“La traviata”
by Giuseppe Verdi libretto (Italian ⇄ French)
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Violetta Valéry (soprano) Flora Bervoix, sua amica (mezzosoprano) Annina, serva di Violetta, (soprano) Alfredo Germont (tenore) Giorgio Germont, suo padre (baritono) Gastone, Visconte di Létorières (tenore) Il barone Douphol (baritono) Il marchese d’Obigny (basso) Il dottor Grenvil (basso) Giuseppe, servo di Violetta (tenore) Un domestico di Flora (basso) Un commissionario (basso) Servi e signori amici di Violetta e Flora, Piccadori e mattadori, zingare, servi di Violetta e Flora, maschere PRELUDIO |
Violetta Valéry (soprano) Flora Bervoix, son amie (mezzo-soprano) Annina, camériste de Violetta (soprano) Alfredo Germont (ténor) Giorgio Germont, son père (baryton) Gastone, vicomte de Letorières (ténor) Le baron Duphol, protecteur de Violetta (baryton) Le marquis d’Obigny, ami de Flora (basse) Le docteur Grenvil (basse) Giuseppe, serviteur de Violetta (ténor) Un domestique de Flora (basse) Un commissionnaire (basse) Amis de Violetta et Flora, matadors, picadors, zingarelle, domestiques, masques (chœurs) PRÉLUDE |
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Salotto in casa di Violetta. Nel fondo c'è la porta che immette in un'altra sala; ve ne sono altre due laterali: a sinistra un caminetto con sopra uno specchio. Nel mezzo c'è una tavola riccamente imbandita. (Violetta seduta su un divano sta discorrendo col Dottore e con alcuni amici, mentre altri vanno ad incontrare quelli che sopraggiungono, tra i quali il Barone e Flora al braccio del Marchese.) CORO I Dell'invito trascorsa è già l'ora. Voi tardaste. CORO II Giocammo da Flora, e giocando quell'ore volar. VIOLETTA (va loro incontro) Flora, amici, la notte che resta d'altre gioie qui fate brillar. Fra le tazze più viva è la festa. FLORA, MARCHESE E goder voi potrete? |
Salon dans la maison de Violetta. Deux portes latérales et, au fond, une porte qui conduit à une autre salle. A gauche, une cheminée surmontée d'une glace. Au milieu, une table richement dressée. (Violetta, assise sur un divan, est en conversation avec le docteur et quelques amis, tandis que d'autres vont au devant des invités qui arrivent. Parmi eux le Baron et Flora, au bras du Marquis.) CHŒUR I Nous vous attendions plus tôt Vous êtes en retard... CHŒUR II Nous avons joué aux cartes chez Flora et le temps a passé si vite VIOLETTA (allant à leur rencontre) Flora, mes amis, que la fin de la nuit soit remplie de gaieté car vous êtes ici. Avec le bon vin la fête est plus allègre... FLORA, LE MARQUIS Et vous, pourrez-vous être gaie ? |
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VIOLETTA Lo voglio; al piacere m'affido, ed io soglio con tal farmaco i mali sopir. TUTTI Sì, la vita s'addoppia al gioir. (Il Visconte Gastone de Letorières entra con Alfredo Germont. I servi frattanto avranno imbandite le vivande.) GASTONE In Alfredo Germont, o signora, ecco un altro che molto v'onora; pochi amici a lui simili sono. VIOLETTA (Violetta dà la mano ad Alfredo, che gliela bacia.) Mio Visconte, mercé di tal dono. MARCHESE Caro Alfredo - ALFREDO Marchese - (Si stringono la mano.) GASTONE (ad Alfredo) T'ho detto: l'amistà qui s'intreccia al diletto. (Nel frattempo i servi hanno finito di preparare la tavola.) VIOLETTA Pronto è il tutto? (Un servo fa cenno di sì.) |
VIOLETTA Je le veux. Je me donne au plaisir. C'est le meilleur remède à mes malheurs. TOUS C'est vrai, on vit doublement dans les plaisirs. (Entrent Alfredo Germont et Gastone. Des domestiques s'affairent autour de la table.) GASTONE Voici Alfredo Germont, Madame, qui vous admire beaucoup ; il y a peu d'amis pareils à lui. VIOLETTA (donne sa main à Alfredo qui y dépose un baiser.) Merci, cher Vicomte, pour un tel présent. LE MARQUIS Ce cher Alfredo ! ALFREDO Marquis... (Ils se serrent la main.) GASTONE (à Alfredo) Je te l'ai dit : ici l'amitié se joint au plaisir. (Pendant ce temps, les domestiques ont achevé de dresser la table.) VIOLETTA Tout est prêt ? (Un serviteur approuve de la tête.) |
