nimmer wirst du schweigen
In der tiefsten Brust.
Deiner Zauberlieder
Unzertrennlich Band
Knüpft aufs Neue wieder
Vivant souvenir!
Ta douce harmonie,
Tes sons enchanteurs
Rendent la patrie
Présente à nos cœurs!

A ses soldats qui sont groupés au fond.

Mes enfants, reposez-vous là quelques instants pour laisser passer la chaleur! ... sur-tout qu'on observe la discipline ... nous ne sommes plus ici en pays ennemi, et le premier qui s'adresserait à une poule ou à un lapin, sans ma permission, aurait affaire à moi; vous le savez!
TOUS. Oui, sergent ...

Ils se groupent en dehors dans le fond et laissent seuls en scène Max et Daniel.

 

Mich an's Vaterland.

Zu seinen Soldaten, welche sich im Hintergrunde gruppirt haben.

Laßt uns hier Rast machen, Kinder, bis die ärgste Hitze vorüber ist ... aber, strenge Mannszucht gehalten, das bitt' ich mir aus! Wir können hier nicht mehr hausen wie in Feindesland; und der Erste der sich auch nur an einem Huhn vergreift, der hat's mit mir zu thun. Verstanden?
ALLE. Sehr wohl, Herr Sergeant!

Sie gruppiren sich draußen auf dem Vorplatze der Sennerhütte, ausgenommen Max der bei dem eben wieder eintretenden Daniel zurückbleibt.

 

libretto by Eugène Scribe, Anne Honoré Joseph Mélesville
🎼

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