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Miei cari, sedete: è al convito che s'apre ogni cor. TUTTI Ben diceste - le cure segrete fuga sempre l'amico licor. (Siedono in modo che Violetta resti tra Alfredo e Gastone; di fronte vi sarà Flora tra il Marchese ed il Barone; gli altri siedono a piacere. C'è un attimo di silenzio mentre vengono servite le portate. Violetta e Gastone si sussurrano.) È al convito che s'apre ogni cor. GASTONE Sempre Alfredo a voi pensa. VIOLETTA Scherzate? GASTONE Egra foste, e ogni dì con affanno qui volò, di voi chiese. VIOLETTA Cessate. Nulla son io per lui. GASTONE Non v'inganno. VIOLETTA Vero è dunque? Onde ciò? Nol comprendo. |
Asseyez-vous, mes amis : à table les cœurs sont plus gais. TOUS Vous avez raison... le vin met en fuite tous nos soucis cachés. (Ils se mettent à table, Violetta entre Alfredo et Gastone ; en face d'elle, Flora, entre le Baron et le Marquis; les autres prennent place autour de la table. Un instant de silence, pendant lequel on sert les convives. Violetta et Gastone parlent entre eux à voix basse.) A table le cœurs sont plus gais. GASTONE Alfredo pense toujours à vous. VIOLETTA Vous plaisantez ? GASTONE Vous étiez malade et chaque jour il est venu ici pour avoir de vos nouvelles. VIOLETTA Assez, je ne suis rien pour lui. GASTONE Je ne vous trompe pas. VIOLETTA C'est donc vrai ? Mais pourquoi ? Je ne comprends pas. |
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ALFREDO Sì, egli è ver. VIOLETTA Le mie grazie vi rendo. Voi, barone, non faceste altrettanto. BARONE Vi conosco da un anno soltanto. VIOLETTA Ed ei solo da qualche minuto. FLORA (sottovoce al Barone) Meglio fora se aveste taciuto. BARONE (piano a Flora) M'è increscioso quel giovin. FLORA Perché? A me invece simpatico egli è. GASTONE (ad Alfredo) E tu dunque non apri più bocca? MARCHESE (a Violetta) È a madama che scuoterlo tocca. VIOLETTA Sarò l'Ebe che versa. ALFREDO E ch'io bramo immortal come quella. |
ALFREDO Oui, c'est vrai. VIOLETTA Je vous en remercie. Vous n'en avez pas fait autant, Baron. LE BARON Je vous connais depuis un an seulement. VIOLETTA Et lui, depuis un instant à peine. FLORA (au Baron, à voix basse) Vous auriez mieux fait de vous taire. LE BARON (à Flora, à voix basse) Je n'aime pas ce garçon... FLORA Pourquoi ? Il m'est sympathique, au contraire. GASTONE (à Alfredo) Et tu n'as plus rien à dire ? LE MARQUIS (à Violetta) A vous de le faire parler, Madame. VIOLETTA Je suis Hébé, je verse à boire. ALFREDO Et, comme elle, immortelle j'espère. |
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TUTTI Beviamo. GASTONE O barone, né un verso, né un viva troverete in quest'ora giuliva? (Il Barone accenna di no.) Dunque a te - (indicando Alfredo) TUTTI Sì, sì, un brindisi. ALFREDO L'estro non m'arride. GASTONE E non sei tu maestro? ALFREDO (a Violetta) Vi fia grato? VIOLETTA Sì. ALFREDO (s'alza) Sì? L'ho già in cor. MARCHESE Dunque attenti! TUTTI Sì, attenti al cantor. |
TOUS Buvons ! GASTONE Eh bien, Baron, ne porterez-vous pas un toast à cette heure délicieuse ? (Le Baron fait signe que non.) Ce sera donc à toi. (à Alfredo) TOUS Oui, oui, un toast. ALFREDO L'inspiration me manque. GASTONE N'es-tu donc plus poète ? ALFREDO (à Violetta) Le voulez-vous ? VIOLETTA Oui. ALFREDO (se levant) Oui ? Je l'ai déjà dans mon cœur. LE MARQUIS Donc, écoutons. TOUS Oui, écoutons le poète. |
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ALFREDO Libiamo, ne' lieti calici che la bellezza infiora, e la fuggevol ora s'inebrii a voluttà. Libiam ne' dolci fremiti che suscita l'amore, poiché quell'occhio al core (indicando Violetta) onnipotente va. Libiamo amore, amor fra i calici più caldi baci avrà. TUTTI Ah! Libiam, amor fra i calici più caldi baci avrà. VIOLETTA (s'alza) Tra voi saprò dividere il tempo mio giocondo; tutto è follia nel mondo ciò che non è piacer. Godiam, fugace e rapido è il gaudio dell'amore, è un fior che nasce e muore, né più si può goder. Godiam, c'invita un fervido accento lusinghier. TUTTI Ah! godiamo, la tazza e il cantico la notte abbella e il riso; in questo paradiso ne scopra il nuovo dì. |
ALFREDO Buvons joyeusement dans ce verre resplendissant de beauté et que l'heure passagère s'enivre de volupté. Buvons dans les doux frémissements que l'amour éveille car ces beaux yeux (en désignant Violetta) nous transpercent le cœur. Buvons, car le vin réchauffera les baisers de l'amour. TOUS Buvons, car le vin réchauffera les baisers de l'amour. VIOLETTA (elle se lève) Je veux partager ma joie avec vous tous ; tout dans la vie est folie sauf le plaisir. Réjouissons-nous, l'amour est rapide et fugitif. C'est une fleur qui naît et meurt, et dont on ne peut toujours jouir. Réjouissons-nous puisqu'une voix charmante, fervente nous y invite. TOUS Réjouissons-nous ! le vin et les chants et les rires embellissent la nuit ; et que le jour nouveau nous retrouve dans ce paradis. |
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VIOLETTA (ad Alfredo) La vita è nel tripudio. ALFREDO (a Violetta) Quando non s'ami ancora. VIOLETTA Nol dite a chi l'ignora. ALFREDO È il mio destin così. TUTTI Godiamo, la tazza e il cantico la notte abbella e il riso; in questo paradiso ne scopra il nuovo dì. (S'ode musica dall'altra sala.) Che è ciò? VIOLETTA Non gradireste ora le danze? TUTTI Oh, il gentil pensier! Tutti accettiamo. VIOLETTA Usciamo dunque. (S'avviano alla porta di mezzo, ma Violetta è colta da subito pallore.) Ohimè! TUTTI Che avete? |
VIOLETTA (à Alfredo) La vie n'est que plaisir. ALFREDO (à Violetta) Pour ceux qui ne connaissent pas encore l'amour. VIOLETTA N'en parlez pas à qui l'ignore. ALFREDO C'est ma destinée. TOUS Réjouissons-nous ! le vin et les chants et les rires embellissent la nuit, et que le jour nouveau nous retrouve dans ce paradis. (On entend de la musique provenant d'une salle contiguë.) Qu'est cela ? VIOLETTA Ne voulez-vous pas danser maintenant ? TOUS Charmante pensée. Nous acceptons avec plaisir. VIOLETTA Sortons donc. (Ils se dirigent vers la porte du milieu, mais Violetta devient subitement pâle.) Oh ciel !... TOUS Qu'avez-vous ? |
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VIOLETTA Nulla, nulla. TUTTI Che mai v'arresta? VIOLETTA Usciamo. (Fa qualche passo, ma poi è nuovamente obbligata a sedere.) Oh Dio! TUTTI Ancora! ALFREDO Voi soffrite? TUTTI Oh ciel! Ch'è questo? VIOLETTA Un tremito che provo. Or là passate. (Indica l'altra sala.) Fra poco anch'io sarò. TUTTI Come bramate. (Tutti passano all'altra sala, meno Alfredo.) VIOLETTA (Si alza e va a guardarsi allo specchio.) Oh, qual pallor! |
VIOLETTA Rien, ce n'est rien. TOUS Pourquoi vous arrêter ?... VIOLETTA Sortons... (Elle fait quelques pas, mais elle est forcée de s'arrêter à nouveau et de s'asseoir.) Mon Dieu !... TOUS Encore !... ALFREDO Vous souffrez ? TOUS Oh ! ciel ! Qu'est cela ? VIOLETTA Je tremble toute ; je vous en prie, allez... (Elle indique l'autre salon.) J'y serai dans un instant. TOUS Comme vous voulez. (Tous passent dans l'autre salle, sauf Alfredo qui reste en arrière.) VIOLETTA (se regardant dans la glace) Que je suis pâle ! |
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(Si volge e si accorge di Alfredo.) Voi qui! ALFREDO Cessata è l'ansia che vi turbò? VIOLETTA Sto meglio. ALFREDO Ah, in cotal guisa v'ucciderete - aver v'è d'uopo cura dell'esser vostro - VIOLETTA E lo potrei? ALFREDO Oh, se mia foste, custode io veglierei pe' vostri soavi dì. VIOLETTA Che dite? Ha forse alcuno cura di me? ALFREDO (con passione) Perché nessuno al mondo v'ama. VIOLETTA Nessun? ALFREDO Tranne sol io. |
(En se retournant, elle aperçoit Alfredo.) Vous ici ?... ALFREDO Vous sentez-vous mieux maintenant ? VIOLETTA Je me sens mieux. ALFREDO Vous vous tuerez à vivre ainsi... il faut que vous preniez soin de vous. VIOLETTA Et comment le pourrais-je ? ALFREDO Si vous étiez à moi, je serais le gardien de votre tranquillité. VIOLETTA Que dites-vous ? Personne ne prend donc soin de moi ? ALFREDO (avec ardeur) C'est que personne au monde ne vous aime. VIOLETTA Personne ? ALFREDO Non, sauf moi. |
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VIOLETTA Gli è vero. Sì grande amore dimenticato avea. ALFREDO Ridete? E in voi v'ha un core? VIOLETTA Un cor? sì, forse... e a che lo richiedete? ALFREDO Ah, se ciò fosse. Non potreste allora celiar. VIOLETTA Dite davvero? ALFREDO Io non v'inganno. VIOLETTA Da molto è che mi amate? ALFREDO Ah, sì; da un anno. Un dì felice, eterea, mi balenaste innante, e da quel dì tremante vissi d'ignoto amor, di quell'amor ch'è palpito dell'universo intero, misterioso, altero, croce e delizia al cor. |
VIOLETTA C'est vrai, j'avais déjà oublié un si grand amour ! ALFREDO Vous riez ?... Etes-vous sans cœur ? VIOLETTA Un cœur ? Oui peut-être. Pourquoi me demandez-vous cela ? ALFREDO S'il en était ainsi, vous ne pourriez rire de moi. VIOLETTA Parlez-vous sérieusement ? ALFREDO Je ne vous trompe pas. VIOLETTA Vous m'aimez depuis longtemps ? ALFREDO Depuis un an, oui. Un jour, heureuse, légère, vous m'apparûtes soudain et de ce jour, je vous ai aimée sans le savoir, de cet amour qui est le souffle de l'univers entier, mystérieux et noble, croix et délices pour le cœur. |
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VIOLETTA Ah, se ciò è ver, fuggitemi. Solo amistade io v'offro: amar non so, né soffro un così eroico amore. Io sono franca, ingenua; altra cercar dovete; non arduo troverete dimenticarmi allor. ALFREDO Ah, amore misterioso, altero, croce e delizia al cor. VIOLETTA Non arduo troverete dimenticarmi allor. GASTONE (sulla porta di mezzo) Ebben? Che diavol fate? VIOLETTA Si folleggiava. GASTONE Ah, ah! Sta ben - restate. (Rientra.) VIOLETTA Amor dunque non più. Vi garba il patto? ALFREDO Io v'obbedisco. Parto. |
VIOLETTA Ah ! si c'est vrai, partez... je ne peux vous offrir qu'une pure amitié je ne sais pas aimer, ni ne puis accepter un si puissant amour. Je suis franche, sincère ; vous devez chercher une autre. Il ne vous sera pas diffcile alors de m'oublier. ALFREDO Amour mystérieux et noble, croix et délices pour le cœur. VIOLETTA Il ne vous sera pas difficile alors de m'oublier. GASTONE (à la porte) Eh bien, que faites-vous donc ? VIOLETTA Nous badinions... GASTONE Ha ! ha ! très bien... restez. (Il se retire.) VIOLETTA Alors donc, plus d'amour. Le pacte vous convient ? ALFREDO Je vous obéis. Je pars. |
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VIOLETTA (si toglie un fiore dal seno) A tal giungeste? Prendete questo fiore. ALFREDO Perché? VIOLETTA Per riportarlo - ALFREDO Quando? VIOLETTA Quando sarà appassito. ALFREDO Oh! Ciel! Domani - VIOLETTA Ebben, domani. ALFREDO (prende con trasporto il fiore) Io son felice! VIOLETTA D'amarmi dite ancora? ALFREDO (per partire) Oh, quanto v'amo! VIOLETTA Partite? |
VIOLETTA (elle retire une fleur de son corsage) S'il en est ainsi. Prenez cette fleur. ALFREDO Pourquoi ? VIOLETTA Vous me la rapporterez. ALFREDO Et quand ? VIOLETTA Quand elle sera fanée. ALFREDO Demain alors. VIOLETTA Eh bien... demain. ALFREDO (accepte joyeusement la fleur) Je suis heureux. VIOLETTA Pensez-vous encore m'aimer ? ALFREDO (en s'éloignant) Oh ! Combien je vous aime ! VIOLETTA Vous partez ? |
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ALFREDO (torna a lei, le bacia la mano) Parto. VIOLETTA Addio. ALFREDO Di più non bramo. ALFREDO, VIOLETTA Addio. Addio. (Alfredo esce mentre gli altri ospiti ritornano nel salotto accaldati dalle danze.) TUTTI Si ridesta in ciel l'aurora e n'è forza di partire; mercé a voi, gentil signora, di sì splendido gioir. La città di feste è piena, volge il tempo dei piacer; nel riposo ancor la lena si ritempri per goder. (Partono dalla destra.) VIOLETTA (sola) È strano! È strano! In core scolpiti ho quegli accenti! Saria per me sventura un serio amore? Che risolvi, o turbata anima mia? Null'uomo ancora t'accendeva - O gioia ch'io non conobbi, esser amata amando! E sdegnarla poss'io per l'aride follie del viver mio? |
ALFREDO (revenant vers elle et lui baisant la main) Je pars. VIOLETTA Adieu. ALFREDO Je n'en demande pas plus. ALFREDO, VIOLETTA Adieu. Adieu. (Il sort. Tous les autres reviennent de la salle, échauffés par les danses.) TOUS Le jour paraît dans le ciel et nous devons partir ; merci à vous, charmante dame, pour une fête aussi joyeuse. Toute la ville est en liesse. C'est l'époque des réjouissances ; nous nous reposerons maintenant afin de reprendre des forces en vue d'autres nuits de fête. (lls sortent à droite.) VIOLETTA (seule) Étrange... étrange... dans mon cœur sont gravées ces paroles ! Un véritable amour serait-il un malheur pour moi ? Que vas-tu décider, ô mon âme ? Aucun homme ne m'a encore enflammée... Oh ! joie que jamais je ne connus ! Aimer, être aimée ! Cette joie, la dédaignerai-je pour les folies stériles de ma vie ? |
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Ah, fors'è lui che l'anima solinga ne' tumulti godea sovente pingere de' suoi colori occulti! Lui che modesto e vigile all'egre soglie ascese, e nuova febbre accese, destandomi all'amor. A quell'amor ch'è palpito dell'universo intero, misterioso, altero, croce e delizia al cor! Follie! follie! Delirio vano è questo! Povera donna, sola, abbandonata in questo popoloso deserto che appellano Parigi. Che spero or più? Che far degg'io? Gioire, di voluttà ne' vortici perir. Gioir, gioir! Sempre libera degg'io folleggiare di gioia in gioia, vo' che scorra il viver mio pei sentieri del piacer. Nasca il giorno, o il giorno muoia, sempre lieta ne' ritrovi, a diletti sempre nuovi dee volare il mio pensier. ALFREDO (sotto al balcone) Amore, amor è palpito... VIOLETTA Oh! |
Ah ! peut-être est-ce celui que mon âme seule dans le tumulte aimait imaginer en secret. Lui qui, si vigilant vint auprès de moi, malade et alluma une fièvre nouvelle m'éveillant à l'amour. A cet amour qui est le souffle de l'univers entier, mystérieux et noble, croix et délices pour le cœur. Folies !... folies... Ceci est un vain délire. Pauvre femme, seule, abandonnée dans ce désert peuplé qu'on appelle Paris. Que puis-je encore espérer ?... Que faire ?... Vivre dans les tourbillons de la volupté, et mourir de plaisir ! Vivre ! Vivre ! Ah ! Oui, je dois, toujours libre, folâtrer de joie en joie. Je veux que ma vie se passe à jamais sur les chemins du plaisir. Que le jour naisse ou qu'il meure, je dois vivre toujours dans des lieux de plaisir en quête de joies nouvelles. ALFREDO (de dehors, sous le balcon) L'amour, l'amour est le souffle VIOLETTA Oh ! |
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ALFREDO ...dell'universo intero - VIOLETTA Oh amore. ALFREDO Misterioso, misterioso, altero, croce, croce e delizia, croce e delizia, delizia al cor. VIOLETTA Follie! follie! Ah sì! Gioir, gioir! Sempre libera degg'io folleggiare di gioia in gioia, vo' che scorra il viver mio pei sentieri del piacer. Nasca il giorno, o il giorno muoia, sempre lieta ne' ritrovi, a diletti sempre nuovi, dee volare il mio pensier. ALFREDO Amor è palpito dell'universo - VIOLETTA Ah! Dee volar il mio pensier. Ah! il mio pensier. Il mio pensier. |
ALFREDO ... de l'univers entier. VIOLETTA L'amour. ALFREDO Mystérieux et noble, croix et délices à la fois, croix et délices, pour le cœur. VIOLETTA Folies ! Folies ! De joie en joie ! Oui, je dois, toujours libre folâtrer. Je veux que ma vie se passe à jamais sur les chemins du plaisir. Que le jour naisse ou qu'il meure je dois vivre toujours dans des lieux de plaisir en quête de joies nouvelles. ALFREDO L'amour est le souffle de l'univers. VIOLETTA Ah ! Toujours en quête de joies nouvelles, Toujours en quête. |
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Scena prima Casa di campagna presso Parigi. Salotto al piano terreno. Nel fondo, in faccia agli spettatori, c'è un camino, sopra il quale uno specchio ed un orologio, fra due porte chiuse da cristalli che mettono ad un giardino. Al primo piano altre due porte, una di fronte all'altra. Sedie, tavolini, qualche libro, l'occorrente per iscrivere. (Alfredo entra in costume da caccia.) ALFREDO (depone il fucile) Lunge da lei per me non v'ha diletto! Volaron già tre lune dacché la mia Violetta agi per me lasciò, dovizie, amori e le pompose feste ov'agli omaggi avvezza, vedea schiavo ciascun di sua bellezza. Ed or contenta in questi ameni luoghi tutto scorda per me. Qui presso a lei io rinascer mi sento. E dal soffio d'amor rigenerato scordo ne' gaudi suoi tutto il passato. De' miei bollenti spiriti il giovanile ardore ella temprò col placido sorriso dell'amor! Dal dì che disse: Vivere io voglio a te fedel, ah, sì dell'universo immemore, io vivo quasi in ciel. (Annina entra vestita da viaggio.) |
Première scène Une maison de campagne près de Paris. Un salon au rez-de-chaussée. Dans le fond, face aux spectateurs, une cheminée, surmontée par une glace et une horloge, entre deux portes vitrées qui conduisent à un jardin. Au premier étage, deux autres portes se faisant face. Des chaises, des guéridons, quelques livres et le nécessaire pour écrire. (Alfredo entre, en costume de chasse.) ALFREDO (déposant son fusil) Loin d'elle pour moi il n'y pas de plaisir ! Déjà trois mois sont passés. depuis que ma Violetta a renoncé pour moi à la fortune, au luxe, aux amours, et aux fêtes somptueuses, où, habituée aux hommages, elle voyait tout le monde esclave de sa beauté. Et à présent, heureuse dans cette tranquille maison de campagne elle oublie tout pour moi. Et ici, près d'elle, je me sens renaître, et régénéré par la force de l'amour, j'oublie dans ses bras tout le passé. Et l'ardeur juvénile de mon esprit brûlant elle la calma par le serein sourire de l'amour ! Depuis ce jour où elle m'a dit : « je veux vivre seulement pour toi », oublieux de l'univers je me crois presque au ciel. (Annina entre en costume de voyage.) |
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ALFREDO Annina, donde vieni? ANNINA Da Parigi. ALFREDO Chi tel commise? ANNINA Fu la mia signora. ALFREDO Perché? ANNINA Per alienar cavalli, cocchi, e quanto ancor possiede. ALFREDO Che mai sento! ANNINA Lo spendio è grande a viver qui solinghi. ALFREDO E tacevi? ANNINA Mi fu il silenzio imposto. ALFREDO Imposto? Or v'abbisogna? |
ALFREDO Annina, d'où viens-tu ? ANNINA De Paris. ALFREDO Qui t'a envoyée ? ANNINA Madame. ALFREDO Pourquoi ? ANNINA Pour vendre chevaux, voitures et tout ce qu'elle possède encore. ALFREDO Qu'est-ce que j'entends ! ANNINA Cela revient cher de vivre ici toute seule. ALFREDO Que me caches-tu ? ANNINA On m'a imposé le silence. ALFREDO Imposé !... et dis-moi combien il te faut ? |
| libretto by Francesco Maria Piave |
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